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Troyens, les [Hector Berlioz]

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Hector BerliozHector Berlioz

Troyens, les [Hector Berlioz], opéra en cinq actes d’Hector Berlioz, sur un livret du compositeur, d’après l’Énéide de Virgile, achevé en 1859. Les trois derniers actes ont été créés à Paris au Théâtre-Lyrique, en 1863, et la version intégrale au Hoftheater de Karlsruhe, en 1890.

C’est la princesse Caroline Sayn-Wittgenstein qui pousse Berlioz à se lancer dans une adaptation musicale du chef-d’œuvre de Virgile, l’Énéide. Le livret, écrit par le compositeur, condense dans les cinq actes du « grand opéra à la française » quelques épisodes de la fresque du poète latin.

Au premier acte, les Troyens se réjouissent du départ des Grecs qui les assiégeaient. Les avertissements de Cassandre seront inutiles : l’idée de détruire le gigantesque cheval en bois laissé par l’ennemi est écartée, et on l’introduit dans la ville. Au deuxième acte, l’ombre d’Hector demande à Énée de gagner l’Italie pour y fonder un nouveau royaume. Entre-temps, les Grecs, sortis du cheval, mettent Troie à feu et à sang. Un deuxième tableau montre le sacrifice des femmes, préférant se donner la mort plutôt que de tomber aux mains de l’ennemi.

Dans le palais de la reine Didon, à Carthage, on célèbre l’avancement des travaux de la nouvelle cité. La souveraine refuse de donner un roi à son peuple, par fidélité à la mémoire de son époux disparu. Le vaisseau des Troyens en fuite est en vue. Ils sont reçus par la reine qui leur accorde l’hospitalité. Lorsque Énée apprend que les troupes numides menacent Carthage, il propose son aide à Didon. Elle accepte.

Le début du quatrième acte se déroule dans une forêt, non loin de Carthage. Des nymphes sont effrayées par le bruit de la chasse royale menée par Didon, Énée et son fils. Un orage éclate, foudroyant un arbre. On entend des voix dans le lointain crier : « Italie ! ». Le second tableau nous transporte dans les jardins du palais de Didon. Énée, qui vient d’écraser les Numides, entre triomphalement. La reine chante avec lui un duo d’amour. Le dernier acte comprend trois tableaux. Les pleurs de Didon ne parviendront pas à retenir Énée, résolu à repartir pour l’Italie. Au moment où les navires troyens prennent le large, la reine se donne la mort sur une terrasse surplombant la mer. L’opéra s’achève par une vision de la Rome éternelle.

Le motif de la marche troyenne traverse cette partition au style éclectique, au carrefour de Meyerbeer (le rival envié) et de Gluck (le modèle revendiqué). Les Troyens est cependant profondément berliozien par le soin apporté à leur instrumentation.

Cet opéra monumental (multipliant chœurs, marches, processions, ballets et changements de décors) a été refusé par la salle qui aurait dû naturellement l’accueillir, l’Opéra de Paris, seul théâtre parisien disposant des moyens réclamés pour sa mise en scène et son exécution. Il a donc fallu retailler la partition aux dimensions d’un théâtre « normal ». On l’a découpé ainsi en deux parties : la Prise de Troie (actes I et II) et les Troyens à Carthage (actes III, IV et V), le Théâtre-Lyrique ayant accepté de monter la seconde en 1863.

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