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musique classique, histoire de la

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Musique : les grandes datesMusique : les grandes dates
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8.3

L’avènement du sentiment

Au xixe siècle, la musique abstraite et non représentative demeure dans les symphonies et la musique de chambre. Franz Schubert, Robert Schumann, Johannes Brahms, Felix Mendelssohn et Anton Bruckner contribuent particulièrement à son développement. Le compositeur russe Piotr Ilitch Tchaïkovski, quant à lui, écrit à la fois des pièces symphoniques, de la musique de chambre et de la musique à programme. Et le compositeur polonais Frédéric Chopin écrit des œuvres sans programme, de forme libre.

Dans tous les genres musicaux, l’accent est mis sur l’originalité de l’expression. Cela donne naissance à des styles de composition très différents, tel celui adopté par le chef d’orchestre et compositeur autrichien Gustav Mahler, dont les symphonies contiennent de nombreuses références personnelles.

L’époque est également celle de véritables cultes de la personnalité chez des interprètes et des chefs d’orchestre virtuoses. Les deux exemples les plus célèbres sont Franz Liszt et le violoniste italien Niccolò Paganini.

8.4

Innovations musicologiques

À la fin du siècle, le romantisme a modifié le langage musical à maints égards. Le goût pour les progressions harmoniques inhabituelles conduit à la désintégration de la tonalité. Les compositeurs, surtout Wagner, font un usage croissant du chromatisme, style harmonique comportant une forte proportion de notes n’appartenant pas à la tonalité dominante. Le recours à des éléments de la musique traditionnelle et folklorique se répand, en particulier en Russie, en Tchécoslovaquie, en Norvège et en Espagne. Il est visible dans les œuvres des compositeurs russes Mikhaïl Glinka, Modest Moussorgski et Nikolaï Rimski-Korsakov, des Tchèques Antonin Dvořák et Bedřich Smetana, ainsi que dans l’œuvre du compositeur norvégien Edvard Grieg. Par la suite, d’autres compositeurs puisent dans les sources folkloriques, notamment le compositeur américain Louis Moreau Gottschalk, le Danois Carl Nielsen, le Finlandais Jean Sibelius ou l’Espagnol Manuel de Falla.

8.5

Du romantisme à l’impressionnisme

L’usage de ces éléments traditionnels introduit de nombreux principes plus anciens d’harmonie et de rythme dans la musique savante. Les recherches systématiques en histoire de la musique commencent au xixe siècle et aboutissent à des résultats similaires. Avec la désintégration de la tonalité, la cohésion d’une composition dépend de plus en plus du flux et du reflux de l’intensité et de la densité sonore, et non plus du mouvement harmonique. L’utilisation de la couleur sonore comme élément structurel de la musique est l’une des caractéristiques de l’impressionnisme musical, style français de la fin du romantisme développé par Claude Debussy et Maurice Ravel. D’autres compositeurs français développent un style humoristique, voire satirique, parmi lesquels Francis Poulenc et Erik Satie.

9

Le xxe siècle

9.1

Autour de la tonalité

Au cours de la première décennie du xxe siècle, l’atonalité, c’est-à-dire l’absence totale de tonalité, qui résulte d’un chromatisme poussé à l’extrême, fait son apparition dans l’œuvre d’Arnold Schoenberg. Au début des années 1920, Schoenberg créé la méthode d’écriture dodécaphonique. Dans ce système, les douze tons de l’octave sont placés dans un ordre quelconque choisi par le compositeur, la série de douze sons. Le compositeur se conforme ensuite à cette série ou à des variantes. Plusieurs tons successifs peuvent former des accords pour éviter la simple répétition de la ligne mélodique entière. Schoenberg met au point le dodécaphonisme dans la perspective de formaliser les essais de musique atonale existants.

Au début, seuls les élèves de Schoenberg comme les compositeurs autrichiens Alban Berg et Anton von Webern adoptent cette technique. Cependant, dans les trente ou quarante années suivantes, la plupart des grands compositeurs du xxe siècle s’y convertissent.

Les autres styles harmoniques du xxe siècle incluent la polytonalité, c’est-à-dire l’utilisation simultanée de plusieurs tonalités, ou la modalité, qui utilise les modes et gammes de la Renaissance et d’époques antérieures. Le compositeur hongrois Béla Bartók fonde ainsi la majeure partie de son style harmonique sur les modes de l’ancienne musique traditionnelle hongroise.

La musique microtonale, autre innovation du xxe siècle, est également fondée sur un principe harmonique : l’octave est divisée en un nombre de notes beaucoup plus élevé que les douze degrés habituels ; certaines notes sonnent alors légèrement plus haut ou plus bas que les notes d’une gamme occidentale « classique ».

9.2

Le néoclassicisme

Le néoclassicisme, apparu au cours des années 1920, est un style complet qui ne se limite pas à l’harmonie. Il constitue un retour à l’idée classique selon laquelle tous les éléments d’une composition doivent contribuer à la clarté de la structure globale de la forme. Le néoclassicisme fait un usage diversifié de la tonalité, en y intégrant notamment une grande part de chromatisme, et s’inspire de schémas formels des ères baroque et classique.

Les représentants les plus éminents du néoclassicisme sont Igor Stravinski et Paul Hindemith, mais incluent également Sergueï Prokofiev et Dmitri Chostakovitch. Les principes du néoclassicisme sont adoptés par de nombreux compositeurs américains à la suite de leurs études à Paris auprès de la compositrice Nadia Boulanger : Elliott Carter, Aaron Copland, Walter Piston et Virgil Thomson.

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