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Garde-barrière Thiel, le [Gerhart Hauptmann], étude romancée de Gerhart Hauptmann, parue pour la première fois en 1888 sous le titre Bahnwärter Thiel dans la revue des écrivains naturalistes, Die Gesellschaft (la Société).
Thiel épouse une jeune femme frêle et maladive. Après deux années de mariage, elle met au monde un fils (Tobie) et meurt. Ne s’imaginant pas élever seul l’enfant, Thiel se remarie un an après avec Lene, paysanne fruste que tout oppose à sa première épouse. Cette nouvelle union se révèle très vite être un fardeau qu’il tente de fuir en se réfugiant dans le souvenir de sa défunte. La naissance d’un deuxième enfant et les mauvais traitements de Lene envers Tobie rendront de jour en jour la situation plus intolérable. La mort de Tobie, fauché par un train rapide, plonge radicalement ce père désespéré dans une folie meurtrière qui se retourne contre son épouse et son nouveau-né.
Le récit du Garde-barrière Thiel — que l’auteur des Tisserands, volontairement, appelle étude et non nouvelle — annonce les thèmes majeurs de l’œuvre future de Hauptmann. Le Voiturier Henschel (Fuhrmann Henschel), pièce publiée en 1898 et mise en scène la même année à Berlin, en est l’exemple. Thiel incarne la tragédie de l’homme déchiré, incapable de gérer les mondes qui coexistent en lui. Il mène une double vie, partagé entre deux femmes, entre passé et présent, intérieur et extérieur. Confondu et impuissant, cet homme à l’existence simple fuit la réalité et se réfugie dans le rêve et le culte. Œuvre de jeunesse de celui qui se verra décerner le prix Nobel de littérature en 1912, le Garde–barrière Thiel introduit dans la littérature la dimension sociale qui sera au cœur du naturalisme.
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