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Plan de l'article
Présentation ; Origines du conflit ; Entre paix et guerre ; Agitation politique et sociale au Viêt Nam-du-Sud ; Intensification de la participation américaine ; Offensive du Têt ; Vietnamisation de la guerre (1969-1971) ; Polémique aux États-Unis ; Les négociations dans l’impasse ; Offensive de Quang Tri ; Les négociations Kissinger-Lê Ðúc Tho ; Paix provisoire ; Conséquences du cessez-le-feu
Viêt Nam, guerre du, conflit armé au Viêt Nam ayant opposé, entre 1959 et 1975, le Viêt Nam-du-Sud (et son allié les États-Unis) au Viêt Nam-du-Nord. La guerre du Viêt Nam débuta en février 1959, lorsque les anciens membres de la guérilla viêt-minh, demeurés au Sud, décidèrent de reprendre les armes et de renverser le gouvernement dictatorial du Viêt Nam-du-Sud. Le conflit se transforma ensuite en une guerre ouverte entre le Viêt Nam-du-Sud et le Viêt Nam-du-Nord, puis en un conflit international limité. Les États-Unis et quelque quarante autres pays soutinrent le Viêt Nam-du-Sud en lui fournissant des troupes et des munitions, tandis que l’URSS et la république populaire de Chine apportaient leur appui au Viêt Nam-du-Nord et au Viêt-công. La guerre affecta aussi le Laos, où le Pathet Lao communiste combattit le gouvernement de 1965 à 1973 et parvint à abolir la monarchie en 1975 ; ainsi que le Cambodge, où le gouvernement du général Lon Nol s’écroula en 1975 face aux Khmers rouges. Le présent article traite principalement des aspects militaires de la guerre ; pour plus de renseignements sur les aspects politiques et historiques du conflit, voir Viêt Nam.
La guerre trouve son origine lointaine dans le conflit (1946-1954) qui opposa la France au Viêt-minh, ou Ligue pour l’indépendance du Viêt Nam, fondé et dirigé par le leader révolutionnaire Hố Chí Minh. Occupé par les troupes japonaises durant la Seconde Guerre mondiale, en août 1945 ; profitant du vide créé par la reddition du Japon, les guérilleros du Viêt-minh s’emparèrent de la capitale, Hanoi et obligèrent l’empereur Bao Dai à abdiquer. La reconquête par la France de son ancienne colonie, en 1945-1946, puis l’impossibilité pour le Viêt-minh et pour le gouvernement français de s’accorder sur l’indépendance du Viêt Nam conduisirent, en décembre 1946, au premier conflit indochinois, connu sous le nom de guerre d’Indochine. La bataille décisive eut lieu au printemps 1954 lorsque le Viêt-minh attaqua le camp retranché français de Diên Biên Phu, dans le nord du Viêt Nam. Le 8 mai 1954, après un siège de cinquante-cinq jours, les Français capitulèrent. Le même jour, à Genève, les délégués du Viêt Nam-du-Nord et du Viêt Nam-du-Sud rencontrèrent les délégations de la France, du Royaume-Uni, de l’Union soviétique, des États-Unis, de la Chine populaire et des deux États voisins, le Laos et le Cambodge, afin de discuter du futur de toute l’Indochine. Aux termes des accords signés à Genève au mois de juillet 1954, la France et le Viêt Nam-du-Nord mirent fin à la guerre. L’indépendance du Laos, du Cambodge et du Viêt Nam était reconnue, ce dernier étant partagé en deux zones de part et d’autre du 17e parallèle. La réunification du pays pourrait intervenir après des élections générales, qui devaient être organisées dans un délai de deux ans, et la constitution d’un gouvernement. Ni les États-Unis ni le gouvernement de Saïgon ne signèrent les accords de Genève, mais les États-Unis annoncèrent qu’ils ne feraient rien pour nuire aux accords. Avant même que la France eût quitté le Viêt Nam, en 1955, les États-Unis commencèrent à soutenir militairement le gouvernement de Saïgon. Le 24 octobre 1954, le président Dwight D. Eisenhower offrit une aide économique directe au Viêt Nam-du-Sud, et au mois de février suivant, des conseillers militaires américains furent chargés d’entraîner les forces armées sud-vietnamiennes. L’aide américaine au gouvernement de Saïgon se poursuivit après la déposition de Bao Dai, obtenue par référendum le 23 octobre 1955, à la suite duquel le Viêt Nam-du-Sud devint une république, présidée par Ngô Đinh Diêm. L’une des premières décisions politiques de Diêm fut d’annoncer que son gouvernement refusait d’organiser des élections de réunification parce qu’il pensait que la population nord-vietnamienne ne serait pas libre d’exprimer sa volonté et parce qu’il craignait des fraudes électorales, ce qui, compte tenu de la valeur douteuse du référendum ayant écarté Bao Dai du pouvoir et de l’élection présidentielle qui suivit, augurait mal de l’avenir.
La position de Diêm lui valut le soutien des États-Unis. Mais, l’autoritarisme et le népotisme de Diêm, de plus en plus dépendant des États-Unis, allaient mener à la reprise du conflit. De son côté, le gouvernement d’Hanoi restait déterminé à réunifier le pays et suivait avec attention l’évolution interne du régime sudiste. L’accord de paix conclu à Genève commença à s’effriter à partir de 1957. Le président Diêm avait structuré son régime de pouvoir personnel autour d’un parti, le Can-lao Nhan Vi, une armée et une police secrète très puissantes. Il décida de détruire l’infrastructure clandestine viêt-minh restée en place au Sud. En janvier 1957, la Commission internationale de contrôle, créée pour faire respecter les accords de Genève, signalait régulièrement des violations de l’armistice de la part du Viêt Nam-du-Nord comme du Viêt Nam-du-sud. La répression qui frappait les anciens combattants communistes les acculait à un choix terrible, ou disparaître, éventuellement gagner le Nord, ou combattre. Hanoi temporisa tout en laissant s’infiltrer au Sud les militants originaires d’Annam et de Cochinchine. Au mois de février 1959, les Viêt-công formèrent les premiers maquis dans le delta du Mékong. Ngo Đinh Diêm promulgua alors des lois d’exception, et le Parti communiste vietnamien décida en mai 1959 de soutenir l’insurrection du Sud en lui fournissant armes et munitions et éventuellement des renforts en troupes. La construction de ce qui allait devenir la piste Hố Chí Minh fut entreprise dés cette époque. Les attaques s’intensifièrent en 1960, l’échec d’un coup d’État antidiémiste à Saïgon décida la résistance à s’organiser en un Front de libération du Viêt Nam-du-Sud, dont l’armature politique et militaire allait être essentiellement formée par les militants communistes vietnamiens.
Face à la détérioration de la situation, les États-Unis réaffirmèrent leur soutien à Saïgon. En avril 1961, un traité d’amitié et de coopération économique fut signé avec le Viêt Nam-du-Sud, et, en décembre, le président John F. Kennedy s’engagea à aider le Viêt Nam-du-Sud. L’aide économique et militaire américaine au gouvernement Diêm s’intensifia. En décembre 1961, les premières troupes américaines, 400 militaires en tenue, arrivèrent à Saïgon afin de faire fonctionner deux compagnies d’hélicoptères ; néanmoins, les États-Unis déclarèrent que ces troupes ne devaient pas être considérées comme des unités de combat. Un an plus tard, le nombre de militaires américains présents au Viêt Nam s’élevait à 11 200, un commandement militaire américain était créé à Saïgon en janvier 1962. Américains et Sud-Vietnamiens entreprirent de couper le FNL de ses bases en regroupant les paysans dans des « hameaux stratégiques ». À la fin de 1963, environ 7 000 villages avaient été créés, qui regroupaient près de 8 millions d’habitants. Pourtant ces mesures n’avaient pas empêché le FNL de prendre le contrôle effectif de 50 p. 100 du territoire vietnamien. De son côté, le gouvernement Diêm se montra incapable de souder autour d’un projet commun les oppositions au communisme. Diêm rejeta dans l’opposition les démocrates, les libéraux, les bouddhistes sud-vietnamiens, profondément froissés par sa politique procatholique, qui ne tardèrent pas à basculer dans l’opposition ouverte au régime Diêm. Les suicides par le feu des bonzes montrèrent au monde entier la gravité de la crise qui secouait le Viêt Nam-du-Sud. Le 1er novembre 1963, le président Diêm fut renversé par un coup d’État militaire et exécuté, dans des circonstances qui ne furent pas clairement élucidées à l’époque. Néanmoins, à l’été 1971, la publication par la presse américaine d’un rapport confidentiel du Pentagone révéla que le gouvernement américain s’attendait à un coup d’État et qu’il était prêt à soutenir un nouveau gouvernement. Au cours des dix-huit mois suivants, le Viêt Nam-du-Sud eut dix gouvernements différents, mais aucun ne sut régler efficacement la situation militaire du pays. Un conseil militaire dirigé par le général Nguyên Vãn Thiêu et le général Nguyên Cao Ký fut finalement créé en 1965. Entre temps, le Viêt-công avait mis à profit la crise politique et militaire pour porter des coups terribles aux hameaux stratégiques.
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