Le choix d'Encarta
Consultez les ouvrages concernant Diane française, la [Louis Aragon] et sélectionnés par l'équipe éditoriale d'Encarta Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur Diane française, la [Louis Aragon] |
Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Diane française, la [Louis Aragon]Article
Plan de l'article
Diane française, la [Louis Aragon], recueil de poèmes de Résistance de Louis Aragon, publié en 1945, au lendemain de la Libération, accompagné d’un autre recueil, En étrange pays dans mon pays lui-même. Nombre des textes réunis dans ces ensembles ont été diffusés clandestinement durant l’Occupation par des tracts et des revues distribués par les résistants. Le 14 juillet 1943, une anthologie des « poètes de la Résistance », intitulée l’Honneur des poètes, était lancée par les Éditions de Minuit vers Paris, la zone libre, la Suisse, puis Londres et les États-Unis. Au côté de « la Ballade de celui qui chanta dans les supplices » d’Aragon, repris dans la Diane française, on y trouvait « Liberté » de Paul Éluard. Les signataires de ces textes, dissimulés sous des pseudonymes, sont également Francis Ponge, Eugène Guillevic, Pierre Seghers, Jean Tardieu, Charles Vildrac ou Robert Desnos, qui mourra en déportation en 1945.
Les vingt-cinq poèmes en vers rimés ou comptés qui composent la Diane française sont précédés d’un texte liminaire en prose : « Ô mares sur la terre au soir de mon pays », scandé par la reprise régulière de versets. Il présente la thématique dominante de l’ensemble : le recours aux références qui sont celles de la tradition française. L’on y rencontre les victoires contre l’oppresseur avec le nom de Vercingétorix, par exemple, ou les mythes médiévaux, mais aussi les formes empruntées à la poésie de Charles d’Orléans, ou l’écho de François Villon. L’épopée originelle, ancrée dans le Moyen Âge, se doit d’être continuée, alors que la nuit de la défaite plonge dans l’oubli l’identité nationale. Le texte reprend les poèmes les plus célèbres d’Aragon : « la Rose et le Réséda » et « Il n’y a pas d’amour heureux », composés en 1943. En étrange pays dans mon pays lui-même, le second recueil, est organisé à partir d’un texte-manifeste : « De l’exactitude historique en poésie ». Il présente ce qui sera le choix constant d’Aragon : rechercher dans un temps lointain, le plus archaïque possible, d’autres valeurs qui permettent de donner l’idée d’un monde échappant à l’emprise du système bourgeois. Les deux sections du recueil, « En français dans le texte » et « Brocéliande », sont traversées par de multiples références au Moyen Âge et à la Bretagne du cycle arthurien.
Le recours au passé permet donc d’imaginer l’avenir et de dépasser l’atrocité de la défaite présente, comme il avait déjà permis aux surréalistes, dans les années vingt, de sortir du traumatisme de la Grande Guerre. La voix poétique vient s’inscrire dans la continuité de Victor Hugo ou de Charles Péguy : la cathédrale est l’emblème de l’identité nationale. L’ancrage historique et la volonté d’insuffler l’énergie et l’espoir aux lecteurs sont articulés avec l’implication personnelle et la confidence autobiographique : la figure de la compagne du poète, Elsa Triolet, apparaît ainsi au début d’un cycle qui la chante et qui sera continué au fil d’autres recueils (le Roman inachevé, Elsa, le Fou d’Elsa). Elle est la « Dame » de la tradition de la fin’amor courtoise et le poète se doit d’être le chevalier qui accomplit, pour sa belle, l’exploit de la libération du pays.
© 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |