Le choix d'Encarta
Consultez les ouvrages concernant Hernani [Victor Hugo] et sélectionnés par l'équipe éditoriale d'Encarta
Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur Hernani [Victor Hugo]

Résultats avec Windows Live® Search

  • Hernani de Victor Hugo

    Hernani, Victor Hugo sur alalettre site dédié à la littérature, biographie, oeuvre , auteurs, romans

  • hernani

    Thème Hernani est une protestation contre le système dramatique. Pas d'unité de lieu, la scène est tantôt à Saragosse, tantôt dans les montagnes d'Aragon ...

  • Victor Hugo, Hernani

    Pistes de lecture pour le commentaire de la scène 2 de l'acte IV de la pièce Hernani de Victor Hugo.

Afficher tous les résultats dans le contenu
Résultats avec Windows Live® Search

Hernani [Victor Hugo]

Article
Médias
Victor HugoVictor Hugo
Plan de l'article
1

Présentation

Hernani [Victor Hugo], drame en cinq actes et en vers de Victor Hugo, représenté pour la première fois en 1830 à Paris à la Comédie-Française.

La création, qui consacre l'entrée du drame romantique dans le sanctuaire du classicisme, donne lieu à la célèbre « bataille d'Hernani ». Mlle Mars y joue Doña Sol. La pièce est reprise en 1867, édulcorée par la censure. En 1877, Sarah Bernhardt joue Doña Sol, Mounet-Sully Hernani. En 1985, Antoine Vitez, qui joue lui-même Don Ruy en alternance avec Pierre Debauche, confie les rôles principaux à Jany Gastaldi (Doña Sol), Aurélien Recoing (Hernani) et Redjep Mitrovitsa (Don Carlos).

Hernani, le banni, est amoureux et aimé de Doña Sol, promise à son oncle Don Ruy Gomez, et courtisée par le roi Don Carlos. Hernani empêche le roi d'enlever la jeune fille, mais il renonce à l'emmener dans sa fuite, car il craint pour sa sécurité. Le jour des noces entre Doña Sol et son oncle, surgit Hernani, dont la tête est mise à prix. Le roi survient, mais Don Ruy refuse de livrer son hôte, et le roi enlève Doña Sol à sa place. Don Ruy passe alors un pacte avec Hernani : ce dernier mourra quand Don Ruy l’exigera, et, en échange, Don Ruy sera son bras dans la vengeance. Élu empereur, Don Carlos (Charles-Quint) pardonne aux conjurés, au nombre desquels figurent ses deux rivaux ; il restitue ses titres de noblesse à Hernani et lui laisse Doña Sol. Le soir des noces, Don Ruy jaloux exige de Hernani qu’il respecte son pacte, et donne sa vie. Mais Doña Sol boit le poison la première. Après la mort des amants, Don Ruy désespéré, se suicide.

2

Un drame complexe

Malgré son intrigue romanesque et ses nombreux retournements de situation, cette pièce n'est pas mélodramatique ; en effet, les personnages de ce drame sanglant ne sont pas manichéens : le jeune premier, Hernani, vigoureux, révolté, amoureux, est une « force qui va » vers un idéal imprécis, et qui ne dirige nullement son destin. Le roi Don Carlos, énergique, immoral, mais aussi chevaleresque, n'est pas un pur tyran : l'élection à l'Empire le transforme en grand homme conscient de sa responsabilité historique. Le vieux Don Ruy réunit le type du barbon de comédie et du père noble de tragédie en un personnage original, à la fois ridicule, émouvant et terrifiant. Doña Sol, enfin, n'est pas une pure victime : elle reçoit chez elle la nuit son amant hors-la-loi ; noble et courageuse, d'un tempérament vif, elle préfère mourir que de survivre à l'homme qu'elle aime.

3

Le puissant virtuel, ou la métamorphose des figures

À la richesse des désirs et des motivations des personnages correspond la complexité du message politique : face à Don Ruy Gomez, qui incarne les valeurs féodales révolues, Don Carlos figure d'abord l'injustice d'un pouvoir royal tyrannique, avant de se métamorphoser en empereur clairvoyant, attentif au mouvement du peuple-océan qui bouge sous ses pieds. Quant au héros, figure du peuple, sa quête reste incertaine : victime de la tyrannie (son père a été exécuté par celui de Don Carlos), il est devenu chef de bande, mais finit par récupérer ses titres de noblesse ; comparé à celui de Charles-Quint, son projet politique reste flou.

La beauté de l'œuvre réside aussi dans l'intrication de l'histoire d'amour et de l'intrigue politique. Le dénouement pathétique est construit sur le modèle de Roméo et Juliette, mais alors que chez Shakespeare, le sacrifice des amants permet la réconciliation des deux familles, la mort de Doña Sol et de Hernani ne profite à personne, n'est rachetée par aucune providence.

4

Une bataille mémorable

A sa création, la pièce fait scandale. Hugo s'y attend. Pour la première, le 25 février 1830, il fait donc venir nombreux ses jeunes amis romantiques (à leur tête Théophile Gautier, impressionnant avec son gilet rouge et sa barbe hirsute), pour la défendre contre les classiques, qui voient d'un très mauvais œil l'entrée du romantisme à la Comédie-Française. Ses adversaires littéraires et politiques sont libéraux, Hugo étant encore à cette date royaliste. On a du mal à s'imaginer aujourd'hui en quoi la pièce peut choquer : elle est sifflée dès le deuxième vers, tant elle bouscule les canons classiques. L'alexandrin surprend par sa souplesse, ses interruptions d'une réplique à l'autre, sa simplicité syntaxique, l'usage fréquent de l'enjambement et du rejet. On voit un roi se réfugier dans une armoire, un manteau dégoulinant d'eau, des suicides en série. La pièce a pourtant été autorisée, car le censeur a eu peur du ridicule s'il avait interdit Hernani après Marion Delorme ; mais son rapport est instructif : « le roi s'exprime souvent comme un bandit, le bandit traite le roi comme un brigand. La fille d'un grand d'Espagne n'est qu'une dévergondée, sans dignité ni pudeur. » Finalement, la première est un triomphe, le public étant conquis par la poésie, la fraîcheur, l'audace et la liberté de ton de la pièce ; mais la « bataille d’Hernani » se poursuit les jours suivants.

Le drame a été magnifiquement adapté à l'opéra par Verdi, sous le titre Ernani (créé en 1844 à Venise).

Rechercher dans tout le texte de l'article
Afficher cet article au format imprimable
Envoyer




© 2008 Microsoft