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Plan de l'article
Présentation ; L’Afrique, berceau du vaudou ; Les développements du vaudou ; Pratiques cultuelles vaudoues
vaudou, religion originaire du continent africain, dont le culte s’est diffusé par le biais de la traite des Noirs à Haïti, à Cuba, aux Caraïbes, au Brésil et dans le sud des États-Unis, en particulier en Louisiane.
Originaire d’Afrique noire, le vaudou prend initialement sa source sur le territoire du Dahomey, le Bénin actuel, où il est religion d’État depuis 1996 — le mot vaudou lui-même vient de vodun, « esprit » dans la langue fon du Bénin. D’autres pays bordant le golfe de Guinée, tels que le Togo et le Nigeria, ont également abrité les premiers développements de cette religion reposant uniquement sur la tradition orale. Les croyances vaudoues s’articulent autour du culte rendu à des divinités ou esprits incarnant des forces supranaturelles. Ceux-ci président aux destinées des hommes et servent d’intermédiaires entre le dieu suprême et l’humanité. Pouvant parfois être des ancêtres ayant accédé au rang de divinité, ils sont désignés sous le terme de vodu, vodoun ou vaudou suivant les dialectes. Emblématiques de la culture africaine, les croyances vaudoues ont été introduites outre-Atlantique à partir du XVIe siècle par les esclaves noirs et se sont plus particulièrement développées aux Caraïbes, à Haïti et au Brésil, où elles perdurent encore de nos jours. Le vaudou est très rapidement devenu un lieu de rassemblement identitaire symbolisant la résistance face à l’oppression esclavagiste ou colonialiste. Longtemps pratiqué dans la clandestinité, il incarne l’opposition à la volonté d’assimilation forcée et à l’obligation de se conformer aux langues, coutumes et croyances religieuses des Blancs, et représente la résistance au désir de ces derniers de faire disparaître chez les populations soumises toute trace d’identité culturelle par brassage des ethnies.
Bien que s’appuyant sur la croyance originale en l’existence d’un dieu suprême et de nombreux esprits, le vaudou a subi de nombreuses mutations en traversant l’Atlantique. Les esprits notamment, que l’on nomme loa, ont acquis de nouvelles caractéristiques. Se comptant par milliers, ils se distinguent par leurs attributions différentes, mais également par leur caractère bienveillant ou maléfique. Un dessin sacré particulier, le vévé, est associé dans le culte vaudou à chaque loa. Parmi la multitude d’esprits vénérés dans le vaudou figurent notamment Papa Legba, qui, à la tête des loa, incarne celui qui indique la voie à suivre ; Dan Aïdo Oueddo, le serpent arc-en-ciel ; Zaka, loa des travaux de la terre ; Ogou Feray, loa des forgerons et des combats guerriers ; Erzulie Freda, loa de l’amour ; et les puissants loa jumeaux ou loa Marassa. Les Gédés sont les loa des morts, menés par le Baron Samdi. Le vaudou s’est également enrichi au fil du temps d’un certain nombre d’emprunts à la religion catholique. Les différents loa sont ainsi couramment assimilés à des saints chrétiens, et certains sacrements, tel le baptême, ont été repris dans le culte vaudou. L'utilisation de chandelles ou cierges, de cloches et de croix est également directement empruntée au catholicisme romain, tandis que les danses, les tambours et le culte des ancêtres proviennent de la tradition animiste africaine. Très répandu à Haïti, le culte vaudou y a développé des croyances particulières. Les sorciers y sont détenteurs de grands pouvoirs ; on leur attribue notamment la capacité de transformer les gens en zombies, « pantins » humains privés de toute volonté propre.
Le temple vaudou porte le nom d’Oufo ou Hounfor. Un poteau, dit poteau mitan, est planté en son centre et symbolise le lien existant entre les hommes et les puissances invisibles. Les rites du vaudou sont célébrés par un prêtre appelé hougan ou une prêtresse nommée mambo. Ils sont parfois associés à un magicien, le boko. Au cours des cérémonies rituelles sont effectués des incantations, des offrandes et des sacrifices, notamment de volailles. Les participants invoquent les loa en jouant du tambour, en dansant et en chantant. Les vaudouisants cherchent ainsi à provoquer la manifestation des esprits. Ceux-ci prennent ensuite possession des danseurs, qui atteignent la transe. On dit alors qu’ils sont « chevauchés par les esprits ». Plongés dans cet état second, les participants adoptent les attitudes caractéristiques des esprits qui les possèdent. Une fois invoqués au cours des rites, les loa ont la capacité de guérir les malades. Ils transmettent également conseils et recommandations de toute sorte aux adeptes et leur donnent des informations sur leur avenir. Le vaudou est aussi le théâtre de nombreuses pratiques mystérieuses et magiques réservées aux seuls initiés. Parmi les grandes figures du vaudou, il convient d’évoquer Marie Laveau (1794-1881), célèbre prêtresse vaudoue de la Nouvelle-Orléans.
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