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Après-midi d'un faune, l' [Stéphane Mallarmé]

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Manet, Portrait de Stéphane MallarméManet, Portrait de Stéphane Mallarmé
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1

Présentation

Après-midi d'un faune, l' [Stéphane Mallarmé], églogue de Stéphane Mallarmé, publiée une première fois en 1876, dans une édition de luxe illustrée par Manet, puis sous sa forme définitive en 1887 dans la Revue indépendante.

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Une genèse compliquée

Avant d’être inclus dans les Poésies en 1887, ce poème a connu une gestation agitée, inséparable de celle d’Hérodiade, cette « scène » à laquelle il succède immédiatement et fait donc pendant, dans la composition par Mallarmé du recueil de ses vers.

Comme l’été par rapport à l’hiver, le Faune, « intermède héroïque », est l’alternative au « cher supplice stérilisant » d’Hérodiade, dans les années 1865-1875. Des différentes pièces qui le composent à l’origine (« Monologue d’un faune », « Dialogue des nymphes », « Réveil du faune »), seule demeure, après le refus opposé par Théodore de Banville et Coquelin au comité du Théâtre-Français, la première qui, remaniée en 1875 sous le titre Improvisation d’un faune, ne trouva pas meilleur accueil auprès de François Coppée, Anatole France et à nouveau Banville, au Parnasse contemporain.

3

L'heure fauve

Un faune, se réveillant, s’interroge sur le souvenir qu’il conserve de deux nymphes. Il se demande si elles n’ont été qu’un rêve, émanation des roses, ou une projection de ses sens. Par compensation de son désir frustré, le Faune chante cette aventure pleine d’ombre et de faute, commente, à la fois exalté et apaisé, les visions fragmentaires qui lui restent des deux corps évanouis.

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« Une fête s'exalte en la feuillée éteinte »

À Hérodiade, la vierge inhumaine, incompréhensible à sa Nourrice, qui préfère aux pauvres destinées coutumières de la beauté la solitude de sa « splendeur fatale » dans l’attente d’« une chose inconnue », le Faune oppose l’amour vibrant des « dormeuses », l’ivresse de leurs chairs humides, la souplesse de la « blancheur animale » et l’éveil de leurs émois. Chant érotique, sans pudeur ni innocence, voué à la passion « pourpre » éclatant telle une grenade, et hymne solaire dont se souviendra Paul Valéry, après que le célèbre Prélude de 1894 de Claude Debussy lui aura donné sa somptueuse traduction musicale.

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