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Destinées, les [Alfred de Vigny]

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Alfred de VignyAlfred de Vigny
Plan de l'article
1

Présentation

Destinées, les [Alfred de Vigny], recueil de poèmes d’Alfred de Vigny, publié à titre posthume en 1864.

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Destin et progrès

Dès 1840, Alfred de Vigny avait songé à regrouper une série de poèmes déjà parus en revue. Mais ce n’est qu’en mai 1863, l’année de sa mort, qu’est fixé l’ordre définitif. Composé de onze pièces datant d’époque diverses (1838 pour les plus anciennes, 1863 pour les dernières) et regroupées selon leurs systèmes rythmiques et strophiques (terza rima, septains, poèmes sans strophes à rimes plates, et, de nouveau, septains), le recueil fait alterner des poèmes où prédominent les forces d’écrasement de l’humanité et d’autres où l’homme se relève, ponctuant le pessimisme fondamental du poète de quelques lueurs d’espoir. Ainsi, dans le poème liminaire, « les Destinées », le Dieu chrétien et les antiques filles (ou divinités) de la Destinée sont confondus dans le même pouvoir d’aliénation qu’est celui de la fatalité. En revanche, la Poésie, dans la « Maison du berger », console le poète et sa compagne Éva, tout en illuminant la marche de l’humanité. Malgré le poids de l’histoire (« les Oracles », « Wanda »), le silence de Dieu (« le Mont des Oliviers »), ou encore la trahison de la femme (« la Colère de Samson »), la civilisation l’emporte (« la Sauvage »), l’homme est plus noble que ce qui l’écrase (« la Mort du loup ») et son œuvre accomplit sa destinée qui est d’aider l’humanité (« la Bouteille à la mer ») ; enfin, le dernier poème chante « l’Esprit pur », idéal antithétique d’un siècle matérialiste.

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Piété et pitié

Le silence de Dieu interdit à Vigny tout recours à une transcendance. L’homme doit trouver en lui-même les ressources qui lui permettront d’affronter les forces du Destin. À la piété des anciens temps succède le silence fier des souffrants. Ce repli orgueilleux n’est pas fermeture à l’autre ; l’« Esprit pur » ne peut se comprendre que par le don, le sacrifice qui autrefois était l’apanage de la vieille noblesse et qui assurera désormais la gloire au Poète. Enfin, la femme, être sensible et charitable, accompagnera le regard compatissant du Poète qui « aime la majesté des souffrances humaines ».

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