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Résultats avec Windows Live® Search Ligue des droits de l'homme [LDH]Article
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Ligue des droits de l'homme [LDH], association française fondée en juin 1898 pour la défense des droits des individus et des valeurs de justice et d’égalité.
La Ligue des droits de l’homme (LDH) naît au cours de l’affaire Dreyfus qui déchire la IIIe République. L’initiative de sa création revient au sénateur républicain modéré Ludovic Trarieux, ancien ministre de la Justice. Celui-ci suggère la création d’une telle association durant le procès d’Émile Zola, poursuivi en diffamation, en février 1898, à la suite de la publication de « J’accuse » le 13 janvier de la même année. Présidée par Trarieux, la LDH regroupe des hommes politiques et de nombreux intellectuels républicains, parmi lesquels Victor Basch ou Lucien Herr, tous favorables à la révision du procès du capitaine Alfred Dreyfus. Une même conviction unit ses membres : Dreyfus a été condamné injustement au nom de la raison d’État. Contre celle-ci, ils entendent défendre la vérité, la justice, et les droits de l’individu. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est le fondement de leur action. Viendra s’y ajouter, en 1948, la Déclaration universelle de 1948, dont René Cassin, membre du Comité central de la LDH, est l’un des auteurs.
Le succès de la LDH est rapide : le nombre des adhérents, inférieur à 9 000 un an après sa création, dépasse 40 000 dix ans plus tard et atteint 180 000 au début des années trente. Elle mobilise les citoyens à l’occasion de meetings, au moyen de pétitions et de manifestations. Forte de son influence dans l’opinion et du prestige des membres de son comité central — parmi lesquels de nombreux juristes — elle intervient auprès des pouvoirs publics dès qu’elle juge bafouées les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité. La LDH est également une société de pensée dont le comité central est dominé, sous la IIIe République, par les radicaux qui, à l’exemple d’Édouard Herriot, trouvent dans ses sections locales des appuis décisifs pour leur ascension politique. Toutefois, l’influence socialiste, et dans une moindre mesure anarchiste, ne va cesser de grandir au sein de la ligue. En 1903, un député socialiste, Francis de Pressensé succède au fondateur. Il engage la LDH dans la défense du droit syndical, au prix de dissensions internes. Venant après le radical Ferdinand Buisson, président de 1913 à 1926, le philosophe socialiste Victor Basch prône la réconciliation avec l’Allemagne, soutient les républicains espagnols et, malgré des résistances au sein de la ligue, implique celle-ci dans le rassemblement de la gauche antifasciste, à partir de juillet 1935. Pour Basch, qui, à l’exemple des militants de la LDH, combat le nazisme et Vichy et est assassiné en 1944 par la Milice, la Ligue des droits de l’homme doit être la « Vigie de la République ». Si elle ne mobilise plus autant d’adhérents après la Seconde Guerre mondiale, la LDH demeure influente, en grande partie grâce à la personnalité de ses présidents successifs, dont le physicien Paul Langevin de 1944 à 1946, l’avocat et historien Henri Noguères (président de 1975 à 1984), les avocats Yves Jouffa (président de 1984 à 1991), Henri Leclerc (président jusqu’en juin 2000) et Michel Tubiana, l’actuel président. En 1991, une femme, l’historienne Madeleine Rébérioux accédait à la présidence de la ligue. Engagée durant les guerres de décolonisation contre l’utilisation de la torture, la LDH a poursuivi sa dénonciation des atteintes aux droits de l’homme dans les pays comme le Maroc ou la Chine, et s’est exprimée plus récemment en faveur d’une enquête internationale sur les massacres de civils en Algérie. En France, elle a pris position pour l’abolition de la peine de mort, s’est engagée depuis les années quatre-vingt contre la montée du racisme et pour l’extension des droits des étrangers. La LDH s’est aussi posée en défenseur de la laïcité, garante à ses yeux de l’égalité républicaine et a mis en garde contre les dangers du communautarisme.
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