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musique classique, histoire de laArticle
Plan de l'article
Présentation ; L’Antiquité ; Le haut Moyen Âge ; Le bas Moyen Âge ; La Renaissance ; L’ère baroque ; Le préclassicisme et le classicisme ; Le romantisme ; Le xxe siècle
Un changement stylistique majeur se produit en musique au début du xive siècle avec l’apparition de l’Ars nova (en latin, « science nouvelle »), terme emprunté au titre du traité écrit en 1321 par l’un des principaux compositeurs de cette période, Philippe de Vitry. Celui-ci invente également un système de notation comportant un chiffrage des mesures, qui permet aux musiciens du xive siècle de composer avec une liberté rythmique nouvelle.
Les innovations prennent plusieurs formes. Se fondant sur le principe des modes rythmiques courts, les compositeurs de l’Ars nova utilisent des schémas rythmiques (appelés talea) d’au moins une douzaine de notes, qu’ils répètent librement dans une ou plusieurs voix du morceau. Ce nouveau principe est appelé isorythmie (du grec isos, « égal »). Les compositeurs utilisent un schéma isorythmique comme principal composant structurel dans une voix, au-dessus duquel ils tissent d’autres mélodies pour produire des polyphonies avec un effet de voix enchevêtrées. La voix fondamentale est généralement tirée du chant grégorien, appelée cantus firmus. Le genre musical dans lequel l’isorythmie est le plus utilisé est le motet, dont certains peuvent être composés de plusieurs textes chantés simultanément. Le second apport de l’Ars nova concerne la structure globale de la musique de la messe. Avant 1300, des pièces polyphoniques sont parfois écrites pour des parties séparées de la messe. Au xive siècle, toutes les composantes de l’Ordinaire de la messe sont pour la première fois traitées comme un tout par Guillaume de Machaut, chanoine, poète et compositeur français, dans la Messe de Notre-Dame. Avec l’Ars nova, pour la première fois, les grands compositeurs de l’époque écrivent de la musique à la fois profane et sacrée. Les mélodies non harmonisées chantées au xiiie siècle par les troubadours et les trouvères sont transformées par les compositeurs du xive siècle en morceaux à deux et trois voix appelés « chansons ». Le schéma de répétition des textes de ces chansons détermine la forme globale de la musique. Les formes les plus courantes en France sont le rondeau, le virelai et la ballade. Le madrigal, la caccia et la ballata sont préférés en Italie. Le compositeur italien le plus éminent du milieu du xive siècle est Francesco Landini.
Par réaction contre la complexité de l’Ars nova, les premiers compositeurs du xve siècle adoptent un style de musique plus simple avec des mélodies fluides, des harmonies plus douces et moins de contrepoint. Le compositeur anglais John Dunstable est à l’origine de ce souci de simplification. En France, la fraîcheur de son style est rapidement imitée par les compositeurs au service des ducs de Bourgogne. Leurs chansons deviennent célèbres ; dorénavant, la mélodie principale est fournie par une voix et les deux autres voix servent d’accompagnement. Suivant l’exemple de Guillaume de Machaut, ils composent des pièces pour l’Ordinaire de la messe. C’est sous leur influence que la messe devient un genre en soi, dont la portée est comparable à celle des symphonies du xixe siècle. Les messes contenant un cantus firmus sont souvent inspirées de chansons ou de mélodies profanes bien différentes des chants grégoriens, reflétant en cela l’influence croissante des centres d’intérêt profanes de la Renaissance.
Dans leur musique contrapuntique, les compositeurs de la Renaissance font largement appel à l’imitation, c’est-à-dire la répétition successive et rapprochée d’une ou plusieurs voix utilisant le même principe mélodique. La technique de l’imitation est utilisée depuis la fin du xive siècle mais, pendant la Renaissance, elle devient un élément structurel essentiel de la musique. Lorsqu’une partie imite l’autre pendant une durée relativement prolongée, on obtient un canon. Dans la musique de la Renaissance, certaines voix évoluent par paire en canon pendant un morceau entier, tandis que des imitations réduites sont données aux autres voix.
Le compositeur le plus éclectique du début de la Renaissance est Guillaume Dufay. Il écrit aussi bien des motets dont la complexité du style rappelle l’Ars nova que des chansons plus légères et modernes. Le principal compositeur de chansons polyphoniques de la première moitié du xve siècle est le Flamand Gilles Binchois. L’influence des compositeurs bourguignons décline vers le milieu du xve siècle. De 1450 à 1550 environ, la plupart des postes musicaux importants en Europe sont occupés par des compositeurs flamands, tels que Johannes Ockeghem, Jacob Obrecht, Josquin des Prés et Roland de Lassus. En général, les Flamands préfèrent un son homogène mêlant toutes les parties dans un seul et même arrangement. L’écriture est essentiellement contrapuntique, accordant une égale importance à toutes les voix. Ces caractéristiques contrastent avec la sonorité bourguignonne type, dans laquelle chaque voix a sa propre couleur (comme une voix solo accompagnée par deux instruments solistes différents) et à l’intérieur de laquelle une voix domine les autres. Les Flamands perpétuent la tradition bourguignonne consistant à écrire des chansons, des motets et des messes. Cependant, même s’ils composent des messes d’excellente facture à la fin des xve et xvie siècles, ils ne s’intéressent pas autant à la messe que les Bourguignons. Les techniques de base d’unification de la messe entière sont devenues communes à tous les compositeurs, et les textes, toujours les mêmes, offrent moins de possibilités d’innovation. C’est en grande partie pour ces raisons que le motet prend le relais comme base d’expérimentation. Les textes, issus pour l’essentiel de la Bible, stimulent l’imagination des compositeurs. Les chansons du xvie siècle ne conservent pas le charme simple des chansons d’amour de Bourgogne. Elles deviennent soit très contrapuntiques, soit pétries de clins d’œil musicaux « naturalistes » imitant le chant des oiseaux ou les cris des vendeurs de rue. Les chansons des compositeurs parisiens Claudin de Sermisy et Clément Janequin en sont des exemples typiques.
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