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africaine, presse

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Nnamdi AzikiweNnamdi Azikiwe
Plan de l'article
1

Présentation

africaine, presse, ensemble des journaux et des revues périodiques africains.

Continent de tradition orale, l’Afrique subsaharienne n’a pas développé de littérature avant l’introduction du Coran (Xe siècle environ) ni de presse écrite avant l’établissement des comptoirs européens (XVIe siècle). En revanche, la littérature orale était très riche. Les informations circulaient, mais leur diffusion restait soumise à l’autorité qui détenait les pouvoirs politique ou religieux. Le tambour, ou tam-tam, n’était pas possédé par n’importe qui, et la décision de transmettre une information relevait du chef du village (du roi éventuellement) ou des responsables de l’association (société secrète) qui avait en charge l’organisation de la société. Au Dahomey et dans bien d’autres royaumes, le souverain confiait au messager chargé de transmettre ses ordres aux provinces une récade (bâton de commandement) en forme de hache, dont le fer portait ses armes ou sa devise.

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La presse en Afrique avant le XXe siècle

Dans les comptoirs et dans les territoires français, la presse est tout d’abord destinée à la publication des annonces officielles (Annonces, affiches et avis divers pour les colonies des Îles de France et de Bourbon, 1773 ; Journal des Îles de France et de Bourbon, 1786 ; le Moniteur administratif du Sénégal et dépendances, 1856). Avec un souci moins centralisateur, il en est de même dans les territoires britanniques (Cape Town Gazette, pour la colonie du Cap, 1800), souvent à l’initiative des compagnies commerciales (Sierra Leone Gazette, 1801). The South African Commercial Adviser, ayant émis des critiques sur le bien-fondé de certaines attributions de terres aux colons (1828), est le premier journal qui a maille à partir avec l’administration coloniale.

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L’écriture des langues locales

Au cours du XIXe siècle, les missionnaires font sortir la presse de sa fonction purement administrative et produisent des bulletins de liaison au service de leur apostolat. Enjeu politique entre Britanniques et colons hollandais, l’antiesclavagisme ouvre en Afrique du Sud un long débat dans la presse (qui ne se termine réellement qu’en 1990), entre les missionnaires anglophones de la London Missionary Society et les Boers. Il faut mettre au crédit des protestants méthodistes la publication, en Afrique du Sud, du premier journal en xhosa, une langue africaine locale (Umshumayeli Wendaba, 1837). Le clivage entre colonisations anglophone et francophone se manifeste déjà à travers les publications d’une entreprise coloniale qui n’est encore constituée que de comptoirs commerciaux. À l’administration directe issue du régime napoléonien et laïc, s’oppose la volonté des missions protestantes de diffuser la Bible en langue locale pour toucher le plus grand nombre de personnes. Les publications antiesclavagistes et les bulletins paroissiaux en langues locales se multiplient à l’initiative des protestants (Afrique du Sud, Nigeria, Gold Coast, Madagascar et même territoires allemands).

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Émergence d’une presse africaine

Créé par des associations philanthropiques américaines, le Liberia se dote dès 1826 d’un journal, The Liberia Herald, dirigé par un ancien esclave. Militant contre l’esclavage, son journal n’est cependant lu que dans une communauté alphabétisée qui se démarque des populations de la brousse. Néanmoins, il est le premier des journaux dirigés par un Noir et participe, à son niveau, à la naissance des idées émancipatrices. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, des publications très critiques envers l’administration surgissent dans les autres territoires du golfe de Guinée (Accra Herald, Gold Coast People en Gold Coast ; The Ango-African au Nigeria). En 1881, The Lagos Times and Gold Advertiser évoque même le mot « indépendance », avec les conséquences qu’on imagine.

Les idées panafricaines, nées dans les Antilles britanniques à la fin du XIXe siècle avec Marcus Garvey, W. E. Burghardt Du Bois, et surtout George Padmore sont confortées par les différents congrès réunis en Europe au cours desquels se rencontrent Noirs antillais, américains et africains. Parmi ces derniers, plusieurs s’engagent dans la lutte pour l’indépendance par la création d’une presse d’opinion. Signalons, en particulier, le Nigérian Nnamdi Azikiwe, qui voyage aux États-Unis en 1925, et qui crée à son retour l’African Morning Post, au Ghana, et le West African Pilot (1937) au Nigeria. Plus tard, le leader kenyan Jomo Kenyatta suit ses traces, et publie l’hebdomadaire nationaliste Muigwithania avec l’aide d’un imprimeur ismaélien adepte de l’Agha Khan.

Dans les territoires anglophones, les bulletins des missions religieuses en langues locales se multiplient. Les journaux des colons acceptent parfois la participation des Africains, mais sur des sujets qui ne remettent pas en cause l’orientation politique et religieuse.

Dans les colonies françaises, les Africains bénéficient de l’appui du parti socialiste français (SFIO) et de ses antennes outre-mer, en particulier à Conakry où est publié au début du siècle le journal l’AOF. Le Sénégal est particulièrement bien pourvu en journaux. La vie politique française y est relatée, par organes de presse interposés. En outre, la Constitution, qui ne fait aucun obstacle à l’élection d’un Sénégalais à l’Assemblée nationale, entérine celle de Blaise Diagne, élu en 1914 après une intense campagne dans la presse. Cet éveil ne touche toutefois que le Sénégal et Madagascar, dont la presse datait des premiers protestants, le « Quartier latin de l’Afrique » (le Dahomey), ainsi que le Togo, où des journaux ont vu le jour au temps de la présence allemande.

Les années succédant à la Seconde Guerre mondiale sont fécondes en création de journaux d’opinion sous la houlette des leaders nationalistes. De futurs chefs d’État sont alors des journalistes véhéments (Azikiwe au Nigeria, Nkrumah en Gold Coast, Kaunda en Zambie, Kayibanda au Rwanda, Kenyatta au Kenya, Lumumba et Mobutu au Congo belge, Senghor au Sénégal, Tsiranana à Madagascar, et bien d’autres). Les tirages de leurs journaux sont loin d’atteindre ceux de la presse coloniale qui bénéficie des aides de l’administration et des milieux d’affaires, mais leur influence est considérable.

À l’indépendance en 1960, le départ des colons entraîne celui de leur presse et le remplacement de celle-ci par les journaux nationalistes. Le mot d’ordre est alors à la construction du pays, à la préservation de son unité nationale, et à la lutte contre le tribalisme. Peu de temps après, cela se traduit par la constitution de partis uniques et par la mission donnée officiellement aux journalistes de former l’opinion publique, ce qui exclut tout pluralisme et tout débat public. Censure et interdictions frappent les récalcitrants, tandis que de grands journaux voient le jour (ou que d’anciens journaux sont nationalisés) pour répercuter la politique gouvernementale (le Standard en Tanzanie, Fraternité-Matin en Côte d’Ivoire, Dakar-Matin devenu le Soleil au Sénégal). Au Sénégal, en 1977, profitant de la tradition libérale sénégalaise, paraît le Politicien, premier journal satirique d’Afrique francophone, conçu sur le modèle du Canard enchaîné français, un genre qui est repris par la suite dans de nombreux pays. Une presse d’opinion indépendante émerge au cours des années quatre-vingt (Alpha Oumar Konaré, futur président de la République, crée notamment Jamana, en 1985) pour éclore avec la démocratisation en 1990 (sommet francophone de La Baule).

Au seuil de l’an 2000, la presse écrite africaine fait montre d’un grand dynamisme face aux autres moyens d’information (radio, télévision, Internet) qui ouvrent le continent sur le reste du monde. Mais elle continue d’être redoutée plus que les autres médias, et plusieurs journalistes ont eu à souffrir de mesures répressives ou pire ( fortes amendes les contraignant à interrompre les parutions, arrestations et disparitions).

La presse écrite continue d’être le symbole du pouvoir, comme en témoignent les avatars de Kynyamateka, le journal en kinyarwanda fondé au Rwanda par les Pères blancs en 1933. Principal organe de presse du pays, symbolisant la collaboration de l’aristocratie tutsi avec le pouvoir colonial, il a été remis entre les mains de l’historiographe de la royauté et prêtre tutsi A. Kagame en 1955, puis, quelques années avant l’indépendance (1962), entre celles du Hutu Grégoire Kaybanda qui devint président de la République. En 1997, trois ans après la reprise du pouvoir par les Tutsi, il est retombé sous le contrôle de ces derniers, après l’éviction de son directeur hutu A. Sibomana.

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