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Claudine [Colette], série romanesque de Colette, comprenant Claudine à l’école (1900), Claudine à Paris (1901), Claudine en ménage (1902), Claudine s’en va (1903), suivis de la Retraite sentimentale (1907).
Colette commence la série des Claudine en 1895, à l’instigation de son mari Willy qui l’encourage à exploiter ses souvenirs d’écolière en les agrémentant de détails « piquants » et de patois bourguignon. Ils paraissent sous la seule signature de Willy. La Retraite sentimentale, publiée un an après la rupture avec Willy, est signée Colette Willy.
Insolente et brillante, Claudine est l’enfant terrible du village de Montigny. L’école lui apprend surtout le goût des amitiés particulières. Puis elle suit son père à Paris et s’y ennuie, loin des champs et des bois. D’abord troublée par la grâce androgyne de son cousin Marcel qui lui fait de troubles confidences, elle tombe sous le charme plus viril de Renaud, le père de Marcel, et l’épouse. Avec la complicité voyeuse de ce « papa-amant », elle se laisse séduire par la belle Rézi. Quand elle découvre que Renaud la trompe avec Rézi, elle se réfugie dans la maison de l’enfance. Réconciliée avec Renaud et désormais fidèle, elle aide son amie, la timide Annie, à quitter un mari qui la tyrannise. Elle se retire à la campagne avec elle quand Renaud tombe malade. C’est cette « retraite sentimentale » dans un second paradis campagnard qui lui permet de supporter l’absence puis la mort de Renaud.
Avec le succès des Claudine naît un type qui influence toute la mode de l’époque et poursuivra son auteur jusqu’à lui nuire. Jugés rétrospectivement avec sévérité par Colette elle-même, ces romans ont un aspect démodé par leur grivoiserie complaisante qui trahit l’influence de Willy. Renaud, c’est lui bien sûr, mais plus semblable au prince charmant rêvé par la jeune Colette qu’à Willy lui-même. Même s’il est présenté comme le « maître » et si Claudine semble trouver son bonheur dans la sujétion amoureuse, il paraît en réalité d’une saisissante inconsistance et sa mort est nécessaire pour que Colette accomplisse ce qu’elle nomme « une sorte de puberté littéraire ». En fait, seule Claudine, fillette indomptable, terrienne accordée à la nature et aux bêtes, existe vraiment. La Retraite sentimentale annonce déjà ce qui sera l’un des thèmes majeures de l’œuvre à venir : le renoncement à l’amour et la découverte de la paix dans la Mère nature.
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