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Convention nationaleArticle
Plan de l'article
Présentation ; Une Assemblée née de la chute de la monarchie ; Convention girondine (21 septembre 1792-31 mai 1793) ; Convention montagnarde (2 juin 1793-27 juillet 1794) ; Convention thermidorienne (28 juillet 1794-26 octobre 1795) ; Le legs de la Convention
La chute de Robespierre ouvre une période de réactions, menées par les « thermidoriens », contre les sans-culottes et les Jacobins. Tandis que les profiteurs et les agioteurs s’enrichissent, qu’une jeunesse dorée s’affiche dans un luxe éhonté (muscadins, incroyables et merveilleuses), la Convention thermidorienne doit faire face aux insurrections d’un peuple qui a faim (1er avril et 20-22 mai 1795) et à la menace royaliste lors du débarquement d’une armée d’émigrés à Quiberon, le 15 juillet 1795. Dans le midi de la France, une Terreur blanche (réactionnaire) succède à la Grande Terreur « robespierriste ». Dominée par la bourgeoisie conservatrice, la Convention thermidorienne marque la fin de l’élan révolutionnaire. Son œuvre principale est le retour à la liberté économique (abrogation de la loi sur le maximum, le 24 décembre 1794), la confirmation de la séparation de l’Église et de l’État (21 février 1795) et la rédaction d’une nouvelle Constitution, instaurant un suffrage censitaire. Sur le plan militaire, la Convention thermidorienne poursuit l’élan de l’an II et révèle la personnalité de généraux brillants, souvent très jeunes et sortis du rang comme Jean-Baptiste Jourdan, Jean Victor Moreau, Lazare Hoche ou Napoléon Bonaparte ; imprégnés des idéaux révolutionnaires de 1789, ils participent à la création, dans les territoires qu’ils conquièrent, du thème de la « Grande Nation » française, qui apporte la lumière et libère les peuples. La Convention est finalement dissoute le 26 octobre 1795, lors de l’instauration du Directoire.
La Convention nationale est ainsi la première assemblée élue au suffrage universel, la première assemblée républicaine en France. Elle exerce un contrôle constant sur le pouvoir exécutif et montre une exceptionnelle capacité d’innovations en matière sociale, politique, économique et militaire ; le travail des députés envoyés en mission dans les départements ou aux armées permet de donner une cohérence à l’action de défense de la France et de la Révolution. Si la Terreur, le procès de Louis XVI ou la guerre de Vendée restent aujourd’hui encore objet de débats politiques et historiques houleux, il n’en demeure pas moins que la Convention a su sauver, avec la Révolution, les acquis de 1789 et exporter dans toute l’Europe ce que Saint-Just définissait comme une « idée neuve » : le bonheur.
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