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Royaume-Uni

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Royaume-Uni : drapeau et hymneRoyaume-Uni : drapeau et hymne
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5.6.3. 1
La décennie Margaret Thatcher (1979-1990)

Les élections d’avril 1979 portent au pouvoir Margaret Thatcher, première femme à accéder au poste de Premier ministre dans l’histoire britannique et européenne. Elle conserve ses fonctions durant onze ans.

Les premières années de gouvernement de Margaret Thatcher sont difficiles. Influencée par les monétaristes ultra-libéraux de l’école de Chicago, elle rompt avec les traditions de l’État-providence (Welfare State). Elle cherche à résorber l’inflation par une politique de taux d’intérêt élevés et de restrictions des dépenses publiques. Elle accepte que la restructuration de l’appareil industriel se fasse au prix d’un chômage énorme, limite au minimum les aides sociales et s’attaque à la toute-puissance des syndicats. En 1981 et 1982, cette politique rencontre quelques succès, mais aux dépens du monde du travail : les taux de chômage atteignent leurs niveaux les plus élevés depuis les années 1930. Le gouvernement, ébranlé par la montée du chômage, sait exploiter le conflit des Malouines. La « Dame de fer » envoie un corps expéditionnaire qui reprend les îles en juin, assurant une confortable victoire aux conservateurs (42 %) aux élections de juin 1983. En juin 1987, un phénomène similaire a lieu : ces victoires ne sont pas seulement la conséquence de la guerre des Malouines, mais également celle de la division de l’opposition. En 1980, un groupe de travaillistes, dirigé par Roy Jenkins et David Owen, démissionne du parti, et forme le Parti social-démocrate en 1981. Le nouveau parti, rejoint par les libéraux, recueille 25 et 23 % des suffrages en 1983 et 1987, les travaillistes n’en recueillant que 28 et 31 %.

Servie par la « rente » du pétrole de la mer du Nord, Margaret Thatcher poursuit son programme : les privatisations d’entreprises assurent des rentrées monétaires substantielles à l’État, qui abaisse l’impôt sur le revenu, désormais limité à deux taux : 25 % et 40 %. Le Royaume-Uni devient attractif pour les investisseurs, les lois antisyndicales de 1984 affaiblissent les Trade Unions désormais sur la défensive, la clause d’embauche des syndicats ayant été supprimée. Cette politique agressive a plusieurs inconvénients : d’une part, la persistance d’un chômage structurel massif (de 7 à 14 % de la population active suivant les années) ; d’autre part, la concentration de la richesse dans le sud de l’Angleterre au détriment du nord (sans compter l’aggravation des inégalités sociales).

C’est une réforme fiscale qui fait chuter le gouvernement Thatcher : la tentative d’instaurer un impôt local, la poll tax, touchant toutes les personnes indépendamment de leurs revenus réels et donc par essence inégalitaire, déclenche la crise. En butte aux attaques d’une majorité au sein de son propre parti, inquiète de l’aggravation de l’inflation et de l’impopularité de la poll tax, Margaret Thatcher doit démissionner en novembre 1990.

5.6.3. 2
Le gouvernement John Major (1990-1997)

Le nouveau Premier ministre, John Major, poursuit une politique similaire. Les troupes britanniques participent à la guerre du Golfe en 1991. Mais l’année suivante, la reprise de la crise amène John Major à faire sortir la livre du Système monétaire européen (SME), une politique exactement inverse de celle de Margaret Thatcher ; malgré la récession économique, le Parti conservateur remporte à une courte majorité les élections générales d’avril 1992. Le leader du Parti travailliste, Neil Kinnock, démissionne après les élections, remplacé par John Smith. À la suite des élections, le gouvernement Major fait face à une crise financière croissante, aggravée par l’affaiblissement de la livre sur le marché des changes, par un taux élevé de l’inflation et du chômage, et par une récession s’étendant à tout le pays. John Major devient le plus impopulaire de tous les Premiers ministres britanniques. En 1993, après les révélations sur les contacts établis à la demande du gouvernement Major avec le Sinn Féin, l’aile politique de l’IRA, le gouvernement évite de peu un scandale. John Major et le Premier ministre irlandais Albert Reynolds publient un communiqué demandant à l’IRA de cesser ses activités terroristes pendant trois mois, durée après laquelle le Sinn Féin pourra se joindre aux discussions sur l’avenir de l’Irlande du Nord.

En mars 1994, l’IRA reconnaît sa responsabilité dans deux attaques au mortier sur l’aéroport d’Heathrow, à Londres. Certains observateurs concluent que l’IRA a tenté d’obtenir une meilleure position dans ses négociations avec le gouvernement britannique. Le 31 août 1994, l’IRA annonce un cessez-le-feu sans conditions, promettant de suspendre ses opérations militaires pendant les négociations de paix. En octobre, les groupes paramilitaires loyalistes (protestants) annoncent à leur tour une trêve. Le cessez-le-feu de l’IRA et des loyalistes dure jusqu’au milieu de l’année 1995. En réponse à l’arrêt des campagnes d’attentats, les patrouilles militaires britanniques en Irlande du Nord sont réduites ; en mars 1995, les patrouilles de jour régulières sont définitivement arrêtées dans toute la province. Toutefois, la transformation des négociations en une table ronde sur l’avenir de l’Irlande du Nord, réunissant tous les belligérants, est entravée par les unionistes d’Irlande du Nord, hostiles à tout changement, et par le refus de l’IRA de remettre ses armes lourdes. Des discussions directes entre le gouvernement britannique et le Sinn Féin ont été entamées en décembre 1994, mais la reprise des attentats par l’IRA en 1996 enraye le processus de paix.

En mai 1994, le successeur de John Smith à la tête du Parti travailliste, Tony Blair, achève la transformation du parti en une organisation de centre gauche. En avril 1995, les travaillistes abandonnent leur programme de nationalisations et prennent leurs distances à l’égard des syndicats.

5.6. 4

Le premier mandat du travailliste Tony Blair (1997-2001)

Cette réforme du Parti travailliste, qui a adopté le nom de New Labour, permet à Tony Blair de remporter une large victoire lors des élections de mai 1997, mettant ainsi fin à dix-huit années de conservatisme. Avec 44,5 % des suffrages, les travaillistes acquièrent la majorité absolue au sein de la Chambre des communes, soit 419 sièges ; les conservateurs remportent 165 sièges, les libéraux-démocrates 46, et les autres partis 29. Se démarquant de ses prédécesseurs, Tony Blair adopte une ligne plus favorable à la construction européenne : il annonce le transfert du contrôle des taux d’intérêt à un comité de politique monétaire indépendant (à l’instar des mesures prises dans les autres pays européens en vue de l’Union économique et monétaire) et ratifie le protocole social annexé au traité de Maastricht. Parallèlement, le Royaume-Uni se désengage des derniers vestiges de son empire, rétrocédant notamment Hong Kong à la Chine, le 1er juillet 1997.

5.6.4. 1
La réforme de l’État et de la monarchie

Très populaire, symbolisant la « jeune et nouvelle Angleterre », Tony Blair s’engage dans la réforme du Welfare State, autrement dit l’État-providence. S’inspirant de la politique menée par Bill Clinton aux États-Unis, il lance un plan important visant à privilégier l’emploi par rapport à l’aide sociale, en organisant une refonte des pensions et du mode de gestion des aides et en remettant en cause l’allocation chômage sans contrepartie. Il s’agit de mettre en place le welfare to work (« retour au travail ») des chômeurs. Dans le même temps, Blair engage également une réforme de l’éducation, avec pour objectifs principaux d’améliorer la qualité du système scolaire et de lutter contre le chômage des jeunes. Une réforme de la sécurité sociale et de la justice ainsi que la modernisation du système fiscal sont également à l’étude.

Au lendemain de la mort de la princesse Diana (31 août 1997), Tony Blair prend, par ailleurs, une part active aux côtés du prince Charles dans la tentative de modernisation de la monarchie britannique. Revenant sur la politique centralisatrice des conservateurs, Blair annonce l’élection d’un maire pour Londres, et organise deux référendums victorieux sur l’autonomie de l’Écosse et du pays de Galles.

5.6.4. 2
La question de l’Irlande du Nord

S’engageant personnellement sur le dossier de l’Ulster, Tony Blair réussit à obtenir, avec son homologue irlandais Bertie Ahern, un accord de paix historique le 10 avril 1998, également signé par les républicains et les unionistes. Un an après cependant, l’accord de Stormont semble dans l’impasse : les groupuscules terroristes, opposés au processus de paix, ont multiplié les attentats, et les divergences entre le Premier ministre d’Irlande du Nord, David Trimble (protestant modéré élu en juillet 1998), et le Sinn Féin ont bloqué les négociations. Celles-ci reprennent à la mi-avril 1999, mais continuent de buter sur la question du désarmement des milices, préalable jugé nécessaire par David Trimble avant la formation d’un exécutif.

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