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  • Les amours de Sony Labou Tansi

    Le journal Mwinda sur le web ... Mercredi 15 juin, 22h00 Suite et fin de notre hommage au grand écrivain congolais décédé il y a de cela dix ans (1)

  • Sony Labou Tansi

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Labou Tansi, Sony

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Labou Tansi, Sony (1947-1995), écrivain congolais, représentant de cette nouvelle génération d’auteurs dont les personnages sont inspirés des nouveaux maîtres de l’Afrique postcoloniale.

Né à Kimwanza, près de Brazzaville, instituteur, puis professeur d’anglais, Marcel Sony, dit Sony Labou Tansi, ou « Sony » pour ses amis, entreprend de réinventer le français à travers les images que lui suggèrent le kikongo, le lingala, et le kituba, langues nationales qu’il parle couramment. La radio et le théâtre lui donnent à cet égard l’occasion de manier « les mots et les choses » pour les mettre au service de virulentes critiques sociales et politiques (Conscience de tracteur, 1979 ; Je soussigné cardiaque, 1981 ; la Parenthèse de sang, 1981 ; Antoine m’a vendu son destin, 1986 ; Moi, veuve de l’empire, 1987 ; l’Arc en terre, etc). Ses pièces, présentées au festival francophone de Limoges à partir des années quatre-vingt — mais aussi à New York — ont été jouées par le Rocado Zulu Théâtre, qu’il a fondé en 1979.

Parallèlement à cette activité de dramaturge propre à toucher le grand public, il publie un premier roman en 1981 (la Vie et demie), fable politique sur les « hommes providentiels » installés par des puissances étrangères, et que le peuple parvient à chasser. Ce roman est suivi de quatre autres romans dont les Sept Solitudes de Larsa Lopez (1985) et le Commencement des douleurs (1995). Il est également l’auteur de nombreux poèmes (Poèmes et vents lisses, 1995).

Critique acerbe et cinglant du régime qui préside aux destinées du pays depuis l’indépendance, il appuie le mouvement de démocratisation vers laquelle s’engage le Congo à partir de 1991, et se range aux côtés de Bernard Kolelas, le leader du principal mouvement d’opposition. En 1993, il est élu député de Brazzaville pour le compte du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI). Mais il est vite déçu par les manœuvres du nouveau président Lissouba et lui adresse une lettre ouverte, ce qui lui vaut la confiscation de son passeport. Celui-ci ne lui sera rendu qu’après une forte mobilisation internationale en sa faveur. Il meurt du sida en 1995 alors que les ambitions des leaders politiques congolais, contre lesquelles il a tant vitupéré dans ses œuvres, viennent de déclencher la première guerre civile à Brazzaville.

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