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famille, histoire de la

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Rhéa et CronosRhéa et Cronos
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1

Présentation

famille, histoire de la, la famille peut être historiquement définie à la fois comme l’ensemble des personnes qui se reconnaissent d’un même sang ou d'un même ancêtre — elle prend alors le sens de parentèle — et comme l’ensemble de ceux qui vivent sous le même toit, « à pot et à feu commun », et forment un ménage — au sens économique moderne du terme.

2

Une histoire profondément renouvelée

À partir des premières histoires de la famille élaborées au cours du xixe siècle (comme l’étude de Frédéric Le Play, l’Organisation de la famille selon le vrai modèle signalé par l’histoire de toutes les races et de tous les temps, 1875), les historiens ont pensé que l’Occident est progressivement passé d’une famille large et complexe — regroupant sous le même toit parfois plusieurs générations — à une famille étroite, « moderne » (dite nucléaire), centrée sur le couple et les enfants. Les ouvrages de Philippe Ariès (l’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, 1960) et d’Edward Shorter (Naissance de la famille moderne, xviiie-xxe siècle, 1975, traduit en 1977) s’inscrivent dans cette perspective ; selon ces auteurs, le modèle de la famille occidentale — qui repose sur un mariage monogame et une cellule étroite ou nucléaire laissant la place à l’affection entre parents et enfants (« le sentiment de l’enfance » de Philippe Ariès) — se serait mis en place à partir des xviie-xviiie siècles.

Néanmoins, les dernières études sur l’histoire de la famille ont montré, grâce à l’apport de l’ethnologie et de la sociologie, que la famille nucléaire existe à toutes les époques de l’histoire et qu’elle est la « structure portante » de l’ensemble des sociétés occidentales.

Les profonds bouleversements familiaux des dernières décennies ont incité les intellectuels à réfléchir sur la famille. Que l’on mette l’accent sur la filiation (Alfred Radcliffe-Brown) ou sur l’alliance (Claude Lévi-Strauss), la famille est au cœur de toute construction sociale. Elle est, certes, un fait de nature : un homme, une femme et leurs enfants réunis au sein d’une famille élémentaire dans laquelle la reproduction biologique constitue la donnée essentielle ; elle est aussi un fait de culture, car elle unit deux familles : « Pour qu’une famille se fonde, écrit Claude Lévi-Strauss, il faut que deux familles se soient chacune amputée d’un de ses membres et, il est nécessaire, poursuit-il, pour qu’elle survive, qu’elle s’ouvre “au grand jeu des alliances matrimoniales”, obligeant ses membres à une certaine exogamie et au respect de l’interdit de l’inceste. »

La famille peut donc être définie comme une institution sociale qui repose sur un fondement biologique. Par conséquent, même s’il existe des aspects universels dans la définition de la famille (procréation, prohibition de l’inceste, alliance, etc.), chaque société donne à voir une image différente de la famille, en fonction de sa structure démographique, de son organisation sociale ou religieuse, de ses croyances.

3

La famille dans l’Antiquité

Selon l’historien Fustel de Coulanges, « ce qui unit les membres de la famille antique, c’est quelque chose de plus puissant que la naissance, que le sentiment, que la force physique ; c’est la religion du foyer et des ancêtres. » (Cité antique, 1864).

3.1

Constitution d’une famille par le mariage

Dans la Grèce antique, le mariage monogamique semble être une règle même si les Lacédémoniens prêtent parfois leur épouse. Le mariage est teinté d’un rituel religieux : sacrifices aux dieux du mariage (Zeus et Héra), banquet et procession. Puisque la procréation d’enfants est l’objectif du mariage grec, les époux se doivent une vie commune, et le divorce — pratique courante à Athènes — est souvent le résultat du constat d’une séparation effective de corps.

À Rome, le mariage perd progressivement son caractère religieux pour ne devenir qu’un acte civil. Aussi, comme en Grèce, le divorce est-il obtenu en cas de désaccord mutuel. À l’époque la plus ancienne, par le mariage, la femme passe de la domination du père (paterfamilias, chef de famille) au contrôle (manus) de son époux. Mais lorsque le mariage entre patriciens et plébéiens est rendu possible (ve siècle av. J.-C.), ce cum manu tombe en désuétude au profit du mariage sin manu : la femme, en restant sous le contrôle de son père, conserve — voire préserve — le statut familial.

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