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Guitare et verre [Georges Braque]

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Guitare et verre [Georges Braque], peinture de Georges Braque, exécutée en 1921 et conservée au Musée national d’Art moderne (centre Georges-Pompidou), à Paris.

Parfois intitulé Socrate ou Nature morte à la partition de Satie, le tableau (huile sur toile, 43 × 73 cm) est organisé sur un motif central — guitare, verre à pied et couverture de la partition du Socrate d’Erik Satie, imbriqués étroitement jusqu’à constituer un seul et unique objet — presque monumental. Les blancs, les jaunes et les verts dominent sur un fond sombre, caractéristique des natures mortes de cette période.

L’espace pictural est entièrement investi : les objets apparaissent en gros plan, simplifiés en formes géométriques colorées qui se détachent du fond, et en même temps l’intègrent au rythme général. Plans et aplats s’organisent selon un dispositif qui favorise la fusion des éléments de la composition en une seule unité. La structure serrée et rigide, scandée par la vivacité des angles et les correspondances de verts et de blancs, est assouplie par le motif clair et festonnant qui anime le bord de la partition, le pied du verre, la table et le manche de la guitare ; elle est également allégée par la touche qui fait vibrer les surfaces colorées.

Dans l’œuvre de Braque, ce type de composition et de thème, dans un format horizontal, presque étiré, connaît de nombreux développements dans les années d’après-guerre, tel Guitare et compotier (le Guéridon noir) de 1919 (Musée national d’Art moderne, Paris). Il est caractéristique de sa quête d’une vision synthétique et assouplie de l’après-cubisme. Il cherche, et y parvient par l’usage du fond noir ou sombre, à combiner un effet de profondeur, qui fait saillir les objets et résonner les couleurs, et un effet de planéité du tableau, sans arrière-plan. Le vocabulaire de plans et d’aplats est certes celui des années cubistes, mais il s’intègre dans un art d’équilibre et d’ordonnancement de l’espace pictural.

Féru de musique, très lié à Erik Satie (à la mort du compositeur, il rachètera son piano), Braque rend ici hommage à celui qui vient de donner (en 1920) plusieurs auditions de la symphonie dramatique Socrate. Il le fait dans une composition qui manifeste un sens du rythme et du « phrasé » d’inspiration très musicale.

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