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Résultats avec Windows Live® Search Roi Renaud, leArticle
Roi Renaud, le, chanson du folklore français, l'une des plus anciennes complaintes du répertoire traditionnel et, à ce titre, pratiquement impossible à dater. Pour le grand folkloriste Georges Doncieux, cette chanson remonte au milieu du XVIe siècle, mais il ne s'agit que d'une conjecture. La première trace avérée de la chanson est sa publication, en 1837, sous forme de feuille volante imprimée. La version alors proposée ne compte pas moins de vingt-deux couplets et provoque rapidement un véritable engouement collectif. L'époque est au romantisme, et les romans de Walter Scott ont mis à la mode une chevalerie médiévale idéalisée qui se retrouve jusque dans les travaux de l'architecte Viollet-le-Duc. Des chansons comme « le Roi Renaud », « la Blanche Biche » ou « les Anneaux de Marianson » s'inscrivent donc tout naturellement dans le goût de l'époque, et Gérard de Nerval leur consacre plusieurs études, dans la revue la Sylphide, qui aideront à les populariser dans les milieux intellectuels. En fait, le thème du « Roi Renaud » puise ses origines dans d'anciennes légendes scandinaves, telle que Sire Olaf frappé par l'elfe. De même le retrouve-t-on dans certains gwerzou bretons comme « le Seigneur Nann et la fée », cité par Hersart de la Villemarqué dans son ouvrage le Barzaz Breiz (voir littérature bretonne). La version en langue bretonne rejoint la vise scandinave en ce sens que toutes deux s'ouvrent sur une longue introduction expliquant les causes de la mort du héros. Dans les deux cas, ce dernier chevauchant dans la forêt y rencontre des fées. Tandis que les elfes scandinaves l'invitent à danser, la korrigane bretonne lui propose de l'épouser. Refusant leurs propositions, il est alors condamné à choisir entre mourir dans les trois jours, ou endurer une longue agonie de sept années (les chiffres sept et trois étant deux des plus fermes constantes de la symbolique traditionnelle). Ainsi Olaf, d'un côté, et Nann, de l'autre, rentrent-ils chez eux pour se coucher et attendre la mort. Si la complainte française a abandonné le thème de la rencontre maléfique — remplacé par un retour de guerre pour le moins imprécis — elle n'en suit pas moins fidèlement la progression dramatique de ses modèles, jusqu'à l'aveu final que la mère ne peut retenir plus longtemps : « Renaud est mort et enterré ! » À partir de là, les réactions de la jeune veuve varient d'une version à l'autre. Tantôt elle se laisse mourir pour être enterrée auprès de son époux — entraînant même, parfois, leur enfant dans la tombe — tantôt elle se contente de renoncer au monde en s'enfermant dans un couvent. Au total, les travaux des folkloristes permettent de dénombrer une bonne soixantaine de versions différentes de la légende du « Roi Renaud », qui reste l'une des chansons les plus populaires du répertoire traditionnel, et l'une des plus souvent reprises sur disques — y compris par des interprètes dont ce n’est pas le répertoire de référence —, tels que Édith Piaf et les Compagnons de la chanson, Cora Vaucaire, Yves Montand ou Colette Renard.
Sélection discographique :
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