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  • Jules Dalou - L'Histoire en Ligne

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Dalou, Jules

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Dalou, Jules (1838-1902), sculpteur français, tardif représentant du réalisme.

Né à Paris, Jules Dalou, fils d’un ouvrier gantier, présente très tôt des dons artistiques. Il reçoit l’enseignement de Carpeaux à la « Petite École » (école spéciale de dessin), puis fait un court passage à l’École des beaux-arts à l’âge de 15 ans. Avant tout praticien scrupuleux, il acquiert aisément un savoir-faire protéiforme, que caractérise l’éclectisme de son œuvre.

En effet, dans la scénographie colossale du Triomphe de la République inauguré sur la place de la Nation le 19 novembre 1899, l’ornemaniste et le décorateur chevronnés se doublent d’un sculpteur qui a longtemps vécu de modèles de tous styles destinés aux orfèvres comme Fannière et aux décorateurs comme Lefèvre. Dans cette œuvre, attributs multiples, ornements de style Louis XIV, char tiré par un lion et figure de femme inspirés de Rubens voisinant avec des ouvriers en tenue de travail, résument aussi bien ses convictions républicaines que sa devise, selon laquelle « il faut apprendre sa leçon avant de la réciter en public ».

Communard condamné aux travaux forcés à perpétuité, il s’exile à Londres de 1871 à 1880, date à laquelle il est amnistié. Sa série d’œuvres intimistes, dont la première, la Brodeuse du Salon de 1870, reçoit un accueil favorable. La Paysanne française exposée en 1873 à la Royal Academy est sans doute la première femme de sa condition débarrassée des oripeaux de l’allégorie. La reine lui commande néanmoins le groupe dit Windsor (1878), plus conventionnel. Aussi songe-t-il longtemps à un monument « à la glorification des travailleurs » : une pyramide d’environ 33 m entourée de seize ouvriers en tenue de travail de 2,50 m de haut ; celle-ci ne verra jamais le jour, mais le musée du Petit Palais en conserve les maquettes. Entre-temps, Dalou aura travaillé à un haut-relief de 1883 représentant Mirabeau répondant à Dreux-Brézé — célébré en son temps pour ses dimensions (2,36 m × 6,54 m) et son extraordinaire finition ; il a travaillé également au monument de Delacroix (1884-1890, jardin du Luxembourg) puis, en dreyfusard intrépide, à celui de Scheurer-Kestner (1899), tous deux érigés au jardin du Luxembourg à Paris.

Pour Jules Dalou, la sculpture, au-delà de la recherche d’un style, répond à sa volonté de « mettre ses actes en accord avec ses “opinions” ».

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