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Présentation ; La formation et les débuts ; Les années héroïques ; La gloire et l’isolement ; Analyse de l’œuvre ; Postérité
Beethoven, Ludwig van (1770-1827), compositeur allemand. Par sa force créatrice, sa grande liberté et son indépendance (le génie de Beethoven n’est réductible à aucun mouvement, aucune école ni aucun style : pas plus à la tradition classique dans ses dernières heures qu’au préromantisme balbutiant de son époque), Beethoven demeure l’un des grands génies restés inégalés de toute l’histoire de la musique occidentale.
Né à Bonn dans une famille de musiciens, Beethoven grandit dans un environnement stimulant, mais ne connaît pas une enfance heureuse. Les signes précoces de son talent musical sont mis à profit sans état d’âme par son père (lui-même chanteur à la chapelle de la cour du prince-électeur de Cologne à Bonn), qui, cherchant à faire de son fils un enfant prodige, l’« exhibe » de concert en concert. Dès l’âge de onze ans, Beethoven entre comme musicien à cette même cour, où il reçoit l’enseignement de Christian Gottlob Neefe (1748-1798). Tout en poursuivant sa formation, Beethoven s’intègre progressivement à la vie musicale et culturelle de Bonn, ayant son petit cénacle d’élèves et fréquentant les poètes et philosophes du temps. En 1787, il effectue un voyage à Vienne pour y rencontrer Mozart, mais revient rapidement à Bonn pour assister à la mort de sa mère. Bientôt, l’alcoolisme de son père le contraint à assumer lui-même l’entretien des siens (ses deux frères cadets, Johann et Kaspar, sont à sa charge). Beethoven compose ses premières œuvres sous la tutelle de son maître Neefe. De cette période se détache en particulier la Cantate sur la mort de l’empereur Joseph II (1790), où l’on dénote les prémisses du grand style beethovénien à venir. En novembre 1792, après la mort de son père, Beethoven se rend une nouvelle fois à Vienne pour y étudier avec Joseph Haydn, dont il a quelques mois plus tôt fait la connaissance à Bonn. Il s’installe alors définitivement dans la capitale autrichienne. Il y achève sa formation musicale auprès du compositeur Johann Georg Albrechtsberger (1732-1809) et d’Antonio Salieri et, à partir de 1795, acquiert une certaine notoriété, notamment dans les milieux aristocratiques, grâce à ses concerts publics et ses improvisations au piano. Il compose alors beaucoup pour cet instrument : des sonates et — marquant la quintessence de son style — des concertos. Sa Première Symphonie n’est jouée qu’en 1800. La même année, il achève la série des six Quatuors à cordes opus 18. C’est dans ces genres réputés difficiles (où Haydn s’est particulièrement illustré) que Beethoven assure la relève. Les œuvres composées par la suite (dans les premières années du XIXe siècle) reflètent la parfaite assimilation par Beethoven du style classique viennois, qu’il va conduire vers de nouveaux horizons.
Avec la Symphonie n° 3 (dite Héroïque), entamée en 1803, créée en privé en 1804 et en public en 1805, commence alors pour Beethoven une période qualifiée de « décennie héroïque ». S’achevant avec la Symphonie n° 8 (1812), cette période est, en effet, la plus féconde de son œuvre. Elle apportera au compositeur gloire et reconnaissance auprès de ses contemporains et lui procurera une certaine aisance financière. Mais, parallèlement, la surdité croissante du compositeur (les premiers symptomes sont apparus en 1798) va susciter chez lui nombre de crises morales qui ne cesseront d’alterner avec des périodes d’euphorie et de vitalité.
Vers 1814, année du congrès de Vienne et de la troisième et dernière version de Fidelio — opéra qui chante tout à la fois la liberté et l’amour conjugal —, Beethoven atteint le sommet de sa gloire. Devenu totalement sourd vers 1818, Beethoven ne communique plus avec l’extérieur qu’au moyen de ses Carnets de conversation (en très grande partie conservés, ils constituent, avec les esquisses qu’il a laissées pour un grand nombre d’œuvres, une source précieuse de renseignements). Dans les années 1820, Rossini, devenu la nouvelle coqueluche de Vienne, porte ombrage à la gloire de Beethoven. C’est durant ces dernières années que Beethoven, malgré un état de santé de plus en plus critique, crée (en mai 1824) la Neuvième Symphonie, sa dernière grande œuvre achevée. Beethoven meurt à Vienne en mars 1827 et la ville lui fait de grandioses funérailles.
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