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hard rock

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Présentation

hard rock, (littéralement « rock dur »), genre musical issu du rock apparu à la fin des années 1960 en Grande-Bretagne, caractérisé par l’agressivité et la puissance sonore et par le chant paroxystique du chanteur.

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La genèse du hard rock : l’avènement de l’électricité dans le rock

La génèse du hard rock s’enracine dans l’interprétation du blues et du rhythm and blues américains par des groupes britanniques tels que The Kinks, The Who, The Yardbirds ou Cream (formé par le guitariste Eric Clapton, le bassiste Jack Bruce et le batteur Ginger Baker). Dès le milieu des années 1960, ces groupes pratiquent un jeu essentiellement fondé sur le riff, hérité de la tradition musicale afro-américaine (jazz, blues puis rock and roll) ; inlassablement répétée, cette petite phrase mélodique vient se substituer à la traditionnelle rythmique en accord plaqué.

L’un des morceaux archétypaux du proto-hard rock demeure « You Really Got Me » des Kinks. Les Who apportent quant à eux une violence scénique inédite (bris de guitares et d’amplis) et une augmentation sensible du volume sonore qui confine, avec le guitariste Pete Townshend, à l’agression pure. Les Yardbirds, grâce à leur guitariste Jeff Beck, expérimentateur de la première heure, sont maîtres dans l’art de la distorsion et du « dérapage » instrumental. Mais c’est sans doute Cream, le premier des « supergroupes » (réunion de fortes individualités doublées de musiciens virtuoses dans leur catégorie), qui préfigure le mieux le genre en intensifiant le rythme binaire et en introduisant toujours plus d’électricité. Sur le plan de la performance, le groupe consacre l’image du musicien virtuose (souvent un guitariste, traité en véritable guitar hero).

L’Amérique a également apporté sa contribution à l’émergence du hard rock : l’album Heavy (1968), au titre prophétique, du groupe psychédélique Iron Butterfly ; la reprise du « Summertime Blues » d’Eddie Cochran par Blue Cheer en 1968 ou encore la musique de Vanilla Fudge. Quant à Jimi Hendrix, il a considérablement œuvré pour élargir les possibilités de la guitare (instrument-roi du hard rock) en recourant à tous les effets sonores et à toutes les possibilités de l’amplification.

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Led Zeppelin, le groupe de la synthèse

Il revient à Led Zeppelin d’avoir cristallisé puis dépassé ces influences avec ses deux premiers albums, Led Zeppelin I et Led Zeppelin II, qui posent les bases du hard rock. Aux racines noires (le blues), le groupe va progressivement ajouter des éléments folk, voire celtes et indiens. Le premier album alterne ainsi bouffées de violence (« Communication Breakdown ») et ballades (« Babe I’m Gonna Leave You ») ; les paroles sont outrancières et frisent parfois la caricature (machisme, sexisme). C’est cependant en concert que le groupe gagne ses lettres de noblesse et conquiert le public américain avant d’obtenir une reconnaissance anglaise au festival de Bath en juin 1970 et de détrôner les Beatles dans le référendum du Melody Maker (célèbre hebdomadaire musical britannique) organisé en fin d’année. Sur scène, pendant deux, voire trois heures, Led Zeppelin vise à une extase par la frénésie en délivrant un message apocalyptique qui mêle sexe, chaos et destruction. Comme en témoignent les critiques acerbes qui accueillent la musique du « Dirigeable », le hard rock va désormais vivre sur le divorce entre le public et la presse spécialisée.

Deep Purple, qui se cherche depuis son premier album (Shades of Deep Purple, 1968), parvient à ses fins avec Deep Purple in Rock (1970) : les hurlements suraigus du chanteur Ian Gillian, l’orgue omniprésent de Jon Lord et les riffs de Ritchie Blackmore contribuent à façonner une autre facette de ce genre naissant. La pochette de leur album résume bien le gigantisme et le monolithisme sonore du genre : on y voit les effigies en pierre des membres du groupe sculptées dans le mont Rushmore (en lieu et place de quatre présidents américains). Enfin, Black Sabbath impose ses tempos moyens, ses rythmiques « en plomb » et ses paroles versées dans l’occultisme grâce à « Paranoïd » qui devient l’un des hymnes de l’année 1971. En outre, à ses débuts, le hard rock ne dédaigne pas politiser son propos, comme en témoigne le « War Pigs », chanson extraite de l’album Paranoid (1971) du même Black Sabbath, dénonçant la guerre du Viêt Nam.

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Postérité et influences du hard rock

Les exemples de Led Zeppelin, de Deep Purple et de Black Sabbath vont inspirer dans les décennies suivantes une légion de groupes, parmi lesquels Alice Cooper, Blue Öyster Cult, Aerosmith, Def Leppard, Grand Funk Railroad, Thin Lizzy, AC/DC et Kiss.

Devenu le genre majeur des années 1980 — grâce au hard FM (voir rock), version édulcorée destinée aux ondes —, le hard rock a essaimé en une kyrielle de sous-genres qui défient l’inventaire ; seuls les inconditionnels et les professionnels distinguent le Heavy Metal (AC/DC, Aerosmith), le Hair Metal (Def Leppard, Bon Jovi), le Speed Metal (Metallica, Pantera, Slayer ou encore Megadeth), le Trash Metal (Anthrax, Sepultura), le Death Metal, l’Industrial Metal (Rammstein, Marilyn Manson), le Funk Metal (The Red Hot Chili Peppers, Fishbone), le Progressive Metal (Queensrÿche), le Black Metal, le Rap-Metal (Rage Against the Machine, Limp Bizkit), l’Alternative Metal (Deftones, Helmet, Faith No More) ou le Grindcore (Napalm Death). Gageons qu’il s’agit pour chacune de ces ramifications d’un dosage subtil de vitesse, de violence, de saturation du son et de la thématique dominante abordée dans les textes.

Identifié aujourd’hui comme le mouvement phare des années 1970 (par ailleurs le moins compromis avec une décennie riche en groupes privilégiant une démarche commerciale), le hard rock est aussi objet de nostalgie, comme en témoigne sa relecture par le mouvement grunge. Si le genre peut paraître émoussé, voire moribond, il se survit éternellement à force de croisements et de fusion ; de Pearl Jam à Metallica, de Nirvana à Megadeth, de Ministry à Slayer, il n’est pas de groupes qui ne se soient réclamés au cours de leur carrière de l’exemple des pionniers.

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