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mazarinades

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Mignard (Pierre), Portrait du cardinal MazarinMignard (Pierre), Portrait du cardinal Mazarin
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1

Présentation

mazarinades, genre musical français à caractère pamphlétaire apparu au milieu du xviie siècle. Il tire son nom de celui du cardinal Jules Mazarin, qui, avec la régente Anne d’Autriche, en était la cible favorite.

2

Un répertoire à la mesure d’une impopularité

« Qu’ils chantent, pourvu qu’ils paient ! » : on connaît le mot de Mazarin, contre qui les chanteurs du Pont-Neuf ont écrit quelque cinq mille chansons, poèmes, épigrammes ou libelles. (On regroupe aussi parfois sous le terme de mazarinades des gravures satiriques ou licencieuses.) La bibliothèque de Saint-Pétersbourg en possédait, dit-on, cent quarante gros volumes, dont trois avaient été nécessaires pour simplement en établir le répertoire. C’est assez dire l’impopularité de ce cardinal qui, à la mort de son protecteur Richelieu en 1642, lui a succédé pour diriger les affaires de la France jusqu’en 1661. Une impopularité partagée aussi bien par le peuple, écrasé d’impôts de toutes sortes, que par les nobles, ces « Importants » qui se liguent contre lui en une Fronde obligeant la cour à fuir Paris pour le château de Saint-Germain.

3

Un genre d’une virulence inouïe traqué par la censure

La plupart de ces mazarinades sont fort crues, d’autres — peut-être moins lestes dans leur forme — n’en finissent pas moins par un appel à la mort de cet « estranger » (il est né en Italie, dans les Abruzzes), dont l’un des principaux crimes, aux yeux de la noblesse française, est d’être l’amant de la reine mère, Anne d’Autriche, régente du royaume en attendant la majorité de son fils (le futur Louis XIV). D’une violence de ton absolument inconcevable aujourd’hui (« Je voudrois bien estrangler / Notre putain de reyne / Ô gué ! »), ces mazarinades sont, dans l’extrême majorité des cas, restées anonymes, pour des raisons d’élémentaire prudence. Car, quoi que puisse en laisser croire le mot de Mazarin, la censure veille au grain, et sa rigueur est impitoyable pour qui est pris sur le fait. D’ailleurs, en marge des mazarinades, la censure elle-même est alors souvent la cible des poètes et des chansonniers, (« Le Roy, notre Sire, / Nous a fait défense / De plus chanter / Lanturlu… »).

4

Un répertoire populaire que ne dédaignent pas les belles plumes

Si la forme des mazarinades reste le plus souvent populaire — et même, parfois, d’une trivialité confinant à l’obscène — on n’en devine pas moins, de temps en temps, au détour de tournures ou préjugés de caste difficiles à masquer, l’ombre de plumes savantes, mondaines et / ou proches de la cour, telles que celles de Scarron, de Cyrano de Bergerac, du cardinal de Retz ou du docteur Guy Patin. De fait, un certain « snobisme » a fait que ces chansons — y compris les plus sordides — ont circulé sous le manteau jusque dans les couloirs du palais.

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