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Résultats avec Windows Live® Search Jacquet, AlainArticle
Jacquet, Alain (1939- ), artiste contemporain français. Fidèle au courant Mec Art dont il est issu — art « mécanique » —, il construit ses œuvres avec des logiciels graphiques. Né à Neuilly-sur-Seine, Alain Jacquet s’intéresse dès le début des années soixante à l’image dans une perspective qui peut être qualifiée de pop, mais sans lui conférer le caractère de ready-made que lui donnent les Américains, qu’il s’agisse d’Andy Warhol ou de Robert Rauschenberg. En effet, le regard de Jacquet sur le phénomène de prolifération et de reproduction dans lequel sont engagées les images ne vise ni à ériger celles-ci en objets, ni à en montrer la déperdition de sens, mais cherche au contraire à en réactualiser la puissance symbolique. En s’appropriant le mécanisme même de reproduction des images, Jacquet s’inscrit dans le courant Mec Art dès la conceptualisation de celui-ci par le critique Pierre Restany, et il en sera l’un des principaux protagonistes. Le Mec Art, qui utilise les procédés photographiques de report sur des supports variés, fait « du cliché reporté un élément actif d’intervention sur le champ visuel, le catalyseur de la restructuration mécanique de l’image » (Restany). Jacquet va ainsi reprendre un certain nombre d’images, des chefs-d’œuvre de la peinture (Botticelli, De Chirico, Uccello, etc.), ou des signes de l’environnement urbain, qu’il va d’abord s’attacher à camoufler en les superposant, limitant sa palette aux six couleurs prismatiques (série des Camouflages, 1963). Puis il présente le Déjeuner sur l’herbe (1964), nouvelle version du célèbre tableau de Manet, où Jacquet photographie la même scène avec ses propres amis, reporte le cliché en trichromie sur la toile, en utilisant une trame agrandie qui dissocie les couleurs et empêche de discerner convenablement les contours. Ici l’image est comme pulvérisée ; l’artiste la fait ensuite éclater en découpant des fragments qu’il reproduit et agrandit encore, sélectionnant les couleurs ou grossissant la trame, isolant le point (Portrait of a man, 1964 ; la Limite entre la terre et l’eau, 1965). Diversifiant les supports (Plexiglas, toile de jute, panneau d’Isorel, etc.), Jacquet poursuit le travail commencé sur la trame en s’intéressant à des systèmes comme le braille (Braille Smoke Signal, 1969). Système de points producteur de sens, le braille est aussi la synthèse des langages, universellement compréhensible. Avec la Baratte (1971-1975), sculpture exposée à la biennale de Venise en 1976 et composée de 64 disques superposés où sont inscrits les 64 signes du braille, le spectateur peut écrire dans toutes les langues du monde. À partir de 1972, Jacquet opère un retour à la peinture. Prenant une photographie du globe terrestre de la NASA, il s’aperçoit qu’on peut y discerner quantité d’images et de formes, mythologiques, visages, animaux, etc. Ainsi naît The First Breakfast (1972), image de la Terre telle qu’elle est vue par les cosmonautes, et qui constitue la matrice d’une longue série, à partir de 1978, de « peintures de visions » tableaux élaborés avec un ordinateur. Ici encore, comme dans les toiles inspirées par la pensée ésotérique (Mandala, 1972, transposition en braille du Yi-king), qui est un autre système de synthèse, ou par les espaces paradoxaux (Mâ coco, 1970, sur l’anneau de Moebius), il s’agit de faire émerger les figures de notre inconscient, de transmuter en symbolique la réalité du physicien (la Vérité sortant du puits, 1983, œuvre de synthèse qui est l’image renversée de The First breakfast ; Space Ship, 1988 ; Horse Head In A Mirror, 1989). Nouvelle synthèse des discours et des savoirs, alchimie des images, le travail récent de Jacquet confirme l’étendue de son questionnement, celui d’un regard qui construit une vision à la fois poétique et métaphysique de l’univers.
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