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Mer, la [Claude Debussy]

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Claude DebussyClaude Debussy

Mer, la [Claude Debussy], esquisses symphoniques de Claude Debussy. Au nombre de trois, elles ont été composées de 1903 à 1905 et créées aux Concerts Lamoureux (Paris) le 15 octobre 1905.

Après la création tumultueuse de son opéra Pelléas et Mélisande en 1902, Debussy est devenu l’une des principales figures de l’école française moderne. Avec la Mer, le compositeur renoue avec l’esprit de ses Nocturnes, trois pièces symphoniques écrites de 1897 à 1899. Chacune des parties de la nouvelle œuvre est pourvue d’un titre. On est loin de la symphonie « classique », avec ses mouvements obligés et ses retours thématiques et tonaux.

De l’aube à midi sur la mer consiste en une grande progression, où le déploiement des timbres est savamment réparti dans le temps. Jeux de vagues est caractérisé par un émiettement du matériau musical qui rompt avec la phraséologie lyrique des musiciens romantiques et porte le raffinement de l’écriture orchestrale à son sommet. Le Dialogue du vent et de la mer, enfin, est un vaste rondo qui ne dédaigne pas les effets dramatiques d’opposition de thèmes.

Avec cette symphonie d’un nouveau type, Debussy se détache de l’univers des musiques pittoresques du XIXe siècle, leur préférant une suggestion poétique moins triviale et surtout des recherches compositionnelles abstraites. Tout au long des trois esquisses, le musicien explore, en effet, de nouveaux principes de développement et une notion de l’harmonie qui ne se résume plus à des accords soutenant des phrases mélodiques, mais qui circule d’un groupe instrumental à l’autre.

L’orchestre de la Mer est vaste, sans la démesure fréquente alors chez les compositeurs viennois contemporains (tels Mahler ou Schoenberg). L’écriture orchestrale est particulièrement originale, relevant d’une polyphonie permanente qui procède plus par masses que par lignes. Le timbre est ainsi un matériau à part entière et non pas l’enveloppe colorée du discours mélodique.

L’inépuisable richesse de l’œuvre a nourri une bonne partie de l’écriture orchestrale du siècle (fascinant surtout après-guerre les tenants de l’avant-garde). La Mer, très souvent jouée en concert, demeure l’un des chefs-d’œuvre de l’impressionnisme français.

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