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Résultats avec Windows Live® Search Pièces de guerre [Edward Bond]Article
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Pièces de guerre [Edward Bond] (War Plays), trilogie d’Edward Bond, constituée de Rouge Noir et Ignorant, la Furie des Nantis et Grande Paix. Écrite en 1985, créée en France la même année par Michel Dubois, la trilogie a été mise en scène par Alain Françon au Festival d’Avignon 1994. Œuvre majeure du dramaturge britannique, les Pièces de guerre forment une poignante fresque décrivant le monde dévasté après une guerre nucléaire. Elles s’imposent par leur dimension (leur représentation intégrale s’étend sur près de huit heures) et par leur écriture, et sont traversées par un souffle et par des images d’une grande puissance. On y retrouve les thèmes autour desquels Bond a construit toute son œuvre.
Les trois pièces sont indépendantes. Elles entretiennent, cependant, de larges correspondances, toutes ayant pour cadre le monde ravagé après un conflit nucléaire, mais chacune adoptant une forme complètement différente. Rouge Noir et Ignorant, composée sous forme de saynètes didactiques inspirées de l’agit-prop, montre comment la violence qui engendre la guerre s’immisce dans les comportements sociaux quotidiens. La Furie des Nantis, dont la structure s’apparente à celles des tragédies grecques, décrit l’autodestruction d’une communauté qui n’a pas su se construire sur des fondements humains. La troisième, Grande Paix, à travers l’odyssée d’une femme dans les décombres du monde, présente la difficile quête de l’humanité dans un monde inhumain.
Bond ne recourt à aucun artifice pour mettre en scène la fin du monde et la désolation qui lui succède. L’apocalypse est rendue extraordinairement présente par les récits empreints de gigantisme et de fantastique que viennent en faire les personnages dont la présence même témoigne de l’événement : on y rencontre un homme qui marche seul depuis vingt ans, un groupe de rescapés vivant sur un stock de boîtes de conserve, subitement en proie à une hystérie destructrice à l’approche de la mort, un « Monstre » mort in utero pendant les bombardements, qui raconte « la vie qu’il n’a pas vécue », un escadron de soldats égarés qui se croient morts, une communauté de survivants qui réinventent l’électricité, les machines et la ville, et surtout cette femme qui traverse un désert vitrifié avec une carriole et un tas de chiffons qu’elle prend pour son enfant.
À travers cette trilogie, c’est de notre monde que Bond veut nous parler. L’apocalypse nucléaire apparaît ici autant comme un risque réel que comme une métaphore des destructions causées par les logiques internes de nos comportements sociaux. En créant des situations théâtrales souvent extrêmes où le comportement des personnages apparaît paradoxal, Bond entend, sans proposer ni réponse ni solution aux questions qu’il soulève, pousser le spectateur à s’interroger constamment sur ce qu’est un être humain aujourd’hui.
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