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Couté, Gaston

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Couté, Gaston (1880-1911), chansonnier et poète français.

Né à Beaugency, au cœur de la Beauce, dans une famille de meuniers, Gaston Couté est confronté, dès son plus jeune âge, aux règles, coutumes, rites, traditions et rapports de force d’une société rurale cramponnée à sa terre et à ses valeurs ancestrales (au premier rang desquelles la religion), fonctionnant sur une organisation sociale et des rapports de classe quasi féodaux. Encore adolescent, il commence à écrire ses premiers poèmes, dans lesquels il porte un regard sans complaisance sur le monde paysan qui l’entoure. Utilisant volontiers le patois beauceron pour s’exprimer, il célèbre la nature, ses beautés et ses bienfaits, tout en dénonçant les riches fermiers qui exploitent le travail des journaliers, dont l’appellation familière (les « peineux ») indique assez la condition. De même fustige-t-il les hypocrisies sociales et les faux bons sentiments (« L’honneur, ça tient dans l’carré d’papier d’un billet d’mille… »).

Après avoir fait ses études secondaires au lycée d’Orléans, Couté « monte » à Paris où il commence à fréquenter les cabarets de la butte Montmartre, alors que ses parents l’imaginent faisant carrière dans l’administration des Finances. Vêtu du costume beauceron et s’exprimant le plus souvent en patois, il fait ses débuts à l’Âne Rouge, puis aux Funambules où il rencontre son premier succès, avec « le Champ de naviots », en 1898. Essentiellement composé d’œuvres d’inspiration rurale — pour beaucoup, aujourd’hui encore, Gaston Couté reste « le poète paysan » par excellence —, son répertoire commence à évoluer. De chansonnier rural, Gaston Couté devient progressivement l’un des poètes anarchistes les plus importants de ce début de siècle, engagé dans tous les grands combats idéologiques de son temps, tels que le pacifisme, la laïcité, la montée en puissance des premières organisations ouvrières, l’exploitation de la prostitution, etc. Luttant sur tous les fronts de la Guerre sociale, Gaston Couté publie tous les jours, à la une du journal du même nom, un texte corrosif écrit sur un air connu de tous, afin que chacun puisse le chanter et le faire circuler.

Malgré quelques succès épisodiques (Mayol reprenant « la Chanson d’un gâs qui a mal tourné »), et quelques solides amitiés (Mac Orlan, Daniderff), Gaston Couté restera toute sa vie un marginal. Un poète maudit dont le nom ne figure dans aucune anthologie, et qui mourra, à l’âge de trente et un ans, rongé par l’alcoolisme et la misère. Gaston Couté laisse derrière lui une œuvre immense que l’on n’a toujours pas fini de découvrir.

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