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Adoration des bergers, l' [Georges de La Tour]

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La Tour (Georges de), l'Adoration des bergersLa Tour (Georges de), l'Adoration des bergers

Adoration des bergers, l' [Georges de La Tour], peinture réalisée vers 1644-1645 par Georges de La Tour.

Son identification en 1926 puis son achat par le musée du Louvre, où elle est conservée, marque le début de la redécouverte du peintre, jalonnée par l’exposition des « Peintres de la Réalité » en 1934 (Orangerie des Tuileries) et les deux grandes expositions parisiennes de 1972 (Orangerie) et de 1997 (Grand Palais).

Fidèle à une tradition du XVIe siècle (Corrège, Cambiaso, Bassano) et des caravagistes comme Honthorst, La Tour fait de l’Adoration des bergers (peinture à l’huile sur toile, aujourd’hui de 107 x 137 cm, le format ayant été modifié) un tableau nocturne, une « nuit » éclairée par une bougie, selon le vocabulaire du XVIIe siècle. La scène réunit en demi-cercle, serrés autour de l’Enfant emmailloté et endormi, la Vierge, saint Joseph et trois paysans typiquement lorrains : une femme portant une jatte, un homme tenant une flûte et enlevant son chapeau, un autre appuyé sur son bâton. Le sourire de l’homme à la flûte et la présence attendrie d’un agneau sont choses rares dans l’œuvre de La Tour. Tous regardent le Nouveau-Né à la lumière d’une bougie tenue par saint Joseph, mais masquée par sa main, selon un procédé déjà utilisé aux alentours de 1640 dans l’Apparition de l’ange à saint Joseph (musée des Beaux-Arts, Nantes) ou dans Saint Joseph charpentier (musée du Louvre, Paris). La lumière semble irradier de l’Enfant et, sur un fond sombre et indéterminé, dispense un éclairage ocre orangé où s’impose le rouge du vêtement de la Vierge.

D’apparence assez simple, la composition introduit une subtilité complexe par la variation des visages alignés, figés dans une méditation indifférente au reste du monde, mais individualisés par leurs traits, l’angle de vue, l’inclinaison et l’éclairage. La sérénité douce, la souplesse de l’organisation des formes, la tonalité chaude, la simplicité de la scène lui confèrent un caractère inhabituel chez La Tour. L’immobilité et le silence, empreints d’une tendresse tranquille, laissent percer un réalisme quotidien, presque anecdotique, moins cru que celui des tableaux « diurnes » comme la Diseuse de bonne aventure (v. 1635, Metropolitan Museum, New York), moins grave que la Madeleine au miroir (v. 1638, National Gallery of Art, Washington), et bientôt stylisé avec une grande économie de moyens (le Nouveau-Né, v. 1648, musée des Beaux-Arts, Rennes).

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