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Copains d'abord, les [Georges Brassens]

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Georges BrassensGeorges Brassens

Copains d'abord, les [Georges Brassens], chanson française écrite et mise en musique par Georges Brassens en 1964.

Mis à part le fait d'avoir joué dans Porte des Lilas de René Clair, la contribution de Georges Brassens au septième art se limite à deux ou trois musiques de films, dont « les Copains d'abord » reste la plus belle réussite et l'exemple le plus fameux. Composée pour le long métrage d'Yves Robert, tiré du roman de Jules Romains, les Copains, la chanson de Brassens connaîtra immédiatement un énorme succès public, et le passage chanté à bouche fermée — comme pour imiter un trombone — fera partie de ces « gimmicks » qui gravent immédiatement une mélodie dans la mémoire populaire.

Chez Brassens, l'amitié est un thème récurrent, que l'on retrouve dans des chansons aussi différentes de forme et d'inspiration que « le Vieux Léon », « Chanson pour l'Auvergnat », « l'Ancêtre », « Au bois de mon cœur », etc. Une amitié qui, presque toujours, porte en elle, en filigrane, l'idée de la mort et d'une fidélité que celle-ci ne saurait entamer. Une amitié-fidélité, sans grandes phrases — comme si cela allait de soi — qui est, avant tout, une histoire d'hommes ; à deux exceptions près : « Jeanne » et « la Femme d'Hector ». Tous ces ingrédients (amitié, mort, fidélité, simplicité des sentiments, fraternité masculine sans équivoque) sont présents dans « les Copains d'abord » qui, à ce titre, ressemble à un développement de tous ces thèmes plus ou moins largement esquissés par ailleurs. Presque une profession de foi, de la part d'un auteur qui n’avait pas le goût des déclarations solennelles, et qui, par pudeur et pour masquer sa tendresse, préférait traiter ses copains de « cons ».

L'un des mystères de l'œuvre de Georges Brassens reste son extrême popularité, au sens où ses chansons, d'une écriture complexe et souvent truffée de références mythologiques ou littéraires, ont su séduire un vaste public qui n'en possédait pas forcément toutes les clefs. Sur ce point encore, « les Copains d'abord » reste une chanson exemplaire. Sous un abord bon enfant, son texte est un subtil mélange de sophistication (allusions aux héros de la mythologie grecque Castor et Pollux, à l’épisode biblique de Sodome et Gomorrhe, à l'amitié de Montaigne et de La Boétie, et, même, citation latine…) et de simplicité, à la limite du trivial et de la complicité de bistrot (« Sur le ventre ils se tapaient fort / Les copains d'abord… »).

Si l'on en croit Charles Trenet, le véritable panthéon, pour un chanteur, est dans l'anonymat, quand on a oublié « le nom de l'auteur », mais que ses « chansons courent encore dans les rues ». Or il viendra forcément un jour, si lointain soit-il, où — hormis quelques spécialistes — le grand public ne se souviendra plus des noms de Brassens ou de Trenet ; comme il a fini par oublier ceux de Pierre Jean de Béranger, de Gustave Nadaud ou d'Émile Debraux. Ne resteront alors que quelques chansons qui auront su s'inscrire mieux que les autres dans la mémoire collective. Il y a gros à parier que « les Copains d'abord » sera de celles-là ; elle qui, du vivant même de son auteur, lui avait déjà largement échappé pour se retrouver sous les doigts d'une multitude de groupes de jazz, allant des Haricots rouges (qui l'enregistrent dès 1965) à Moustache et ses Petits Français, qui auront la délicatesse d'inviter Brassens à ce joindre à eux, en tant que guitariste, lorsqu'ils la reprendront sur le disque Élégie à un rat de cave, en 1979.

Sélection discographique :

  • Georges Brassens, Georges Brassens VIII (Philips / Mercury – 532 358-2)

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