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Plan de l'article
sorcellerie, histoire de la, histoire des pratiques magiques attribuées à des catégories sociales marginales et, dans les sociétés occidentales, de leur répression par les pouvoirs ecclésiastiques et civils.
Selon les anthropologues, la croyance en des forces surnaturelles et la pratique de rites magiques — que ce soit pour les amadouer ou pour les déchaîner — existent de tout temps et dans toutes les cultures, et ce quel que soit leur degré d’évolution. Fait de civilisation, la sorcellerie est une manifestation mentale et sociale dans laquelle, derrière la superstition, reposent la parole, le pouvoir, la souffrance, la misère, l’espoir et la mort.
Les sociétés antiques ont souvent recours aux pouvoirs de divination de personnages comme la pythie de Delphes, les augures et les devins : ces praticiens des arts divinatoires exercent donc des fonctions religieuses officielles. Mais, parallèlement, les pratiques occultes débordant du cadre institutionnel sont sévèrement réprimées en Grèce comme à Rome. De même, la loi de Moïse condamne toute magie noire : « Tu ne laisseras pas vivre la sorcière » (Exode, XXII, 18). Pour sa part, l’Église primitive crée un corps de clercs exorcistes afin de combattre ces pratiques païennes, voire démoniaques. Dans l’Occident médiéval émerge l’image du « sorcier » lançant incantations et sortilèges, comme en témoignent les personnages de Merlin l’Enchanteur et de la fée Morgain dans le cycle arthurien. Durant tout le haut Moyen Âge, la sorcellerie est assimilée à un culte rendu aux divinités païennes que les prêtres sont invités à empêcher par des amendes et des prêches. La sorcellerie n’est qu’une croyance populaire en adéquation avec la recherche d’explication rationnelle des malheurs des temps (épidémies, épizooties, accidents climatiques, disettes et famines, instabilité politique et insécurité, etc.) qui s’abattent sur des populations fragiles à la poursuite de boucs émissaires — que l’on lynche d’autant plus facilement qu’ils n’appartiennent pas pleinement à la communauté.
Au xve siècle, alors que le christianisme s’impose dans toute l’Europe occidentale, les pratiques traditionnelles issues des coutumes germaniques (comme les magiciennes et les devineresses) commencent à être violemment combattues ; puisque émanant du Mal, de Satan, elles sont alors perçues comme à l’origine de tous les maux et de toutes les guerres. Cette célèbre chasse aux sorcières dure près de trois siècles et prend fin au xviiie siècle. Bien que cet occultisme diffère de la sorcellerie classique, au milieu du xixe siècle, un mouvement spirite — tables tournantes, appel aux ectoplasmes et aux revenants — se développe et est animé par des personnages charismatiques comme Allan Kardec. Dans les campagnes, les croyances traditionnelles, toujours plus vives, prennent encore parfois comme boucs émissaires le rebouteux, le magnétiseur ou le sourcier — comme dans le Sorcier vert de Jean de la Varende ou dans les récits de Claude Seignolle. Aujourd’hui, depuis une trentaine d’années, on assiste à un renouveau de la sorcellerie ; l’« Église de Satan », fondée en 1966 à San Francisco, et les cercles de magie noire côtoient les traditionnelles pratiques de sorcellerie : marabouts, sorciers vaudous, etc. En définitive, par son intensité, sa violente répression et son folklore, la sorcière européenne, de la fin du Moyen Âge au début du xviiie siècle, a particulièrement marqué l’histoire et nécessite de ce fait une étude plus approfondie.
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