![]() Le choix d'Encarta
Consultez les ouvrages concernant érotique, cinéma et sélectionnés par l'équipe éditoriale d'Encarta Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur érotique, cinéma |
Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search érotique, cinémaArticle
Plan de l'article
Présentation ; Suggestion et exhibition dans le cinéma muet ; Scandales et amour fou ; Censure et star system ; Vers la libération totale ; Le sexe à l'écran
érotique, cinéma, panorama de la production cinématographique spécialisée dans la représentation au cinéma de la sensualité et de l’amour physique. Les origines du film érotique remontent à l’apparition du cinéma lui-même. Allusif ou explicite, il a suivi toutes les étapes du développement industriel et artistique du cinéma et reflète l'évolution des mœurs dans le monde. En marge des films qui exaltent le corps et l’amour, on peut considérer les films pornographiques comme une des composantes du cinéma érotique, au même titre que les films fétichistes et sadomasochistes.
Dès 1895, Serpentine Dance, une pantomime filmée montrant furtivement une part de la nudité de son interprète Fatima, offusque le public puritain de l'Exposition universelle de Chicago. Mais la première manifestation directe de l'érotisme au cinéma est le Baiser (The May Irwin - John Rice Kiss, 1896), produit et réalisé par Vitascope, un court film qui montre en gros plan un baiser échangé sur la bouche. Producteurs et cinéastes ont rapidement pris en compte le fait que le public masculin aime à voir de jolies femmes dans des situations excitantes. On ne compte plus les héroïnes séduites ou violées dans les mélodrames. On s'attarde sur la nudité d'une épaule, le frou-frou d'un jupon, le cuir d'une bottine ou le frémissement des lèvres peintes. Le trouble d'un regard suggère l'extase féminine et l'usage d'accessoires au symbolisme sexuel évident renforce les allusions de façon plus ou moins efficace. Si des exhibitions sexuelles sans fioritures sont réalisées de façon clandestine pour alimenter le circuit des maisons closes ou les collections d'érotomanes fortunés, la nudité est rarissime dans les premiers films « grand public » américains. Le naturisme bucolique d’Annette Kellerman dans la Fille des dieux (Daughter of the Gods, 1915) est une exception, et encore s'entoure-t-il d'une esthétique picturale des plus académiques. En revanche, la panoplie fétichiste dont s'équipe déjà Theda Bara dans A Fool There Was (1915) lance le phénomène du « sex-symbol » et annonce tout un cortège de perversions cinématographiques futures. En Europe, les mœurs semblent plus libres. Les réalisateurs n'hésitent pas à montrer des femmes nues, comme dans la Sorcellerie à travers les âges (Häxan, 1918) du Danois Benjamin Christensen. On aperçoit une poitrine féminine dénudée au début du second sketch des Trois Lumières (Der Müde Tod, 1921) de l'Allemand Fritz Lang. Dans une scène de Nana (1925) du Français Jean Renoir, un homme saisit le sein d'une servante et on assiste dans le même film à une scène de type sadomasochiste. Dans Un chien andalou (1929) de Luis Buñuel et Salvador Dalí, la nudité se montre dans une scène directement sexuelle. Enfin, le soviétique Aleksandr Dovjenko filme une femme nue dans la Terre (Zemlia, 1930). Le sujet de certains films allemands de la période du muet touche directement à la sexualité. Il y a la séduction tragique dans le Rail (Scherben, 1921) de Lupu Pick, un tableau de l'homosexualité dans Michael (1924) de Carl Dreyer, une description des ravages causés par la syphilis dans Avons-nous le droit de nous taire ? (Dürfen wir Schweigen?, 1926) de Richard Oswald, une énumération des déviances sexuelles dans les Mystères d'une âme (Die Geheimnisse einer Seele, 1926) de Georg Wilhelm Pabst et un constat sur la prostitution dans la Tragédie de la rue (Drinentragödie, 1927) de Bruno Rahn. À Hollywood, le règne de la censure ne décourage pas certains metteurs en scène. Cecil B. DeMille contourne les codes du puritanisme dans Forfaiture (The Cheat, 1915) ou les Bateliers de la Volga (The Volga Boatman, 1926). Erich von Stroheim montre des orgies dans la Symphonie nuptiale (The Wedding March, 1925), aborde le fétichisme du sous-vêtement avec la culotte de Gloria Swanson et filme une flagellation dans la Reine Kelly (Queen Kelly, 1928).
Au début des années trente, plusieurs films européens font scandale. En France, c'est l'Âge d'or de Luis Buñuel et Salvador Dalí, où la passion sexuelle est montrée sous l’éclairage de « l'amour fou » cher aux surréalistes. Peu après, Jean Renoir met en scène une passion amoureuse tragique dans la Chienne (1931) et prône la liberté sexuelle dans Boudu sauvé des eaux (1932). En Allemagne, c'est l'Ange bleu (Der Blaue Engel) de Josef von Sternberg, qui met en scène la passion d'un professeur de lycée pour une danseuse de cabaret. Avec ses jambes gainées de soie et ses moues sensuelles, Marlene Dietrich y incarne une sexualité sans complexes. Un autre scandale éclate en 1933 avec la projection du film tchèque Extase, de Gustav Machaty, où la nudité intégrale de Heddy Lamarr s'associe à une scène où son visage exprime une totale jouissance sexuelle. À l’époque des dictatures, la production cinématographique d’Italie et d'Allemagne est soumise à une très stricte censure, bien que les nazis produisent des films naturistes qui vantent la beauté de la race aryenne. En revanche le cinéma français demeure très libre. Une grande sensualité se dégage de Toni (1934) de Jean Renoir. On voit des femmes nues dans les scènes d'orgie du Lucrèce Borgia (1935) d’Abel Gance. Jean-Louis Barrault se promène nu dans Drôle de drame (1937) de Marcel Carné, cinéaste qui dévoile aussi les charmes d’Arletty dans Le jour se lève (1939). De son côté, la censure américaine veille, ce qui n’empêche pas les écrans d’être envahis par une représentation aussi torride qu’allusive de la sexualité. Josef von Sternberg et Marlène Dietrich excellent dans cet exercice, avec notamment le baiser échangé entre deux femmes dans Cœurs brûlés (Morocco, 1931), le strip-tease d'un gorille qui devient une femme parée de bijoux dans Blonde Venus (1932) et le libertinage permanent de la Femme et le Pantin (The Devil is a Woman, 1935). Moins sophistiquée que Marlène Dietrich mais plus directe se révèle l'étonnante Mae West, qui accumule les provocations avec ses personnages de femmes libérées et avides de compagnie masculine. De son côté, Jean Harlow traverse des films où elle ne porte jamais de soutien-gorge et Harpo Marx fait preuve d’une libido insatiable, pourchassant toutes les jeunes femmes dans les films des Marx Brothers.
Après la Seconde Guerre mondiale, la place de l'érotisme s’élargit peu à peu dans le cinéma commercial, tandis que des œuvres plus audacieuses, parfois tournées clandestinement, prennent l'homosexualité comme sujet. C'est d'abord Fireworks (1947) de l'américain Kenneth Anger, puis Un chant d'amour (1950) du romancier français Jean Genet. Signalons qu'à la même époque, Alfred Hitchcock tourne la Corde (The Rope, 1948), un film policier où l'homosexualité a une grande place. Cependant, à Hollywood, l'érotisme n’est pas encore prêt de quitter le terrain de la simple suggestion. Si la danse de Rita Hayworth dans Gilda (1946) de Charles Vidor est d’une fiévreuse sensualité, si les héroïnes des films noirs expriment une sexualité sans barrière, si l'homosexualité féminine est subtilement évoquée dans Eve (All About Eve, 1950) de Joseph L. Mankiewicz, si les chorégraphies des comédies musicales sont souvent des métaphores d'actes sexuels et si certains personnages des dessins animés de Tex Avery ont une libido démentielle, le cinéma américain ne peut dépasser les limites dictées par une censure implacable. C’est le règne du sous-entendu, de l’« understatement » sexuel par lequel Lana Turner, Gene Tierney, Linda Darnell, Marilyn Monroe, Ava Gardner, Cyd Charisse et Janet Leigh suscitent les rêves les plus fous chez les spectateurs masculins sans se départir de leur respectabilité. De la même manière Marlon Brando, Montgomery Clift, Burt Lancaster et Frank Sinatra fascinent le public féminin. Quelques cinéastes bravent cependant la censure : Otto Preminger met dans la bouche des personnages de la Lune était bleue (The Moon is Blue, 1953) des mots bannis par le code Hays, tel « virginité ». Billy Wilder signe une comédie sur l'adultère, Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch, 1955), Samuel Fuller montre une histoire d'amour entre un américain et une japonaise dans Maison de bambous (House of Bamboos, 1955), Raoul Walsh aborde la prostitution dans Bungalow pour femmes (The Revolt of Mamie Stower, 1956), Elia Kazan tourne le provoquant Baby Doll (1956), Mark Robson choque avec les Plaisirs de l'enfer (Peyton Place, 1957), puis Otto Preminger construit un film autour d'une petite culotte de femme, Autopsie d'un meurtre (Anatomy of a Murder, 1959), Billy Wilder bouscule tous les tabous sexuels avec Certains l'aiment chaud (Some Like it Hot, 1959) et George Cukor traite directement de la sexualité des américaines dans les Liaisons coupables (The Chapman Report, 1962). À la même époque, on ne trouve pas en Europe de censure comparable à celle qui s’exerce aux États-Unis. En Suède, pays très libéral, Arne Mattson montre la nudité d’Ulla Jacobson dans Elle n'a dansé qu'un seul été (Hon dansande en sommar, 1951) et Ingmar Bergman déshabille Hariet Andersson pour Monika (Sommaren med Monika, 1953). En Italie, le courant néoréaliste traite franchement de l'adultère et de la passion sexuelle. Giuseppe De Santis montre les cuisses nues de Sylvana Mangano dans Riz amer (Riso Amaro, 1949) et Luigi Comencini dévoile les dessous de Sylvana Pampanini dans Traite des blanches (La tratta del Bianchi, 1952). Enfin, deux futurs sex-symbols internationaux font leur apparition, Gina Lollobrigida et surtout Sophia Loren, dont on voit la poitrine dénudée dans Deux nuits avec Cléopâtre (Due notti con Cleopatra, 1953) de Mario Mattoli. En France, Martine Carol enfreint les tabous et s'exhibe généreusement dans Caroline chérie (1950) de Richard Pottier, bientôt imitée par de nombreuses comédiennes. La présence de scènes de cabaret dans les scénarios est un prétexte courant à l'exhibition de danseuses nues. En outre les films naturistes et les montages de numéros de strip-tease connaissent une certaine vogue. L’année 1956, avec la sortie de Et Dieu créa la femme, film perçu à l’époque comme un déferlement sans précédent d’impudeur et de sensualité torride, marque la naissance du phénomène Brigitte Bardot. Malgré la concurrence de Marion Michael, qui fait office de Tarzan au féminin dans Liane, la sauvageonne (1957) de Edward von Borsody, Brigitte Bardot alias B.B. devient vite, pour le public du monde entier, l’incarnation même du sex appeal. Peu après, les Amants (1958) de Louis Malle fait scandale, car le réalisateur y montre une scène d'amour physique, sans ellipse, en fixant la caméra sur le visage de l’héroïne incarnée par Jeanne Moreau. De son côté Jean-Pierre Mocky agace les censeurs avec les Dragueurs (1958), Roger Vadim scandalise une nouvelle fois avec les Liaisons dangereuses (1959) et Claude Autant-Lara déclenche une vive polémique avec les Régates de San Francisco (1959).
|
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |