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Internationales ouvrières

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Carte d'adhésion à la Ire Internationale (1864)Carte d'adhésion à la Ire Internationale (1864)
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1

Présentation

Internationales ouvrières, nom donné à plusieurs associations formées pour unir les organisations socialistes et communistes du monde entier.

Ces associations reposent sur l’idée que la croissance des forces productives conduit à la suppression des barrières nationales, la seule force capable de briser le cadre de la nation étant le prolétariat. L’Association internationale des travailleurs (AIT) est la traduction concrète de cette idéologie.

2

Ire Internationale

2.1

Naissance et organisation

Les actions des trade unions britanniques (attachés à la solidarité internationale des travailleurs, car ils redoutaient que des ouvriers du continent ne viennent briser leurs grèves à l’appel du patronat), plus que celles de Karl Marx, qui vivait alors à Londres, permettent en 1864 la constitution, au meeting de St. Martin’s Hall, de la première Association internationale des travailleurs.

L’organisation regroupe des adhérents individuels, des formations politiques, des syndicats et groupements parasyndicaux, des coopératives et même des mouvements nationalistes. Elle réunit des Britanniques, des Allemands, des Français, des Italiens, des Suisses, des Espagnols, soit environ 100 000 personnes en 1870. Dirigée par un Conseil général siégeant à Londres, qui convoque des congrès annuels, elle est représentée dans chaque pays par un bureau national. L’information circule entre les différentes sections. L’AIT a pour mission de rédiger des déclarations sur des problèmes politiques précis et de soutenir financièrement les grèves.

2.2

Dissensions et limites de la Ire Internationale

Au congrès de Bruxelles, en 1868, une majorité marxiste se dégage (collectivisation des chemins de fer, des mines et carrières, nationalisation du sol). Dès le début, cependant, les disciples de Pierre Joseph Proudhon et les anarchistes partisans de Mikhaïl Bakounine s’opposent au modèle de Marx d’un État centralisé dominé par les travailleurs. Bakounine provoque une crise dans l’organisation en dénonçant les manières despotiques de Marx et en proposant la création d’une « Internationale anti-autoritaire ». Les dissensions portent également sur le conflit franco-allemand. Le congrès de Bruxelles avait pris une position ferme contre la guerre ; l’Internationale, en revanche, soutient l’Allemagne comme pays agressé en juillet 1870. La section jurassienne derrière Bakounine manifeste son choix pour la République française (septembre 1870). En définitive, Marx l’emporte au congrès de La Haye en 1872 : les anarchistes de Bakounine sont alors exclus de l’Internationale. À la suite de la scission entre marxistes et anarchistes, il est décidé de transférer le Conseil général aux États-Unis. En fait, ébranlée par cette scission et dépourvue de base solide dans la classe ouvrière, l’Internationale ne peut entreprendre aucune action décisive. Elle est formellement dissoute en 1876 à Philadelphie. Bien qu’elle ait inquiété les cercles politiques de droite en Europe, elle n’a jamais compté plus de 25 000 membres. Il s’agissait désormais de mettre sur pied une nouvelle organisation fondée sur une conception plus centralisatrice et plus homogène de l’internationalisme.

3

IIe Internationale

3.1

Fondements de la IIe Internationale

En 1889, deux congrès socialistes ont lieu à Paris à l’occasion du centenaire de la Révolution française. L’un d’eux, inspiré par le Manifeste du parti communiste de Marx, constitue la IIe Internationale. Fédération de partis de masse, la nouvelle organisation ne se dote d’un bureau de coordination, le Bureau socialiste international (Bruxelles), qu’en 1900. Elle est conçue à l’origine comme un simple cadre pour des rencontres périodiques et non comme un organisme puissant et structuré à vocation révolutionnaire. Elle se réunit neuf fois à intervalles irréguliers avant la Première Guerre mondiale. La lutte des classes comme principe fondamental est adopté au congrès de Bruxelles de 1891. L’Internationale décide que le 1er mai sera chaque année un jour de manifestations internationales en vue de faire aboutir des revendications communes, dont, tout d’abord, la journée de huit heures (congrès de Zurich, 1893).

Les anarchistes sont exclus au congrès de Londres de 1896, laissant les marxistes, surtout allemands, maîtres incontestés du mouvement. Il s’agit d’une confédération de partis socialistes organisés pour conquérir le pouvoir politique dans les parlements nationaux sur une base locale et non plus spécifiquement ouvrière. L’expansion de la IIe Internationale se produit essentiellement en Europe. La propagande des partis socialistes, dont les cadres sont pourtant souvent des intellectuels, s’oriente en direction des ouvriers. À la veille de la Première Guerre mondiale, la IIe Internationale compte 3,5 millions d’adhérents. Elle se heurte, malgré son expansion, à d’importants problèmes internes.

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