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Plan de l'article
Présentation ; Débuts littéraires ; Diversité de l'œuvre ; Un intellectuel engagé ; Une œuvre classique et progressiste
France, Anatole (1844-1924), écrivain français, longtemps considéré comme le plus grand auteur français du début du XXe siècle pour la majesté et l’élégance musicale de son style.
François Anatole Thibault, dit Anatole France, est né à Paris. Ce fils de libraire est, après ses études au collège Stanislas, essentiellement autodidacte. Lecteur insatiable dès sa plus tendre enfance, il se montre un littérateur précoce (il écrit ses premiers textes dans son adolescence) ; il s’introduit d'ailleurs très jeune dans les milieux érudits et bibliophiles de Paris, tout en se mêlant aux poètes de l'école parnassienne. Les premiers de ses ouvrages à être publiés sont une étude sur Vigny, en 1868, puis ses Poèmes dorés (1873), dédiés à Leconte de Lisle, et un drame en vers à la manière antique intitulé les Noces corinthiennes (1876).
La reconnaissance du grand public ne vient pourtant que lorsqu'il s’adonne à la prose narrative : après deux nouvelles, Jocaste et le Chat maigre, publiées conjointement en 1879, il lui faut encore attendre la publication de son premier roman, le Crime de Sylvestre Bonnard (1881), pour connaître un vrai succès. D'une ironie cinglante, ce récit, écrit dans un style délicat et subtil, révèle un humanisme sincère qui deviendra plus tard la marque caractéristique de son œuvre. En 1883, Anatole France se lie avec Mme Arman de Caillavet qui lui inspire une réelle ardeur créatrice et qui, grâce à ses relations, assure la promotion de ses ouvrages. Parmi les écrits de cette période se signalent particulièrement les essais critiques rassemblés sous le titre la Vie littéraire (1888-1892), ainsi que les romans Balthasar (1889) et Thaïs (1890). Viennent ensuite le Lys rouge (1894), récit autobiographique qui lui est inspiré directement par Mme Arman de Caillavet, et le Jardin d'Épicure (1894). Anatole France écrit également des contes, notamment deux recueils intitulés l'Étui de nacre (1892) et le Puits de Sainte-Claire (1895).
Anatole France publie ensuite un vaste cycle romanesque intitulé l'Histoire contemporaine (1897-1901), qui regroupe, sous la forme d'une conversation entre différents personnages de province, diverses analyses des faits contemporains et qui contient surtout un compte rendu sévère des effets néfastes de l'affaire Dreyfus sur la vie française. Cette somme, ironique à l'égard des mentalités provinciales, est nettement anticléricale, pacifiste et rationaliste ; elle réunit les ouvrages intitulés l'Orme du mail (1897), le Mannequin d'osier (1897), l'Anneau d'améthyste (1899), et enfin M. Bergeret à Paris (1901). Anatole France lui-même a pris parti, comme Zola (auteur du fameux « J'accuse… » en 1898) et comme Marcel Proust, pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus. Dans ses ouvrages ultérieurs, Anatole France se fait l'avocat des causes humanitaire et sociale, plaidant avec éloquence en faveur des libertés civiques, de l'école publique et des droits du travail, tout en dressant une satire brillante et acerbe des abus politiques, économiques et sociaux de son époque.
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