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Résultats avec Windows Live® Search Roland furieux [Arioste]Article
Plan de l'article
Présentation ; Les dames, les chevaliers, les armes, les amours ; La suite de l’Orlando innamorato ; La longue vie des héros
Roland furieux [Arioste], poème épique en quarante chants (divisés en huitains) de l’Arioste, publié pour la première fois en 1516 — sous le titre Orlando Furioso —, avant d’être augmenté par le poète jusqu’à présenter quarante-six chants dans l’édition définitive de 1532.
Une épopée s’écoute. « Si, du moins, vous me prêtez l’oreille, [je dirai donc de Roland] des choses qui n’ont jamais été racontées ni en prose ni en vers » : comment sa sagesse devint fureur par amour, et comment l’armée des chrétiens manqua d’y perdre la France. Comment il fallut qu’Astolphe allât chercher son « sens perdu » sur la Lune où il se trouvait dans une fiole et comment il le lui remit dans le corps. Mais d’abord comment la fuite à cheval d’Angélique avait ouvert le récit d’un zigzag compliqué dans la géographie de l’épopée. Et « je dirai encore » les amours de la jeune femme et de Médor, les écorces qu’ils gravèrent de leurs noms, les larmes de Roland découvrant ces noms et croyant y voir les corps enlacés des amants. Et comment Roger quitta le camp sarrasin pour celui des chrétiens, se fit baptiser et put ainsi épouser Bradamante ; et aussi l’affrontement de Charles et d’Agramant ; et encore les massacres de Rodomont dans Paris, les divisions dans le camp sarrasin, la chevalerie et la guerre. Et surtout le beau Renaud, sauveur de Genèvre, adversaire de Roger.
C’est bien du Roland de la geste de Turold (xie siècle) qu’il s’agit, le neveu de Charlemagne, celui que l’on connaît par sa mort à Roncevaux, lors de l’expédition de 778 contre les infidèles. Mais les récits, la légende, entrés en Italie par les routes de pèlerinage puis par les traductions, ont considérablement enrichi la figure de celui qui se prénomme désormais Orlando. Des auditoires populaires, sa geste est passée au xve siècle vers les milieux cultivés, et c’est un comte de la cour d’Este, Matteo Maria Boiardo, qui donne à Ferrare le premier de ces chefs d’œuvre épiques, l’Orlando innamorato (le Roland amoureux), resté inachevé. Le poème de l’Arioste en est la suite, composé trente années durant à partir d’une combinaison du cycle carolingien de la guerre sainte et de la matière amoureuse propre au cycle arthurien. La composition procède par enchaînements d’épisodes, par multiplication de centres parallèles et croisements de motifs, un peu comme les héros qui ne cessent de traverser l’espace en tous sens. Avec en plein cœur de l’histoire, au chant XXIII, le récit de l’incroyable aventure de Roland, qui était entré dans un locus amœnus (un lieu dévolu au plaisir) pour se reposer de sa chevauchée et pour s’abriter du soleil, et se retrouve en pleine crise de mélancolie, voulant ne pas voir ce qu’il voit, dans l’état du « deuil qui tous les autres passe », comme écrira un traducteur du xvie siècle. Roland, la plus célèbre figure héroïque de la Renaissance, est indissolublement lié désormais au pire accès qui soit du mal d’amour.
Sans doute, dès 1516, Roland furieux commence dans la fougue et l’ironie la liquidation de la littérature chevaleresque achevée près d’un siècle plus tard avec Don Quichotte. Mais si liquidation elle annonce, l’épopée de l’Arioste n’a rien, pour sa part, de mélancolique ; elle emporte, elle éblouit. Elle obtient très vite un succès considérable et ce que l’on appelle, pour parler d’influence, de traductions illustres, d’emprunts et d’imitations, une immense « fortune ». En France, c’est la Pléiade qui professe son admiration, sans voir cependant toute l’ironie du poète ; puis c’est le poète Desportes, et aussi le dramaturge Garnier qui écrit une Bradamante pour le théâtre. Comme dans le cas de la Jérusalem délivrée du Tasse, on a retenu certains héros, certains épisodes, on les a adaptés à d’autres arts, à la peinture, à l’opéra naissant. Et Boileau de vitupérer dans sa dixième Satire les « Héros à voix luxurieuse », les « doucereux Renauds », les « insensez Rolands » qu’il a entendus chez Lully. Dans cette même seconde moitié du xviie siècle, on fait danser les héros de l’Arioste lors des fêtes royales du Ballet royal de la nuit de 1553, où l’Amour est représenté par Roger, Bradamante, Médor, Angélique, Richard et Fleur d’Espine. Ils sont là encore pendant les Plaisirs de l’île enchantée de 1664, cette longue fête à laquelle, jour après jour, on a donné pour cadre les aventures du Roland furieux.
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