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Vierge à l'Enfant entourée d'anges, la [Jean Fouquet]

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Fouquet (Jean), Vierge à l'Enfant entourée d'angesFouquet (Jean), Vierge à l'Enfant entourée d'anges

Vierge à l'Enfant entourée d'anges, la [Jean Fouquet], peinture de Jean Fouquet, réalisée vers 1452.

Le panneau (peinture sur bois, 91,3 x 83,3 cm, musée royal des Beaux-Arts, Anvers) est la partie droite du Diptyque de Melun (destiné à l’église Notre-Dame de Melun), aujourd’hui dissocié. Du cadre original, il ne reste qu’un médaillon peint sur cuivre et signé, probable autoportrait (musée du Louvre, Paris). Le panneau de gauche (Gemäldegalerie, Berlin) représente Étienne Chevalier, commanditaire de l’œuvre, trésorier du roi, proche et exécuteur testamentaire (en 1450) d’Agnès Sorel ; il est représenté en prière, dans un décor d’inspiration florentine, aux côtés de saint Étienne qui intercède pour lui auprès de la Vierge, représentée sur le panneau droit. Dotée des traits d’Agnès Sorel, favorite du roi Charles VII, d’une pâleur rappelant certains bas-reliefs de marbre, elle tient l’Enfant assis sur ses genoux, décentré sur le côté. D’une monumentalité sculpturale, elle se détache d’un dessin ferme adouci par le modelé sur un fond dense d’anges rouges ou bleus inspirés de l’enluminure et du vitrail, figures irréelles d’un monde encore proche du féerique médiéval. Les formes sont simplifiées jusqu’à la géométrisation (sphère du sein dénudé et du front, ligne du buste, drapé du manteau, etc.). Reprenant un schéma antérieur dont on a retrouvé la trace sous la peinture du portrait de Charles VII, roi de France (v. 1445 ou 1450, musée du Louvre), le panneau de la Vierge est d’un caractère plus gothique, moins « moderne » que le panneau d’Étienne Chevalier. Ils ont néanmoins en commun un espace encore rare autour des figures principales, d’habitude plus resserrées (Portrait d’un bouffon dit Gonella, v. 1444, Kunsthistorisches Museum, Vienne).

L’art de Fouquet, fondé sur sa science de la miniature et pénétré du classicisme déjà inscrit dans la sculpture des ateliers royaux du XIVe siècle, est inspiré du réalisme des Flamands Van Eyck et Petrus Christus. Mais il s’enrichit en Italie au contact du sculpteur architecte Filarète et des œuvres de Fra Angelico (dont l’empreinte est sensible dans la Visitation des Heures d’Étienne Chevalier, 1452-1460, musée Condé, Chantilly), de Donatello, de Piero della Francesca ou de Masaccio, intégrant une nouvelle conception de l’espace et de la profondeur. Il fait cependant la synthèse de tous ces éléments sans rien perdre de son regard attentif de miniaturiste, de son approche presque rustique du réel, de son sens de l’expression.

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