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Genève

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Lac Léman à GenèveLac Léman à Genève
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5.1

Les origines

Genava ou Genva fut la cité la plus septentrionale du peuple celte des Allobroges. Elle passa sous domination romaine au iie siècle av. J.-C. Devenue siège épiscopal au ive siècle apr. J.-C., elle fut conquise par les Burgondes en 433, puis prise par les Francs en 534, avant d’être rattachée au Saint Empire romain germanique en 1032. Le gouvernement de la ville fut alors confié à un prince-évêque.

La cité ne tarda pas à devenir l’enjeu de disputes, opposant tour à tour les Genevois, désireux d’obtenir leur indépendance et de rejeter la tutelle épiscopale, les ducs de Genève, les évêques et les ducs de Savoie (voir maison de Savoie). Profitant des troubles de la guerre de Cent Ans, qui entraînèrent le déplacement vers l’est des grandes routes commerciales de France, Genève devint, dès le xve siècle, une place bancaire.

Ce n’est qu’avec l’adoption de la Réforme, introduite par Guillaume Farel, et la proclamation de la république de Genève, en 1536, que la ville devint une cité libre.

5.2

La « Rome du protestantisme »

Jean Calvin, invité à Genève par Guillaume Farel, y fit un premier séjour (1536-1538) avant de s’y fixer définitivement en 1541. Il dota la ville d’une Constitution très stricte et instaura un gouvernement théocratique qui, malgré son intolérance (condamnations, bannissements, exécutions, etc.), allait se maintenir pendant deux siècles.

Sous Calvin, Genève devint une cité intellectuelle et spirituelle, brillante et cosmopolite, accueillant un grand nombre de persécutés religieux dont Clément Marot, John Knox ou encore Théodore de Bèze, avec lequel Calvin fonda l’académie de Genève. La ville acquit une grande influence sur l’Europe protestante et devint un important centre d’érudition.

Dans la nuit du 12 décembre 1602, le duc de Savoie, Charles-Emmanuel Ier, fit une ultime tentative pour conquérir la ville. Son attaque surprise des remparts de Genève, connue sous le nom de Nuit de l’Escalade, se solda par un échec. Il dut se résigner à signer le traité de Saint-Julien, par lequel la maison de Savoie renonçait définitivement à Genève.

5.3

Le « siècle des Lumières »

La cité brilla à nouveau par sa vie intellectuelle au cours du xviiie siècle avec notamment Jean-Jacques Rousseau, le financier Jacques Necker et sa fille Germaine, la future Mme de Staël, Horace Benedict de Saussure ou encore Voltaire, qui trouva refuge à Genève de 1755 à 1758.

Lors de la Révolution française, les partis aristocrates et démocrates se disputèrent le contrôle de Genève. L’année 1792 fut marquée par le renversement de l’aristocratie et l’établissement d’un gouvernement révolutionnaire. En 1798, la France du Directoire annexa la ville, qui devint le chef-lieu du département du Léman. Après le renversement de Napoléon et l’effondrement de l’Empire, Genève recouvra son indépendance et rejoignit, en 1815, la Confédération helvétique (voir Suisse).

De 1841 à 1878, la ville fut secouée par des troubles politiques issus de la rivalité entre conservateurs et radicaux. Les éléments démocratiques finirent toutefois par triompher (référendum de 1879).

5.4

La vocation internationale

Centre commercial, bancaire et intellectuel, siège de la Croix-Rouge, fondée par Henri Dunant en 1863, la ville s’orienta alors vers son rôle de capitale de la diplomatie internationale en devenant, en 1920, le siège de la Société des Nations.

Plusieurs conférences importantes eurent lieu à Genève entre les deux guerres mondiales, notamment la conférence sur le désarmement naval de 1927 et la conférence sur le désarmement mondial, en 1932. Le départ de la Société des Nations, en 1939, porta un coup économique sérieux à la ville, mais celle-ci refit lentement surface. En 1947, Genève devint le siège européen des Nations unies, puis, en 1948, de l’Organisation internationale du travail et de l’Organisation mondiale de la santé, rapidement suivies par d’autres organismes internationaux.

La ville est demeurée un important forum pour les confrontations diplomatiques internationales, notamment avec la conférence de Genève, en 1954, qui traita de l’avenir de l’Indochine (voir guerre d’Indochine) et aboutit, sous l’influence de Pierre Mendès France, à un accord de cessez-le-feu au Viêt Nam et à la partition de ce pays en deux zones. Au début de 1962, plusieurs pays menèrent des négociations sur le désarmement à Genève. Les négociations entre les dirigeants serbes, musulmans et croates sur l’avenir de la Bosnie, déchirée par la guerre, débutèrent dans la ville en 1993.

Population (2005) : 178 722 habitants ; agglomération : 427 396 habitants.

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