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Résultats avec Windows Live® Search Roman inachevé, le [Louis Aragon]Article
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Roman inachevé, le [Louis Aragon], recueil de poèmes de Louis Aragon, publié en 1956. Ce texte au titre paradoxal constitue une autobiographie lyrique qui semble faire suite au texte les Yeux et la Mémoire (1954). Des bribes de souvenirs et le ton de confidence personnelle dominent dans une structure de récit qui alterne la prose et l’emploi de mètres variés : octosyllabes, alexandrins, ou vers de seize syllabes, empruntés à la poésie française du xvie siècle.
L’organisation du recueil constitue un triptyque : le premier volet, « Je me souviens », est dominé par les rapports de l’enfant à la mère, du jeune homme aux femmes. Il conduit jusqu’à la Première Guerre mondiale et aux rencontres de l’époque dada. Le second volet reprend l’univers des années vingt, qui constituait déjà la matière fictionnelle du roman Aurélien, composé en 1943. Les voyages fréquents de l’auteur, à cette période, nourrissent ses textes : Londres, l’Italie ou l’Allemagne sont les lieux de l’éducation accomplie du jeune bourgeois. Le dernier volet conduit jusqu’à 1944. La traversée de la défaite française et des temps de résistance est placée sous le signe de l’aimée, Elsa Triolet. Le dernier texte, « Prose du bonheur et d’Elsa », vient clore l’itinéraire et ouvrir la perspective d’un accomplissement personnel, littéraire et historique.
Le titre de ce recueil poétique, qui l’affilie à un autre genre littéraire, est particulièrement significatif. Il se comprend mieux si on le met en perspective avec les productions ultérieures d’Aragon, qui multiplient ces effets de brouillages des catégories littéraires : par exemple, le « livre d’art » consacré à Matisse s’intitule Henri Matisse, roman (1971). En 1974, le texte Théâtre / Roman inclut, lui, des poèmes versifiés. Le travail de l’écrivain est ainsi marqué par l’articulation constante d’un travail de réflexion critique pris dans les jeux fictionnels. Cependant ce souci, dont témoigne le Roman inachevé, prend sa source dans les années dont traite le recueil. La période a déjà partiellement constitué l’univers des deux derniers tomes du cycle romanesque le Monde réel. Mais, alors que le projet initial du romancier était d’achever en 1944-1945 le temps de la fiction pour le dernier volume, les Communistes, il a renoncé à cette ambition : cet ouvrage s’achève en 1940. Le Roman inachevé semble alors constituer une tentative pour pallier le manque et reprendre l’entreprise romanesque initiale sur un autre mode, pour cette fois, la conduire à son terme. L’inachèvement est à la fois réparé et travaillé par l’écriture poétique. L’itinéraire biographique repris ici permet de mettre en scène la résolution d’une crise à la fois personnelle, littéraire et historique. Depuis les années de résistance, Aragon a relu avec distance, voire sévérité, son engagement surréaliste. Marqué par l’interdiction qui pesait au sein du mouvement sur le genre romanesque, considéré comme « bourgeois », Aragon a traversé une phase d’incertitude et de stérilité. Sous l’influence d’Elsa Triolet, qui a mené à terme l’écriture d’un roman, le Cheval blanc (1942-1943), grâce à la rencontre de Matisse qui a incarné l’espérance, absente du réel historique de l’Occupation, l’écrivain va surmonter la crise et la déchirure creusées par sa double identité de poète et de prosateur. L’action politique et l’action poétique deviennent le geste unique de survie qui va fertiliser les temps de désespérance. La figure féminine sera ainsi témoin d’un « avenir » et d’un bonheur dont il s’agit de créer les conditions de possibilité.
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