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Alcazar de Marseille, L'

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Alcazar de Marseille, L', café-concert, puis music-hall marseillais, fondé en 1857 et aujourd’hui disparu, sis cours Belzunce.

Créée en 1857 par Étienne Démolins sur l’emplacement d’un ancien couvent, la première salle de spectacle est dédiée à « la romance et la chansonnette ». Revendue à Jules Sarian, celui-ci la transforme en un vaste café-concert d’une contenance de mille huit cents places, où se presse un public populaire. La sévérité des jugements du public, compensée par la générosité de son enthousiasme lorsqu’un artiste lui plaît, font de l’Alcazar de Marseille l’endroit où se décident les grandes carrières, et ce avant même les salles parisiennes. En 1889, la direction passe entre les mains du couple Doux, qui gère la place jusqu’en 1920, développant plus particulièrement le genre « revue marseillaise ». À la mort de Léon Doux, sa veuve cède l’Alcazar à Marius-François Esposito, dit « Franck », ancien acrobate et chef de claque qui se révèle un grand directeur de music-hall et qui attire à Marseille la plupart des vedettes de l’époque (Mayol, Max Dearly, Esther Lekain, etc.). C’est lui également qui donne leur première chance à de jeunes débutants tels que Fernandel ou Maurice Chevalier.

Le début du déclin de l’Alcazar est concomitant du développement du cinématographe, vers la fin des années vingt, et de la transformation de nombreux caf’conc’ en salles mixtes (cinéma-music-hall). Grâce au succès des opérettes de Vincent Scotto, l’Alcazar se maintient un peu plus longtemps que ses rivaux, mais Franck finit par vendre, en 1931, à un exploitant de cinéma. La formule mixte permet néanmoins de conserver à l’Alcazar son prestige de grand music-hall de province, et des artistes comme Tino Rossi ou Yves Montand y connaissent leurs premiers succès.

En 1950, un nouvel acquéreur, Ernest Robert, dit « Trébor », rend intégralement l’Alcazar à sa vocation première. On peut alors y applaudir Georges Brassens, Édith Piaf, Charles Aznavour, etc. Ce renouveau reste cependant bien fragile et, en 1963, Trébor dépose le bilan. Cette fois les repreneurs sont deux : Jean Renzulli et Albert Féraud, qui réaménagent la salle de fond en comble. Le jour de l’inauguration, le 7 septembre 1965, Enrico Macias, à l’affiche ce soir-là, remporte un des plus gros succès jamais enregistrés par le vieil Alcazar. Mais, les jours de ce dernier sont désormais comptés. En 1966, Renzulli et Féraud jettent définitivement l’éponge. Racheté par un marchand de meubles, l’emplacement est finalement reconverti en garage.

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