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Sido [Colette]

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Plan de l'article
1

Présentation

Sido [Colette], récit de Colette, publié en 1930 (sous le titre complet Sido ou les Points cardinaux) et dédié, avec deux autres textes, la Maison de Claudine (1922) et la Naissance du jour (1928), à l’évocation de l’enfance bourguignonne et à la célébration du personnage de Sidonie Landoy (1835-1912), la mère de Colette.

L’apparition de cette dernière dans l’évocation des souvenirs est tardive : Claudine n’avait en effet qu’un père irresponsable (voir Claudine, série des) et Renée la Vagabonde paraissait sans famille (voir la Vagabonde). D’œuvre en œuvre, la figure maternelle se précise et se construit ainsi jusqu’à devenir mythique.

2

« Le personnage principal de toute ma vie »

2.1

La Maison de Claudine

La Maison de Claudine, dont le titre n’est qu’une allusion à l’œuvre de jeunesse, est constitué d’anecdotes et de petits portraits — hommes et bêtes — qui ressuscitent la magie de l’enfance perdue dans la maison natale de Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne. Celle qui sera Sido n’est encore ici appelée que « la mère ».

2.2

La Naissance du jour

La Naissance du jour met en scène une femme mûre qui ressemble comme une sœur à Colette. Partagée entre la passion tardive que lui offre le jeune Vial et la liberté sereine de l’âge, elle préfère renoncer à l’amour. Mais il s’agit à peine d’un roman car l’intrigue, reléguée au second plan et mince jusqu’à l’insignifiance, peine à poindre sous le lyrisme des confidences et des souvenirs. Sido, enfin ainsi nommée, y joue, par les lettres qu’elle adresse à sa fille, l’influence déterminante d’un fantôme tutélaire. En refusant une invitation qui pourrait l’empêcher de voir éclore un cactus rose qui ne fleurit que tous les quatre ans, elle lui signifie que les merveilles du monde sont préférables à l’agitation humaine et amoureuse. Elle lui transmet sa sagesse opulente et sereine par ses lettres qui jalonnent l’œuvre comme autant de leçons de vie.

2.3

Sido

Sido se présente enfin comme une pure commémoration poétique de la mère : attentive aux saisons et aux vents, dispensatrice de la magie des aubes, elle est la reine d’une nature dont elle seule sait déchiffrer les signes. L’ouvrage construit en triptyque introduit un équilibre nouveau dans la chronique familiale. Dans l’ombre de Sido, vit son second mari, le Capitaine amputé qui aurait rêvé d’être écrivain mais n’a jamais rédigé une ligne, qui, à la campagne, n’a su aimer ni les bêtes ni les plantes, et que ses enfants ont sans doute dérangé du tête-à-tête amoureux avec sa femme. Mais Colette a beau essayer de réhabiliter ce père qu’elle a mal connu, sa figure reste épisodique. Il laisse un peu l’impression d’un raté réduit à la position de vassal, voire d’intrus. Le troisième volet est consacré aux deux frères de Colette, « les Sauvages », et à sa demi-sœur.

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