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Gorbatchev, Mikhaïl Sergueïevitch

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Mikhaïl Gorbatchev (discours)Mikhaïl Gorbatchev (discours)
Plan de l'article
1

Présentation

Gorbatchev, Mikhaïl Sergueïevitch (né en 1931), homme d'État soviétique qui, grâce à la perestroïka, a ouvert la voie à la démocratisation du régime politique soviétique, avec le souci — mais sans y parvenir — de préserver l’intégrité de l’Union soviétique et son attachement au socialisme.

2

L’ascension d’un parfait apparatchik

Né à Privolnoïe (région de Stavropol, Russie) dans une famille paysanne, Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev suit des études d'avocat à Moscou et adhère au Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS) en 1952. De retour à Stavropol, il épouse une étudiante en philosophie, Raïssa Titorenko, et gravit les échelons du parti. Chef de département en 1955, puis premier secrétaire du Konsomol de la ville et la région (1956), il devient responsable régional des cadres du parti en 1962. Dans ces fonctions, et grâce à une formation d'agronome acquise sur le tard (1967), il parvient à surmonter avec succès la crise agraire, catastrophique, due à la sécheresse de 1968. Dès lors, sa carrière devient nationale.

Élu au Soviet suprême en 1970, siégeant auprès de la Commission pour l'environnement et au Comité central du PCUS en 1971, il entre au Comité central, pour l'agriculture (1978), et devient le protégé de Iouri Andropov, dont l'influence lui assure un siège au Politburo en 1980.

Lorsque, en 1982, Andropov succède à Leonid Brejnev à la tête du PCUS, Gorbatchev est son second. En 1984, à la mort d'Andropov, il s'affirme comme le deuxième personnage politique d'Union soviétique, derrière Konstantin Tchernenko. Lorsque ce dernier meurt, en 1985, Gorbatchev devient secrétaire général du parti (11 mars). Il initie aussitôt d’audacieuses réformes pour lesquelles il bénéficie, à partir de 1988, de ses prérogatives de président du Praesidium du Soviet suprême, succédant à Andreï Gromyko.

Mais Gorbatchev hérite d’un pays en crise. L’URSS reste une grande puissance, affaiblie cependant par son économie de pénurie et par la guerre d’Afghanistan, gênée par la montée des mouvements de contestation dans le bloc soviétique et par le recul de son influence sur le tiers-monde.

3

L’homme de la transition

3.1

Glasnost et perestroïka

Conscient de ces faiblesses, Gorbatchev tente de réformer la société soviétique en lançant un programme connu sous le nom de perestroïka, (« restructuration ») pour les aspects économiques et de glasnost (« transparence ») pour les affaires politiques et culturelles. Ses multiples initiatives rompent avec plus de cinquante années de régime arbitraire et monopolistique.

Dès 1987, il permet le retour à la liberté de la presse, un an après avoir entrepris la réhabilitation des dissidents et des victimes des purges staliniennes.

En 1986-1987, il amorce une réforme économique qui passe par la reconnaissance du rôle du marché et de la propriété privée. Sur le plan politique, il met fin au régime du parti unique (1988), ce qui libéralise le jeu politique. Il fait voter une nouvelle loi électorale (1989) — en mars se déroulent les premières élections libres depuis 1917, pour la désignation du Congrès des députés du peuple. Sur le plan social, il lance un ambitieux programme de lutte contre l'alcoolisme dès sa prise de fonction (mai 1985), sans grand succès toutefois.

L’ensemble de cette politique lui vaut une popularité certaine, mais aussi de vives critiques et résistances. Néanmoins, après la réforme constitutionnelle de mars 1990, il devient président de l’URSS et transfère le pouvoir du PCUS aux assemblées législatives élues dans les républiques de l’URSS.

3.2

Le chef d’orchestre de la détente

La popularité de Gorbatchev est toutefois plus internationale que nationale. Il est l’homme qui enterre la guerre froide. À cet effet, il favorise le retrait des troupes soviétiques d'Afghanistan (1989) ; normalise les relations avec la Chine en mai 1989 ; signe un ensemble d'accords sur le contrôle des armes avec Ronald Reagan et George Bush (1985-1991) ; agit en faveur du règlement de conflits dans lesquels l’URSS a partie liée (Angola, Cambodge, Éthiopie, Nicaragua) ; enfin, en 1991, il participe aux côtés des États-Unis et de l’Europe à la guerre du Golfe, contre un allié de longue date : l’Irak.

Parallèlement, sa gestion politique fait des émules parmi les démocraties populaires. L’action de « Gorby » et son soutien aux mouvements d’opposition jouent un rôle clef dans les révolutions démocratiques de 1989, qui libèrent le « bloc de l’Est » de la domination soviétique. Dans la même logique, il facilite la dissolution des emblèmes de l’impérialisme soviétique : pacte de Varsovie (25 février 1991) et Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM) (28 juin 1991).

Dès octobre 1990, Gorbatchev est récompensé par un prix Nobel de la paix décerné pour l’ensemble de son action internationale.

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