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Un héros de notre temps [Mikhaïl Lermontov]

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Mikhaïl LermontovMikhaïl Lermontov
Plan de l'article
1

Présentation

Un héros de notre temps [Mikhaïl Lermontov], œuvre en prose de Mikhaïl Lermontov, publiée en 1840 et composée de cinq récits, « Béla », « Maxime Maximovitch », « Taman », « la Princesse Mary » et « Un fataliste », les trois derniers constituant les deux parties du « Journal de Piétchorine ».

2

Le Caucase : exil et renouvellement de l’inspiration

Les premiers écrits de Lermontov sont très marqués par l’influence de Pouchkine. Refusés la plupart par la censure, ils confèrent au poète un destin semblable à celui du grand poète qui est presque son contemporain. Un poème de Lermontov célébrant Pouchkine à sa mort (1837) incite les autorités à l’envoyer (toujours comme son illustre prédécesseur) au Caucase. Dans cet exil loin des salons pétersbourgeois, Lermontov découvre, dans la contemplation de la nature, une nouvelle source d’inspiration, dont bénéficie Un héros de notre temps qui commence alors.

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Piétchorine : narrateur ou héros ?

Piétchorine tisse un lien entre les cinq récits dont il est tantôt le héros, tantôt le narrateur. Le premier récit, « Béla », reprend le schéma traditionnel de la nouvelle-cadre : le narrateur relate sa rencontre sur la route de Tiflis à Vladikavkaz avec un vieil officier russe de retour du Caucase, Maxime Maximovitch. Ce dernier raconte l’histoire de Piétchorine, qui avait servi sous ses ordres au Caucase et avait enlevé Béla, la fille d’un prince tartare. Mais une fois le jeune homme parvenu à ses fins, l’amour s’était chez lui mué en ennui profond. Dans le second récit, « Maxime Maximovitch », le narrateur rencontre Piétchorine et obtient de Maxime Maximovitch quelques fragments du journal du jeune homme, qui devient alors narrateur d’un certain nombre d’événements qui ont marqué sa vie. À « Taman », Piétchorine raconte, à la Walter Scott, une histoire de contrebandiers dont il a été la victime. « La Princesse Mary » a pour cadre une station balnéaire où Piétchorine séduit deux femmes et finit par se battre en duel avec son rival auprès de l’une d’elles. Dans le dernier récit, « Un fataliste », il s’interroge sur la force du destin après avoir par deux fois exposé sa vie. La construction du roman bouleverse l’ordre chronologique des événements racontés afin de proposer un portrait de Piétchorine structuré : présenté d’abord par des tiers, le héros livre ensuite des fragments de sa vie qui complètent et illustrent les impressions du lecteur.

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Le « héros » de son temps

Héritier d’Eugène Onéguine — dont le nom est, comme le sien, dérivé d’une rivière —, Piétchorine est le représentant du désarroi de toute une génération, qui paie le prix de la révolte avortée des décembristes par le renforcement de la censure et des libertés étroitement surveillées. Éternel insatisfait, fatigué de tout, de l’amour, de la vie mondaine, sauf de la beauté des paysages sauvages, Piétchorine est un « héros vide », terme que la préface de 1841, rajoutée après la première édition du texte, invite à comprendre de façon ironique. Il est l’archétype de l’« homme de trop » des années 1840. Portant en lui le mal d’un siècle fataliste étouffé par le pouvoir, Piétchorine offre une vision dégradée, parodique, de l’héroïsme, converti à la satisfaction d’une volonté égocentrique, désabusée et parfois machiavélique.

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