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encyclopédie

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1

Présentation

encyclopédie (du grec egkuklopardia), ouvrage où est exposé, dans l’ordre alphabétique, l’ensemble des connaissances universelles ou spécifiques à un domaine.

2

De la compilation à la classification

2.1

Les premières vocations encyclopédiques à l’Antiquité

Certains ouvrages de l’Antiquité, rédigés par des érudits peuvent être présentés comme des encyclopédies. Il en est ainsi du Rerum Humanarum et Divinarum Antiquitates de Varron, rédigé au ier siècle. Cette œuvre, qui ne nous est pas parvenue, couvrait la grammaire, la dialectique, la rhétorique, l’arithmétique, l’astrologie, la musique, la médecine et l’architecture. De même l’Histoire naturelle (Historia naturalis, ier siècle apr. J.-C.), de Pline l’Ancien est un précieux inventaire des connaissances des Anciens en botanique, ethnographie, médecine, minéralogie et zoologie et qui s’étend sur trente-sept livres. Mais quoique le but puisse en paraître encyclopédique, l’ouvrage reste confus dans sa composition.

2.2

Les ouvrages encyclopédiques du Moyen Âge et de la Renaissance

Dès le ve siècle apr. J.-C., Martianus Capella, érudit latin et vraisemblablement juriste à Carthage, avait composé une encyclopédie des sept arts libéraux, les Noces de Mercure et de la philologie (De Nuptiis Philologiae et Mercurii, v. 400). D’influence importante au Moyen Âge, elle tenait lieu de manuel de cours et n’avait que peu de rapport avec les encyclopédies telles que nous les concevons aujourd’hui. Allégorie en prose et en vers, cet ouvrage décrit l’union de Mercure et de la « jeune vierge très érudite » Philologia ; les différentes formes de savoir y sont personnifiées et présentées comme des demoiselles d’honneur. Martianus Capella y affirmait déjà que les planètes Mercure et Vénus tournaient autour du Soleil et non autour de la Terre.

En 623, parurent les Étymologies ou Origines, d’Isidore de Séville, encyclopédie plus complète, traitant des sept arts libéraux et couvrant les sujets les plus variés (médecine, animaux, religion, grammaire, histoire, politique, jeux, monuments, etc.). Le dixième volume, consacré à l’étymologie, suit l’ordre alphabétique. Au ixe siècle, les volumes VII à XX furent réorganisés en vingt-deux tomes et d’autres modifications furent apportées par Raban Maur, archevêque de Mayence. Son principe d’organisation autour de Dieu et des anges est resté pendant longtemps celui des encyclopédies méthodiques. Raban présenta son œuvre à Louis II le Germanique, en 847 ; elle parut en 1473 sous le titre De Universo.

Au xiiie siècle, le dominicain Vincent de Beauvais composa, à la demande de saint Louis, une vaste compilation, parmi les plus importantes du siècle : le Speculum majus. Abrégé du savoir de son époque et composé initialement de trois parties (ou miroirs) réparties sur quatre-vingts volumes, cet ouvrage rassemble les écrits de quatre cent cinquante érudits grecs, hébreux et romains. Il fut traduit en 1481 et imprimé par les soins de l’éditeur anglais William Caxton sous le titre de The Myrrour of the Worlde(« Le miroir du monde »).

L’œuvre de Vincent de Beauvais suscita de nombreuses tentatives encyclopédiques de moindre intérêt. Il faut attendre celle de Brunetto Latini pour noter une évolution notable. Maître et ami de Dante, en exil en France, il composa en français Li Livres dou tresor, (« le Livre du trésor », 1260-1266), encyclopédie au caractère merveilleux. Marquant le début de l’abandon du latin, cet abrégé très complet et très fouillé propose notamment un chapitre entièrement consacré à l’histoire politique des républiques italiennes du xiiie siècle.

En 1559, parut l’Encyclopaedia ; seu Orbis Disciplinarum tam Sacrarum quam Prophanum Epistemon … de l’écrivain allemand Paul Scalich. Compilation relativement pauvre, cet inventaire des sciences « sacrées et profanes » fut toutefois le premier ouvrage portant le nom d’encyclopédie.

Ces encyclopédies sont toutefois des ébauches dont le fond reste relativement sommaire, et l’organisation anarchique. L’ouvrage inachevé du philosophe et homme d’État anglais Francis Bacon, Instauratio Magna, fut le premier attestant d’une organisation et d’une véritable classification philosophique.

Au xviie siècle, le Grand Dictionnaire Historique (1674), de Louis Moreri utilisa un classement alphabétique, méthode également utilisée par Pierre Bayle pour son Dictionnaire historique et critique (1695-1697). Parmi les ouvrages marquants de ce siècle, on peut encore citer celui de Thomas Corneille : le Dictionnaire des Sciences et des Arts (1694).

3

Le grand tournant du siècle des Lumières

Le type d’encyclopédie que nous connaissons aujourd’hui est essentiellement le fruit du siècle des Lumières et résulte d’une intention didactique. Certaines œuvres adoptèrent encore une classification par sujets. C’est le cas de beaucoup d’ouvrages allemands des xviiie et xixe siècles. On peut notamment citer le Lehrbuch der Wissenschaftskunde (« cours d’études scientifiques », 1792), de Johann Joachim Eschenburg, le Versuch einer systematischen Encyclopädie der Wissenschaften (« essai d’encyclopédie scientifique systématique », 1796-1798), de Wilhelm Traugott Krug, l’Encyclopédie des sciences philosophiques (Encyclopädie der philosophischen Wissenschaften, 1817) d’Hegel, ainsi que l’encyclopédie d’Ephraim Chamber intitulée Cyclopædia, or an Universal Dictionary of Arts and Sciences (« Encyclopédie ou dictionnaire universel des arts et des sciences », 1728) dont s’inspira la grande Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772) de Diderot et d’Alembert en trente-cinq volumes. Il faut encore citer le dictionnaire de Trévoux rédigé par les jésuites et dont il y eut plusieurs éditions successives tout au long du xviiie siècle. D’une manière générale, la classification par matières céda le pas à l’ordre alphabétique. Ainsi l’encyclopédie, par sa forme, s’apparente au dictionnaire, et le terme de dictionnaire (ou lexique) intervient très fréquemment dans les titres des encyclopédies.

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