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Résultats avec Windows Live® Search Fleurs bleues, les [Raymond Queneau]Article
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Fleurs bleues, les [Raymond Queneau], roman de Raymond Queneau, publié en 1965.
Est-ce le duc d’Auge qui rêve qu’il est Cidrolin ou Cidrolin qui rêve qu’il est le duc d’Auge ? Pendant que Cidrolin reste immobile, fait la sieste sur sa péniche, « écluse » tranquillement de l’essence de fenouil (le seul mot avec lequel aucun autre ne rime…) et repeint sa barrière, le duc d’Auge caracole à travers l’histoire par bonds de cent soixante-quinze ans, de 1264 jusqu’au beau jour de 1964 où il débarque chez Cidrolin.
Le texte se présente dès la première page comme un canular. Au même trot que les chevaux parlants du duc d’Auge, des calembours dignes de l’almanach Vermot succèdent aux grivoiseries, anachronismes, à-peu-près, assonances, néologismes et autres jeux avec le langage. Par goût pour le français parlé — le seul qui vaille la peine d’être écrit —, Queneau transcrit phonétiquement certains mots : ainsi les « céhéresses » et les « houatures » côtoient de façon burlesque les termes médiévaux. Œuvre de langage et de rhétorique, le livre est aussi truffé de citations littéraires détournées, de Platon à Queneau lui-même en passant (entre autres) par Rabelais. Par ailleurs, le dédoublement qui donne naissance aux deux personnages principaux et fait se succéder les épisodes en une alternance systématique suggère de façon plus complexe l’existence de deux mondes parallèles a priori incompatibles. Le récit obéit à la fois à une structure circulaire où tout semble se répéter et à une disposition linéaire et chronologique des événements à la manière du roman historique. Il crée ainsi un espace-temps paradoxal où coexistent différence et identité, retour du même et devenir, temps et éternité.
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