Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur saint-simonisme

Résultats avec Windows Live® Search

  • LES POLYTECHNICIENS ET L'AVENTURE SAINT-SIMONIENNE

    Le saint-simonisme avait trouvé de nombreux adeptes dans notre Ecole [polytechnique] où le « Producteur » circulait de salle en salle ; cette faveur tenait en partie au fait ...

  • Saint-simonisme - Wikipédia

    Le saint-simonisme est une doctrine socio-économique, à coloration politique et idéologique, dont l'influence au XIX e  siècle fut déterminante, et qui peut être considéré ...

  • Saint-simonisme - L'Histoire par l'image

    Recherche : Saint-simonisme - Résultats : 1 réponse ... Résultat de recherche - Saint-simonisme. Recherche : Saint-simonisme. Résultats : 1 réponse

Afficher tous les résultats dans le contenu
Résultats avec Windows Live® Search

saint-simonisme

Article
Médias
Comte de Saint-SimonComte de Saint-Simon
Plan de l'article
1

Présentation

saint-simonisme, doctrine économique et sociale s’appuyant sur la pensée du comte de Saint-Simon.

Né à Paris au sein d’une famille aristocratique — il est l’arrière-neveu du duc de Saint-Simon, le mémorialiste de Louis XIV —, Saint-Simon fait très tôt preuve d’un esprit frondeur qui préfigure le libre penseur qu’il est devenu. À l’âge de treize ans, il refuse de faire sa communion, ce qui lui vaut d’être enfermé à la congrégation de Saint-Lazare. À dix-neuf ans, il quitte sa compagnie de cavalerie afin de participer à la guerre d’indépendance américaine. De retour en France, il abandonne ses privilèges nobiliaires pour mieux partager les idéaux de la Révolution. Il s’associe à un banquier suisse afin de vendre les Biens nationaux et s’assure une confortable fortune, qu’il dilapide en dépenses somptuaires, se retrouvant ruiné à quarante ans. Saint-Simon subsiste toutefois grâce à la générosité de ses amis banquiers — dont Olinde Rodrigues, l’un des principaux propagateurs de l’école de pensée saint-simonienne — et aux subsides que lui verse un ancien domestique. C’est à cette époque qu’il se consacre à la rédaction d’ouvrages — il publie en 1803 Lettre d’un habitant de Genève à ses concitoyens, puis Introduction aux travaux scientifiques du XIXe siècle en 1807 — préfigurant le courant positiviste qui va influencer la sociologie moderne.

2

La société industrielle de Saint-Simon

La pensée de Saint-Simon est marquée par les événements de son temps. L’industrialisation, née du progrès des sciences et des techniques, entraîne une mutation de la société et des forces qui la composent. Le développement de l’économie, l’apparition de nouvelles classes sociales — notamment les classes laborieuses qui prennent conscience de leur identité — bouleversent le devenir des sociétés bien plus que les changements d’ordre politique. Saint-Simon déplore que la Révolution de 1789 n’ait pas organisé les conditions de la mutation sociale qu’il appelle de ses vœux : l’avènement d’un régime républicain en lieu et place des structures de l’Ancien Régime ne suffit pas à mettre en œuvre une mutation plus profonde, celle des structures productives, qui explique le cheminement historique des sociétés. D’une façon générale, Saint-Simon fustige l’importance que les réformateurs politiques et sociaux, ou ceux qui s’affirment comme tels, accordent à la forme des gouvernements et milite en faveur d’une société industrielle dont les destinées seraient confiées aux savants, aux entrepreneurs et aux artistes.

Le rôle socialement utile de ces catégories de population est mis en avant dans un ouvrage, l’Organisateur, publié en 1819, en collaboration avec Auguste Comte, et qui contient la célèbre parabole de Saint-Simon ; dans cet hymne à l’industrie et à la science, l’auteur imagine que la France perd de façon subite ses cinquante meilleurs chimistes, physiciens, banquiers, cultivateurs, entrepreneurs, etc., autrement dit ses meilleurs représentants dans les arts, les sciences et l’industrie. « La nation deviendrait alors un corps sans âme […], elle tomberait dans un état d’infériorité vis-à-vis de nations dont elle est aujourd’hui la rivale […]. Il faudrait à la France au moins une génération pour réparer ce malheur. » Parallèlement, il examine l’hypothèse selon laquelle, conservant ces hommes de génie, la France perdrait les officiers de la Couronne, les ministres, les fonctionnaires, les ecclésiastiques et les propriétaires fonciers qui vivent noblement. Saint-Simon note, non sans malice, que le peuple en serait certes affligé parce que « ces hommes sont bons », mais qu’il n’en résulterait aucun mal politique pour l’État. La raison qu’il en donne est simple : les places laissées vacantes n’auraient aucun mal à être de nouveau occupées. S’il fustige ainsi les propriétaires oisifs, Saint-Simon n’est en rien contre la propriété privée. Il constate simplement que sous le régime de son époque, la Restauration, la propriété ne sert que les intérêts d’une classe d’aristocrates qui vivent dans une certaine indolence. Il souhaite donc que le respect et le prestige dont ils jouissent se reporte vers les véritables créateurs de richesses, ceux qui assurent la prospérité économique d’une nation.

3

De Saint-Simon au saint-simonisme

Loin d’être réductrice de la pensée de Saint-Simon, cette parabole contient tous les éléments qu’il ne cesse de développer par la suite et qui seront repris par ses disciples. Soucieux de développer les forces productives, Saint-Simon fait du travail une vertu socialement utile destinée à créer, mais également à partager les richesses. Son projet « d’amélioration générale du territoire de France », pour lequel il prévoit l’instauration d’une structure politico-économique — la chambre d’intervention, sorte de gouvernement des Lumières, composé des meilleurs esprits chargés d’élaborer de grands projets de travaux d’infrastructures publics — n’est pas seulement un projet industrialiste reposant sur une organisation scientifique du travail. Il lui destine in fine une vocation sociale visant au bien-être et à la prospérité de tous.

Lorsque Saint-Simon décède, entouré de quelques disciples, en 1825, ceux-ci, parmi lesquels Prosper Enfantin, un ingénieur, et Armand Bazard, vont propager et diffuser la pensée saint-simonienne. Outre l’influence intellectuelle qu’elle exerce grâce à ses journaux, le Producteur, puis le Globe, on doit à cette école de nombreuses réalisations pratiques. Afin de favoriser l’expansion du crédit nécessaire au financement de projets industriels, les frères Péreire fondent le Crédit mobilier, tandis que d’autres entreprennent la constitution de la Compagnie générale transatlantique ou se lancent dans le projet du percement du canal de Suez et la construction ferroviaire — Enfantin fonde notamment la Compagnie de la ligne de Lyon. Ce sont autant de réalisations à porter au crédit d’hommes d’affaires et d’entrepreneurs acquis aux idées de Saint-Simon, qui agissent afin de préserver l’héritage. En matière sociale, leur action est tout entière tournée vers l’amélioration des conditions de vie de la population ouvrière. Prosper Enfantin, animateur le plus actif du saint-simonisme, constitue à Ménilmontant une communauté ouvrière modèle. Sous son influence, l’école s’organise sous une forme quasi religieuse : les adeptes portent une tenue distinctive — une veste bleue qui se boutonne dans le dos, afin que chacun ait besoin de l’autre pour la porter ou l’ôter, en signe de solidarité entre saint-simoniens —, chantent des cantiques debout et rythment leurs vies autour de divers rites initiatiques.

Sur un plan plus politique, le saint-simonisme s’interroge sur le statut de la propriété, conséquence de sa doctrine qui ne confère le droit à la richesse qu’à ceux susceptibles de la créer. C’est sur cette question que les héritiers de Saint-Simon s’opposent vigoureusement jusqu’à la scission, en 1831, entre futurs socialistes — Saint-Simon est fréquemment présenté comme un précurseur de la pensée socialiste annonçant la coupure historique entre les tenants de la propriété privée et les partisans d’une socialisation des moyens de production dont Karl Marx se fait le héraut —, communistes et libéraux de tendance sociale-démocrate préconisant une nationalisation des infrastructures productives du pays tout en limitant l’interventionnisme étatique en matière de conduite de la politique industrielle. Toutefois, ces querelles n’ont eu que peu d’impact sur l’influence réelle de l’école saint-simonienne dans le développement économique de la France, ainsi que dans le domaine de l’histoire des idées.

Rechercher dans tout le texte de l'article
Afficher cet article au format imprimable
Envoyer




© 2008 Microsoft