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géographieArticle
Plan de l'article
L’informatique est devenue particulièrement utile en géographie. Le système d’information géographique (SIG) enregistre, conserve et analyse les données géographiques. Pour une zone donnée, ces systèmes permettent de créer des images à deux ou trois dimensions qui sont utilisées comme modèles dans les études géographiques. Ils sont conçus pour traiter des quantités importantes de données, et ils permettent aux savants de mener leurs recherches avec une vitesse et une précision accrues. Le système d’information géographique connaît de nombreuses applications dans le domaine public et dans le monde de l’entreprise. Plusieurs dizaines de milliers de ces systèmes sont actuellement opérationnels sur la planète.
Les méthodes quantitatives correspondent aux techniques qui s’appuient sur les mathématiques et les statistiques pour analyser les données. L’utilisation de ces techniques permet aux géographes de traiter une masse importante d’éléments et un grand nombre de variables. Il arrive fréquemment qu’ils rassemblent des données et construisent une théorie qui rende compte de leurs observations. Ils se servent alors des méthodes quantitatives pour tester leurs théories. Celles-ci prennent parfois la forme d’expressions mathématiques que l’on appelle des modèles. Toutefois, on n’attend pas des théories géographiques qu’elles soient exactes sur le plan universel, mais plutôt qu’elles expliquent les tendances que l’on peut observer.
De nombreux voyageurs, topographes, explorateurs et observateurs scientifiques ont participé au développement de la géographie (voir exploration géographique). Toutefois, c’est seulement depuis la fin du xviiie siècle qu’il a été possible de collecter et d’enregistrer des informations géographiques exactes. Il faut attendre le milieu du xixe siècle pour que les concepts de la géographie moderne soient dégagés et illustrés.
Les premiers géographes s’intéressent à l’exploration des régions inconnues et ils décrivent les faits qu’ils observent dans les différentes régions parcourues. Depuis l’Antiquité, chaque culture développe sa géographie pour maîtriser son territoire d’origine et pour mieux connaître ce qui se situe à ses confins. Les Chinois, les Égyptiens et les Phéniciens entreprennent de longs voyages et consignent leurs impressions sur les pays qu’ils traversent. L’une des premières cartes que nous connaissons a été réalisée sur une tablette d’argile à Babylone en 2300 av. J.-C. environ. Vers 1400 av. J.-C., les rives de la Méditerranée sont connues et ont fait l’objet de relevés cartographiques et, au cours du millénaire suivant, les premiers explorateurs se rendent en Angleterre et naviguent le long des côtes occidentales du nord de l’Afrique. Toutefois, ce sont les Grecs qui donnent au monde occidental ses premières connaissances importantes sur la forme, la taille et les caractéristiques générales de notre planète. Hérodote, au ve siècle av. J.-C., dans ses Histoires, décrit avec force détails les contrées qu’il a visitées, et notamment les alentours de la mer Noire, l’Égypte et la Sicile. Au ive siècle av. J.-C., le philosophe et savant grec Aristote est le premier à démontrer que la Terre est ronde. Il s’appuie sur les arguments suivants : toute matière tend à tomber vers un centre commun, la Terre projette une ombre circulaire sur la Lune pendant une éclipse et, lorsque l’on voyage du nord vers le sud, de nombreuses constellations deviennent visibles, tandis que celles que nous connaissons disparaissent. Le géographe grec Ératosthène, au iiie siècle av. J.-C., est le premier à calculer avec précision la circonférence de la Terre. Les Grecs, par leurs voyages, leurs conquêtes et leurs actions de colonisation, accumulent une masse considérable d’informations géographiques et ils stimulent l’écriture d’ouvrages géographiques. Ainsi, le géographe et historien grec Strabon (63 av. J.-C.–21 apr. J.-C.) écrit une encyclopédie en 17 volumes appelée Géographie, qui est une source d’informations de grande valeur pour les chefs militaires et les administrateurs publics sous l’Empire romain. Au iie siècle apr. J.-C., l’astronome grec Ptolémée (100-178) compile l’essentiel du savoir géographique des Grecs et des Romains de son époque. Il propose également de nouvelles méthodes de cartographie, qui comprennent des techniques de projection et la création d’un atlas. Dans son Guide géographique, Ptolémée divise le cercle de l’équateur en 360 ° et construit un réseau imaginaire nord-sud et est-ouest à la surface de la Terre ; il dispose ainsi d’une grille de référence lui permettant de localiser les positions relatives des terres connues, comme les îles et les continents. Même si les mesures de la circonférence de la Terre réalisées par Ératosthène sont plus précises que celles de Ptolémée, ce dernier est l’auteur de descriptions et de cartes très utiles sur le monde connu à l’époque. Ses cartes, en particulier, indiquent clairement qu’il a conscience des problèmes de représentation de la sphéricité de la Terre sur une surface plane.
Après le déclin et la chute de l’Empire romain, les Européens ne se lancent pas dans des explorations ou des voyages importants, et la géographie ne progresse pratiquement pas. Parmi les Européens, seuls les Vikings, en Scandinavie, peuvent être qualifiés d’explorateurs. Ce sont eux qui atteignent pour la première fois le Groenland et l’Amérique du Nord. Les Arabes du Proche-Orient, toutefois, interprètent et vérifient les travaux des géographes grecs et romains plus anciens ; ils explorent également les régions du sud-ouest de l’Asie et de l’Afrique. Dès le viiie siècle, les érudits arabes traduisent les œuvres des géographes grecs. C’est seulement après la traduction de ces textes arabes en latin que les connaissances géographiques des Grecs se répandent en Europe. Parmi les grandes figures de la géographie arabe se détachent al-Idrisi, connu pour ses cartes détaillées, Ibn Battuta et Ibn Khaldun, qui tous deux ont écrit des récits de leurs grands voyages. Les Mongols et les Chinois développent également de grandes connaissances sur la géographie de l’Asie. Au xiiie siècle, les voyages de Jean du Plan Carpin, de Guillaume de Rubrouck et surtout de Marco Polo, les croisades chrétiennes au xiie et au xiiie siècle, les explorations maritimes des Portugais et des Espagnols au xve et au xvie siècle ouvrent de nouveaux horizons aux Européens et stimulent la rédaction d’ouvrages de géographie. Au xve siècle, le prince portugais Henri le Navigateur finance plusieurs explorations de la côte africaine et joue un rôle de premier plan dans le développement des études géographiques. L’arrivée des Espagnols et des Portugais en Amérique, à partir de 1492, et le premier tour du monde effectué par l’expédition de Magellan, en 1522, donnent aux Européens une idée plus exacte des dimensions du globe et de la part relative des océans et des continents. La division du globe en grandes zones climatiques apparaît peu à peu comme une réalité de part et d’autre de l’équateur. Les voyages par mer et les études réalisées pendant cette période prouvent sans conteste que la Terre est une sphère. Parmi les récits de voyages et de découvertes les plus remarquables publiés au xvie siècle, on trouve ceux de Giambattista Ramusio à Venise, ceux de Richard Hakluyt en Angleterre et ceux de Théodore de Bry dans ce qui correspond maintenant à la Belgique. Les représentations cartographiques intègrent les informations issues des découvertes : cartes de Mercator (1512-1594), atlas d’Abraham Ortelius (1570).
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