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musique classique, histoire de laArticle
Plan de l'article
Présentation ; L’Antiquité ; Le haut Moyen Âge ; Le bas Moyen Âge ; La Renaissance ; L’ère baroque ; Le préclassicisme et le classicisme ; Le romantisme ; Le xxe siècle
Vers la fin du xviie siècle, le système de relations harmoniques fondé sur la tonalité domine la musique. Les relations induites par ce système contribuent à adoucir certains contrastes de l’époque baroque. Au début du xviiie siècle, les compositeurs maîtrisent parfaitement les forces complexes de la tonalité. À cette époque, ils abandonnent largement le principe de la multiplication des atmosphères et adoptent de plus en plus une approche plus modérée et unifiée. Une pièce musicale entière ou un mouvement repose souvent sur un seul sentiment, suivant ce qu’on a appelé la « théorie des passions ». Le contrôle de la tonalité et l’unification émotionnelle expliquent, dans une large mesure, le sentiment de sécurité et d’évidence de la musique de cette époque et notamment de deux des plus grands compositeurs du baroque finissant, Jean-Sébastien Bach et Georg Friedrich Haendel.
À partir de 1720 environ, le style musical dominant est une nouvelle fois érodé par de nouveaux développements. Les musiciens de la nouvelle génération trouvent le contrepoint baroque trop rigide et intellectuel, et lui préfèrent une plus grande spontanéité d’expression. De plus, la théorie des passions de la fin du baroque semble contraignante pour ces compositeurs plus jeunes. Voir classicisme (musique).
La réaction contre le style baroque prend des formes différentes en France, en Allemagne et en Italie. En France, le nouveau courant, souvent qualifié de « rococo » ou de « style galant », a pour représentant le compositeur François Couperin. Ce style met l’accent sur l’homophonie, c’est-à-dire une mélodie avec accompagnement d’accords. Cette mélodie est enrichie d’ornements, tels que des trilles courts. Au lieu d’écrire de longues séquences comme dans la fugue baroque, les compositeurs français produisent des œuvres composées de phrases séparées, à l’instar de la musique à danser. Leurs œuvres les plus représentatives sont des pièces courtes à programme, « peignant » des scènes naturelles comme des oiseaux ou des moulins à vent. Le clavecin est alors l’instrument le plus populaire, et de nombreuses suites sont écrites pour lui.
Dans le nord de l’Allemagne, l’esthétique préclassique se traduit par l’empfindsamer Stil (« style sentimental »). Il tente d’exprimer une plus grande variété de sentiments que le style galant, qui se veut simplement élégant ou agréable. Les compositeurs allemands, qui écrivent généralement des œuvres plus longues que les Français, utilisent également des techniques purement musicales pour les unifier, sans faire appel à des images extramusicales comme les Français. Les compositeurs allemands jouent un rôle important dans le développement des formes abstraites, comme la sonate, ainsi que des genres instrumentaux de grande envergure, comme le concerto, la sonate et la symphonie.
En Italie, le style préclassique ne reçoit pas d’appellation spéciale, sans doute parce qu’il ne tranche pas brutalement avec la musique précédente. Les compositeurs italiens contribuent toutefois grandement au développement de nouveaux genres, notamment la symphonie. L’ouverture de l’opéra italien, souvent appelée sinfonia, n’a en général aucun lien ni musical ni dramatique avec l’opéra qu’elle introduit. Les musiciens jouent souvent des ouvertures d’opéra en concert, et des compositeurs en viennent à écrire des pièces instrumentales indépendantes ayant la forme d’une ouverture, à savoir trois mouvements, dont le premier et le dernier sont rapides, et le deuxième plus lent ; au sein de chaque mouvement, la progression des idées musicales suit une structure qui devient par la suite la forme sonate.
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