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Résultats avec Windows Live® Search Cri, le [Edvard Munch]Article
Plan de l'article
Présentation ; Un cri « immense, infini de la nature » ; Portrait d’un homme vivant qui souffre ; À l’aube de l’expressionnisme
Cri, le [Edvard Munch] (Skrik), tableau peint en 1893 par Edvard Munch, conservé jusqu’à son vol en 2004 à la Nasjonalgalleriet à Oslo. Edvard Munch décrit ainsi son tableau : « Un soir, je marchais suivant un chemin. D’un côté se trouvait la ville, et en dessous de moi le fjord. J’étais fatigué, malade. Je me suis arrêté pour regarder le fjord : le soleil se couchait et les nuages étaient rouges, comme du sang. J’ai senti passer un cri dans la nature ; il m’a semblé que je pouvais entendre le cri. J’ai peint ce tableau, peint les nuages comme du véritable sang. Les couleurs hurlaient. »
Ce portrait de face (peinture à l’huile, tempera et pastel sur carton, 91 x 73,5 cm), sans caractérisation ni détail, déformé par la torsion du cri, est le tableau le plus célèbre de Munch, et peut-être de toute la peinture scandinave. Asexuée, presque momifiée (on l’a rapprochée de la momie péruvienne montrée à l’Exposition internationale de 1889 à Paris), la figure s’allonge verticalement dans une ondulation qui se transmet au paysage en basculant à l’horizontale, tandis que la jetée et son parapet, avec deux silhouettes en arrière-plan, ajoutent, en une grande diagonale rectiligne, une profondeur dramatique à la composition. On retrouve la même construction dans le Désespoir de 1892 (Thielska Galleriet, Stockholm) et l’Angoisse de 1894 (Munch Museum, Oslo). Les contrastes rouge-vert et bleu-jaune provoquent une tension que souligne encore la touche large, puissante, dynamique. La stylisation contribue à l’expressivité, à la manière de la gravure sur bois que pratique également l’artiste.
Pour cette peinture, comme pour toute la série l’Amour (qui deviendra la Frise de la vie), Munch s’est donné un programme : « Il faut que ce soient des hommes vivants, qui respirent et qui ressentent, qui souffrent et qui aiment. Je voudrais peindre une suite de telles toiles. » De la subjectivité propre à l’art de cette fin de siècle, il tire un symbolisme intime, puisé au plus profond de son vécu et de ses traumatismes. Se détachant des influences françaises, sa peinture trouve son langage propre et redécouvre des éléments du répertoire romantique de l’Europe du Nord. Le sentiment de la puissance et du mystère de la nature, souvent mis en relation avec la force instinctive de la sexualité, est vécu comme un désarroi, jusqu’à l’angoisse et la terreur. La figure, sans individualisation, entièrement condensée dans son « cri », incarne la tragédie de la vie répercutée dans le monde intérieur.
Lié à Strindberg et à Ibsen ainsi qu’au poète Stanislaw Przybyszewski, dans un contexte de foisonnement littéraire d’où émergent le Norvégien Knut Hamsun et les Allemands Stefan George, Gerhart Hauptmann ou Frank Wedekind, tous sensibles aux bouleversements sociaux et psychologiques de leur temps et en quête d’un art à la fois émotionnel et spirituel, Munch est, pour la jeune génération de peintres du Nord, un des principaux catalyseurs de l’expressionnisme.
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