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Gorbatchev, Mikhaïl SergueïevitchArticle
Plan de l'article
En 1990 cependant, l'économie soviétique s’affaiblit toujours, et aucun résultat probant ne ressort de la perestroïka. Gorbatchev doit faire face à de fortes pressions politiques. Les communistes intransigeants vivent mal l’idée d’avoir perdu le monopole sur l’Union soviétique. Les champions de l'économie de marché réclament des réformes plus radicales. Les nationalistes exigent l'indépendance de leurs républiques. En novembre 1990, Gorbatchev, dont la cote de popularité s’effondre (il est hué lors du défilé de la Place rouge, le 1er mai), tente de renforcer son pouvoir exécutif et de lancer de nouvelles réformes. Mais il se heurte à la gravité des crises que traverse l’URSS, ce qui lui coûte sa présidence. Boris Eltsine est, en effet, élu au suffrage universel le 12 juin 1991 à la présidence de la Russie. Puis, le 19 août 1991 au soir, un communiqué de l’agence TASS annonce qu’« incapable d’assumer ses fonctions pour des raisons de santé », Gorbatchev est remplacé par G. Ianaev. En fait, Gorbatchev vient d’être victime d’un putsch fomenté par des communistes irréductibles et des officiers de haut rang. Il est alors placé en résidence surveillée. Menés par Eltsine, les réformateurs réussissent à maîtriser le coup d’État et commencent à démanteler l’appareil du parti. Gorbatchev revient aux affaires et démissionne du secrétariat général du PCUS. En tant que président du gouvernement de transition du 5 septembre, il suspend les activités du PCUS, désigne des responsables pour réformer l'armée et le KGB, accepte le retrait d’URSS de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie, où la protestation nationaliste est devenue impossible à gérer. Impuissant devant la montée de la contestation sociale et politique, trop attaché au sauvetage de l'URSS et à la réforme interne du socialisme, Gorbatchev ne survit pas à l'éclatement de l’Union et à la naissance de la Communauté des États indépendants (CEI) prononcés le 26 décembre 1991, au lendemain de sa démission de la présidence de l’URSS.
Redevenu simple citoyen, Gorbatchev reste très actif, entrant fréquemment en conflit avec Eltsine. Il critique la politique de gouvernement de celui-ci et dénonce l’ampleur de la libéralisation économique et politique des ex-républiques. Il plaide pour une réforme économique moins brutale et pour la formation d'une nouvelle union confédérée qui remplacerait la CEI. En septembre 1992, il est convoqué devant la cour constitutionnelle de Russie, qui veut l’exclure du PCUS, à la demande d’Eltsine, mais il refuse de comparaître. Le gouvernement lui interdit alors de se rendre à l'étranger jusqu’à sa comparution. Toutefois, cette interdiction est levée à la suite de protestations venues du monde entier. En juin 1992, Gorbatchev est officiellement expulsé du PCUS pour avoir prétendument contribué à la chute de ce dernier. Cette même année, il voyage aux États-Unis et au Japon et rédige un livre sur l'effondrement de l'URSS, dont les royalties financent la Fondation pour la recherche politique, économique et sociale de Moscou (« Fondation Gorbatchev »), qu’il a créée en 1991. Se faisant l'apôtre d'une réforme maîtrisée par l’interventionnisme étatique, il brigue la présidence lors des élections de juin 1996. Cette candidature se solde par un retentissant échec. Pour avoir voulu réformer l’Union soviétique et son idéologie marxiste-léniniste, Gorbatchev a précipité son déclin sans jamais pouvoir l’enrayer. Terriblement impopulaire en Russie aujourd’hui, il restera dans l'histoire comme le « fossoyeur » et l’un des derniers représentants du communisme soviétique.
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