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Balavoine, Daniel

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Balavoine, Daniel (1952-1986), auteur, compositeur et interprète français.

C’est à Pau, dans ce Sud-Ouest dont il n’est pas originaire (il est né à Alençon) mais où il a passé son enfance et son adolescence, que, lycéen, Daniel Balavoine participe activement au mouvement de Mai 68. Il envisage de devenir député, mais vite déçu par la politique, il se réfugie dans la musique. Il bricole ses premiers accords de guitare, fréquente les bals du samedi soir avec un petit orchestre et décide de « monter » à Paris. Là, en 1971, il enregistre sans succès un quarante-cinq tours au sein du groupe Présence, puis un deuxième, l’année suivante, sous son nom. C’est comme choriste de Patrick Juvet, sur l’album Chrysalide, qu’il est repéré par la maison Barclay. Il va, dès lors, sortir pratiquement un album par an.

De ses deux premiers, De vous à elle en passant par moi (1975) et les Aventures de Simon et Gunther (1977), on retient surtout sa voix très haut perchée. Mais dès le troisième (1978), c’est le succès fulgurant avec la chanson-titre, plutôt désespérée, « le Chanteur » (« J’me présente, je m’appelle Henri… »). Un succès que va amplifier, dans la foulée, sa participation à Starmania, l’opéra-rock de Michel Berger et de Luc Plamondon, où il incarne un loubard en révolte. Cette image va lui coller — assez justement il est vrai — à la peau et son coup de colère du 19 mars 1980, sur le plateau du journal télévisé d’Antenne 2, devant François Mitterrand, en fait soudainement le porte-parole de toute une jeunesse « désespérée ».

D’album en album, les succès s’enchaînent : « Mon fils ma bataille », « Je ne suis pas un héros », « Lipstick polychrome », « Vendeur de larmes », « Vivre ou survivre ». Du côté de la scène, après avoir triomphé deux saisons de suite à l’Olympia, il risque le Palais des Sports (cinq mille places) en 1982 et y joue à guichets fermés, avant de partir en tournée dans cinquante villes de province.

Mais la chanson ne lui suffit plus : il devient animateur-chroniqueur sur la station 95.2 FM et s’attire les foudres des anciens combattants. Il milite de même quasi anonymement à SOS Racisme, soutient les Restos du cœur, et fait chanter les artistes français pour l’Éthiopie avec Jean-Jacques Goldman, en 1985 ; année où il participe à son deuxième Paris-Dakar. Passionné de course automobile, il a découvert l’Afrique et pris conscience de ses drames. Décidé à y installer des pompes à eau, il crée l’association Action École, avec Michel Berger, pour sensibiliser les jeunes Français aux problèmes africains.

Le 14 janvier 1986, lors de son troisième Paris-Dakar, qu’il suit pour des raisons humanitaires, il est tué dans un accident d’hélicoptère aux côtés de Thierry Sabine, le créateur de la course. Mais il a tracé la voie, présente dans le titre même de ses deux derniers disques : Loin des yeux de l’Occident (1983) et Sauver l’amour (1985), où figure un ultime « tube » : « l’Aziza ».

Sélection discographique :

  • Le Chanteur (Double CD de compilation, collection Master Serie. Barclay 517 317-2 / Polygram)
  • L’Intégrale (Coffret de 9 CD. Barclay 529 374 / Polygram)
  • L’Inoubliable (Livre-disque comprenant 3 CD. Barclay 529 370 / Polygram)

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