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sonate (de l'italien sonare, « exécuter par un instrument »), composition musicale pour un ou plusieurs instruments. La « sonate » désigne également la forme musicale typique des premiers mouvements des sonates des XVIIIe et XIXe siècles et des genres apparentés (voir Sonate, forme). Depuis le milieu du XVIIIe siècle, le terme « sonate » s'applique à des compositions en trois ou quatre mouvements destinées à un ou deux instruments, telle la sonate pour piano (seul) ou la sonate pour violon (pour violon et instrument à clavier). On utilise d'autres appellations pour des compositions calquées sur le même plan, mais destinées à d'autres combinaisons d'instruments : une sonate pour orchestre est appelée symphonie, une sonate pour instrument solo avec orchestre est un concerto, et une sonate pour quatre instruments à cordes est nommée quatuor à cordes.
Aux XVIe et XVIIe siècles, de plus en plus de compositions instrumentales (da sonare) furent intitulées sonates, par opposition aux œuvres vocales (da cantare), mais n'impliquant aucune structure spécifique ni style particulier. Apparue en Italie à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe, notamment avec l'essor de la musique instrumentale, la structure propre à la sonate comportait plusieurs parties clairement délimitées présentant des tempos et des caractères contrastés : par exemple, une danse pouvait être suivie d'une mélodie lente avec accompagnement, elle-même suivie d'une partie rapide fuguée. Cependant, les compositions de ce type étaient alors plus souvent appelées ricercare ou canzona que sonates. À partir des années 1630, le nombre de parties dans ces morceaux diminua, pour passer à trois ou quatre. Ces parties s'allongèrent et leur structure formelle devint plus complexe, tendant notamment à établir une correspondance entre rythme, harmonie et mélodie. Finalement, ces parties devinrent des mouvements distincts. À la fin du XVIIe siècle, on distingua deux catégories de sonates : la sonata da chiesa, ou « sonate d'église » (pièce grave constituée de quatre mouvements sous la forme lent-rapide-lent-rapide, reprenant la complexité contrapuntique des anciens ricercare et canzona) et la sonata da camera, ou « sonate de chambre », série de mouvements courts dérivés de la danse, et ancêtre de la suite. La combinaison d'instruments typique de la sonate au milieu et à la fin de l'ère baroque fut le trio : deux instruments mélodiques accompagnés par un continuo (instrument harmonique jouant une mélodie basse fondamentale). Le maître de la sonate en trio au XVIIe siècle fut incontestablement le compositeur et violoniste italien Arcangelo Corelli. Toutefois, celui-ci, comme beaucoup d'autres, écrivit également des sonates pour petits ensembles instrumentaux et pour instruments solistes, comme en témoignent les sonates pour violon solo et violoncelle solo de Jean-Sébastien Bach ou les sonates pour clavier solo du compositeur allemand Johann Kuhnau (1660-1728). On composa aussi des sonates pour instrument mélodique seul et continuo, par exemple les sonates pour violon du compositeur autrichien Heinrich von Biber (1644-1704). Pendant la période préclassique et au début du classicisme, la sonate d'église, sous l'influence de la sonate de chambre, acquit une forme bien définie. Elle comportait trois ou quatre mouvements, le premier généralement en forme sonate avec un tempo modéré, le deuxième utilisant plusieurs formes avec un tempo lent, et le mouvement final, faisant également appel à plusieurs formes, mais rapide. Le quatrième mouvement était un menuet précédant le mouvement final. Au cours du XVIIIe siècle, le terme « sonate » ne fut utilisé que lorsque l'instrument était un clavier solo ou un autre instrument solo accompagné par un clavier. Cette structure, ainsi que les principes de la forme sonate, imprégnèrent toute la musique de cette époque : les sonates instrumentales, mais également les symphonies, concertos, quatuors à cordes et autres compositions de musique de chambre. La sonate classique fut portée à son apogée par Mozart, Haydn et Beethoven. À l'instar de la plupart des compositeurs du XIXe siècle, Beethoven écrivit des sonates à quatre mouvements, mais à la fin de sa vie abandonna parfois cette structure pour utiliser un nombre différent de mouvements.
Au cours du XIXe siècle, la tradition de la sonate classique fut poursuivie par des compositeurs autrichiens et allemands comme Franz Schubert, Robert Schumann et Johannes Brahms. Toutefois, de nombreux compositeurs, comme le Polonais Frédéric Chopin, étaient plus à l'aise dans de courtes pièces. D'autres, comme Franz Liszt, rejetèrent pratiquement en totalité la forme traditionnelle : sa Sonate en si mineur est ainsi une longue composition en un mouvement qui rappelle plutôt le poème symphonique. En France, la sonate cyclique, sonate thématique, eut les faveurs d'Hector Berlioz, de Camille Saint-Saëns et de Gabriel Fauré. Les compositeurs du XXe siècle empruntèrent des voies très diverses pour leurs sonates. Certains compositeurs, comme l'Américain Samuel Barber (1910-1981), écrivirent de grandes œuvres virtuoses dans la tradition du XIXe siècle. D'autres, comme Igor Stravinski, revinrent aux principes classiques de sobriété et de clarté formelle. Enfin, Claude Debussy, Alexandre Scriabine, Alban Berg, Béla Bartók, ou encore le compositeur américain Charles Ives utilisèrent le terme « sonate » de manière beaucoup plus libre, simplement en référence aux grandes traditions du passé, mais en lui donnant dans leur musique une structure et un caractère foncièrement nouveaux. C'est ainsi que la signification du terme revint lentement à sa définition initiale de pièce instrumentale sans caractéristiques précises. Voir Musique, histoire de la ; Forme (musique) ; Chambre, musique de ; Classique, musique.
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